‹ Rameau (volume 2)Chapitre 34 sur 114 · Maket, p · texte numérisé non relu

Maket, p

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découvrent un avenir si beau qu'il en est attendri.

Revenu à lui-même, il lui arrive de s'attrister, de regretter, comme il l'avoue à Çhabanon ', « de n'avoir pas séjourné plus longtemps en Italie », car il s'y fût « perfectionné le goùt^). A ses ennemis, comme Diderot, il semble qu'il a de l'humeur, parce qu'il se voit « menacé de survivre à sa réputation - ». Ils ne peuvent deviner que la consolation lui vient justement de savoir qu'il sera dépassé. C'est une pensée trop haute, qui leur échappe ; et Rameau lui-même n'arrive à la saisir qu'aux meilleurs momepts de sa vie inégale. 11 s'oublie alors, tout absorbé dans la contemplation de son art. Lorsqu'il se retrouve, c'est une désillusion amère, qu'il veut dérober à tous les yeux. Son génie le hante et le tourmente, et tantôt le domine et tantôt l'abandonne ; c'est un maître despotique, aux caprices brusques et rudes. De là cette inquiétude, cette fièvre, ces fureurs, ces absences. De là aussi cette dureté, cet abord sévère, ce visage fermé. Une volonté toujours tendue, une lutte violente et secrète, une poursuite acharnée, voilà son existence ; telle du moins elle se dessine en traits indis-

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