Octobre
quitta fort bien de son rôle et se distingua, dans un air sans doute écrit à son intention, « par un ramage de rossignol qu'on n'a jamais porté aussi loin », il n'en fut pas de môme des autres. Il y a l'écho de bien des luttes dans cette phrase du Mercure : « On a trouvé la musique de cet opéra un peu difficile à exécuter, mais, par l'habileté des symphonistes et des autres musiciens, la difficulté n'en a pas empoché l'exécution ». 11 fallut même sacrifier Tune des plus belles pages de la partition, le trio des Parques, dont les sombres modulations ne purent être comprises. Rameau n'oublia jamais cette déception', d'autant moins attendue que les musiciens de la Pouplinière n'avaient ])as bronché à cet endroil. Cependant, le publi(;, revenu de sa première impression, commençait à être conquis. « Peu à peu, poursuit Maret, les représentations à^Jlippolyte furent plus suivies et moins tumultueuses; les applaudissements couvrirent les cris d'une cabale qui s'affaiblissait chaque jour, et le succès le plus décidé, couronnant les travaux de l'auteur, l'excita à de nouveaux efforts ». Le premier de ces efforts fut d'écrire les divertissemenis que lui avait demandés Piroii poui' la pastorale
1. 11 s 011 plaint encore en 1737, dans sa (iriirratioii htirmonif/ur, et on i7'')o. dans sa Di-nioiislrn/ion du principo <lr ihftrmoinc.
en un acte, les Courses de Tempé^ représentée à la Comédie-Française le 3o août 1734. 11 dut aussi travailler au Samson que Voltaire venait enfin de terminer, mais la pièce fut interdite par l'effet de « la même cabale qui depuis fit suspendre les représentations de Mahomet ou le Fanatisme ' ». Voltaire ajoute que Rameau aurait « employé depuis presque tous les airs de Samson dans d'autres compositions lyriques que l'envie n'a pu supprimer ».
Faute de Voltaire, Rameau se rabattit sur un des fournisseurs habituels du théâtre, Fuzelier^, auteur de nombreux ballets tels que le Ballet des Ages y mis en musique par Gampra en 17 18, les Amours des Dieux, qui parurent en 1727 avec la musique de Mouret, et les Amours des Déesses, quisuivirent en 1729. C'est un ballet que Rameau lui prit. Ce genre n'était pas tombé dans l'abjection où nous le voyons aujourd'hui : n'ayant pas renoncé au chant, il demeurait capable d'une action à peu près raisonnable, et qu'on pouvait suivre. Il avait aussi sur l'opéra l'avantage de la