‹ RameauChapitre 45 sur 89 · Démonstration du principe de l'harmonie, p. m · texte numérisé non relu

Démonstration du principe de l'harmonie, p. m

tique ; le savant gouverne le musicien. On a peine à le croire, lorsqu'on a d'abord été gagné par le charme de ses œuvres ; mais son propre témoignage ne peut être récusé. Les contemporains n'avaient donc pas si tort de trouver à sa musique un air de réflexion et de calcul; mais ils allaient beaucoup trop loin, lorsqu'ils concluaient à l'absence de toute émotion.

Gomme tous les musiciens, Rameau a commencé par apprendre la grammaire de son art : on lui a enseigné le nom des notes^ la distinction des modes et des tons, le chiffrage des accords et leur emploi. Mais il ne se satisfait pas des préceptes et des procédés qu'on lui montre. C'est le pourquoi qui l'inquiète. « Quelques progrès que La musique ait faits jusques à nous, il semble que l'esprit a été moins curieux d'en approfondir les véritables principes, à mesure que l'oreille est devenue sensible aux merveilleux effets de cet art ; de sorte qu'on peut dire que la raison y a perdu de ses droits, tandis que l'expérience s'y est acquise quelque autorité ^ » C'est là un désordre qu'il ne peut souffrir : il dépense un effort et un zèle incroyables à restaurer a les droits de la raison », à réduire autant qu'il se pourra la part de Texpérience, à faire régner

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