Mercure, mai 17'îo
suis toujours fait un plaisir de publier dans l'occasion que M. Lacroix, de Montpellier, dont vous avez marqué la demeure, m'avait donné une connaissance distincte de la règle de l'octave à Fâge de vingt ans' ». Nous ignorons tout du personnage dont le nom et l'adresse nous sont ainsi révélés, avec son pays d'origine ; mais nous voyons bien quel genre de leçons Rameau a dû lui demander, La règle d'octave donne un accord pour accompagner chacune des notes de la gamme majeure ou mineure. Cette règle était de pratique courante, et certainement Rameau l'avait apprise depuis longtemps déjà. Mais il s'agissait pour lui de saisir les raisons de cette suite d'accords, d'arriver à les déduire logiquement l'un de l'autre et à leur attribuer un sens défini, d'en acquérir enfin, comme il dit en son langage cartésien, la « connaissance distincte ». Tel sera l'effort de toute sa vie : il veut faire régner dans la musique entière, et particulièrement dans l'harmonie, l'ordre et la clarté dont témoignent d'autres constructions de l'esprit humain, la géométrie, par exemple, ou la physique. Et c'est parce qu'il y rencontrait, au moins de temps à autre, des tentatives d'explication, que l'enseignement de M. Lacroix, de