‹ RameauChapitre 37 sur 89 · I. Cuivre verni · texte numérisé non relu

I. Cuivre verni

1. Maret, p. 70. — Dauvergne, né à Clermont en 1713, devint en 1762 directeur du Concert spirituel. Balbâtre, né à Dijon en 1729, fut organiste de ce même concert et y joua bien souvent, sur son instrument, les ouvertures et les airs de «on illustre protecteur.

Rameau est de s'échapper; se voyant pris, il explique qu'il « fuit les compliments parce qu'ils l'embarrassent et qu'il ne sait qu'y répondre^ ». A l'Opéra, il a coutume de se placer dans une petite loge où il se cache et même se tient couché, de peur d'être aperçu et reconnu ^

N'aimant pas la compagnie^, il manque naturellement de civilité, ce qui étonne en un temps où l'on en avait beaucoup. Ceux à qui il lui arrive de parler reçoivent leurs vérités en plein visage, et en restent quelquefois abasourdis. Il ne connaît pas l'art de tout dire le sourire aux lèvres, de glisser la critique au milieu des compliments, et de discuter sans se fâcher. La contradiction le met hors de lui ; ses nombreux ennemis le savent bien, et souvent en prennent avantage.

Il a des querelles, au théâtre, au café*; il enrage encore à sa dernière heure, et trouve la force d'interrompre le curé de Saint-Eustache, qui le prêche : « Que diable venez-vous me

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