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la reprise italienne ; ce sont les anciens morceaux de la Siiite^ passacailles, allemandes, sarabandes et gavottes, toujours de forme binaire, ou bien encore des mouvements fugues. Les rythmes vifs dominent, parce qu'ils donnent mieux l'idée de la joie, qui est alors la marque de la musique italienne : joie insouciante d'un art sans rival, sûr de plaire en tous ses caprices.
En France, ce fut une révélation : fragments des opéras de Venise, cantates de Bononcini, Bassani Melani, Cesarini\ sonates de Corelli, Albinoni, Miqueli % firent fureur dans tous les salons où l'on savait écouter : après la rigueur de Lully, on avait l'impression d'une délivrance. Les cantates italiennes trouvèrent bientôt des imitateurs ; lîameau fut des premiers, avec Morin, Bernier, Campra, Destouches, et beaucoup d'autres moins connus, car tout le monde voulut s'en mêler. La sonate de son côté mit en vogue son instrument favori, le violon, au grand scandale de ceux qui tenaient pour les anciennes violes^; et
I. Ce sont les noms qui reviennent le plus souvent dans les recueils formés par Brossard.
•1. Cités par M. de la T. dans sa Dissertation.
3. Leur indignation s'exprime dans le curieux ouvrage d Hubert lk Blanc : Défense de la basse de viole contre les
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Ton vit apparaître toute une école de violonistes français, aussi renommés comme virtuoses que comme compositeurs : J.-F. Rebel, Senaillé, du Val, Batiste, Guignon,Leclair. FrançoisCouperin lui-même, si fidèle qu'il soit à l'exemple de LuUy et à la tradition de ses ancêtres, écrit des Sonates, ne réclamant, pour satisfaire à Tamour-propre national, que le droit de les appeler Sonades, comme on dit Sérénades \ En même temps, les modèles de composition italienne ne cessent de pénétrer en France : en 1724, M'"" de Prie fonde un Concert qui leur est spécialement réservé'. Chez M. de la Pouplinière, si accueillant à tous les musiciens étrangers, on peut croire que les cantates et sonates d'Italie trouvèrent la même hospitalité que plus tard les symphonies d'Allemagne ^.
L'influence italienne s'exerce surtout dans les
piitrcprises du violon et les prétentions du yioloncelle [Xmslcrdam, 1740). On y lit que le violon est « criard, perçant et dur, fatigant au joueur », et que « le ton élevé, et le son éclatant du violon ne sentent du tout point sa personne de qualité, ni une éducation noble. » Voir Michel Bkenet, Les Concerts en France, p. i54.
I. Fka.nçois Couperin, Apothéose de Lulli (172Ï). n'' i3, sonade en trio : « La paix du Parnasse faite aux coiulilious, sur la remontrance des muses françaises, que, lorsqu'on y parlerait leur langue, on dirait dorénavant sonade, cantade, ainsi qu'on prononce ballade, sérénade. «
■i. Sur l'organisation de ce concert et ses rapports avec celui de Crozat, autre amateur de musique italienne, voir Michel Bkkneï , Les Concerts en France, p. IJ9-64.