I. Juiinuil, 11. p. ■i
•î. Diderot, Le neveu de Rameau. J'adopte la correction de l'édition Assézat : un clou à soufflet, c cst-à-dire un très petit clou, et non un clou à un soufflet.
LA VIE 8i
surtout trop homme de lettres, pour se soumettre aux exigences du compositeur.
Grimm, de son côté, est, au moment où il écrit, un ennemi de Rameau ; et ce médiseur à gages cherche moins à dire vrai qu'à divertir ses nobles lecteurs des pays étrangers. Enfin Jean- François Rameau, lorsqu'il vint à Paris, reçut d'abord un assez bon accueil de son oncle, qui tâcha de lui procurer une « bonne éducation », mais un autre genre de bienfaits eût sans doute été mieux de son goût ; et plus tard, sa vie devint si bruyante et scandaleuse que Rameau, ami de l'ordre, songea sérieusement à le faire « passer aux colonies », ce dont l'autre dut lui être médiocrement reconnaissant \ D'ailleurs, il ne faut pas attacher trop d'importance aux dires de ce drôle : Diderot lui-même n'en fait rien de plus qu'un bouffon.
Cette avarice, dont Grimm fait « sa passion dominante », et que Collé juge « sordide », n'est pas de pure invention. Parti de rien, Rameau « est mort riche » en effet. Sa succession se monte à 200.000 livres environ '. La lettre qu'il écrit au Journal des Savants en 1749 nous le montre à même de dire jour par jour ce qu'ont produit