‹ Rameau (volume 2)Chapitre 2 sur 114 · Mercure musical, i5juiu · texte numérisé non relu

Mercure musical, i5juiu

le devoir de la postérité, forcé les portes de sa maison et violé sa sépulture.

Il était né le aj septembre i683, à Dijon, au n° 5 du Cours Saint-Vincent, dans la rue Saint- Michel ' ; son père, Jean Rameau, était organiste, probablement à l'église de Saint-Etienne, oii le baptême fut célébré le même jour ; sa mère était née Claudine de Martinécourt, et so vantail d'avoir eu des ancêtres aux croisades, ce qui n'est pas bien sûr. Le parrain était « noble Jean- Baptiste Lantin, écuyer, sieur de Montagny, conseiller du Roy au Parlement de Bourgogne », la marraine « demoiselle Anne-Philippe Valon, lillc de M. Richard Valon. chevalier, seigneur de Mimeure et de Vouges, cy-devant conseiller au Parlement ». C'est donc la noblesse de robe qui tint sur les fonts baptismaux le fils de l'organiste ; honneur d'autant plus notable que la situation de la famille était modeste : par deux Ibis une exemption d'impôts dut être sollicitée"-. Mais la musique était fort en honneur à Dijon, particulièroment dans la magistrature. \'crs le Icnips de

1. llonri Quiltard. d'apri-s C.ii. Poisor, /i'.s.s/// sur Irs niKsiciens hour^ui}{nons.

i. Voir MniiKi. llRF.NrT, ;trlich's i-id's.

la naissance de Jean-Philippe, un conseiller au Parlement, M. de Malteste, donnait une fois la semaine un concert « composé de tout ce qu'il y a dans la ville d'officiers, de dames de qualité, de gens habiles et connaisseurs qui s'y assemblent, soit pour écouter, soit pour y tenir quelque partie » \ Jean-Baptiste Lantin lui-même avait disserté sur la musique des Anciens et mis en chansons une trentaine d'odes d'Horace, VAtys de Catulle et plusieurs poésies modernes en langue latine -. Jean Piameau pouvait fort bien lui avoir donné ses conseils, ou ses leçons. Il pouvait aussi avoir été aux réunions si brillantes de M. de Malteste, en qualité d' « homme habile » à « tenir une partie » de basse continue, tant à l'orgue qu'au clavecin. Il avait commencé lui-même par être un amateur, s'il est vrai, comme le rapporte ^laret, qu'il « avait près de trente ans lorsque M. Drey, chanoine musical et organiste de la Sainte-Chapelle, s'étant aperçu de son assiduité à la tribune et de son application à l'écouter, lui donna les premiers principes de musique et lui fit mettre la main sur le clavier ». Il ne perdit rien de l'estime publique, du jour où l'orgue devint son gagne-pain. La profession

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