I. Traité de l'harmonie, Préface, 3^ page
L'ESPRIT io3
dans la musique entière Tordre et la clarté de la géométrie. « La musique est une science qui doit avoir des règles certaines ; ces règles doivent être tirées d'un principe évident, et ce principe ne peut guère nous être connu sans le secours des mathématiques. Aussi dois-je avouer que nonobstant toute l'expérience que je pouvais m'être acquise dans la musique, pour l'avoir pratiquée pendant Une assez longue suite de temps, ce n'est cependant que par le secours des mathématiques que mes idées se sont débrouillées, et que la lumière y a succédé à une certaine obscurité, dontje ne m'apercevais pas auparavant ^ »
C'est en ces termes que Rameau s'est d'abord posé le problème, et qu'il Ta résolu par le système exposé dans son premier ouvrage, qui parut en 1722. On voit que, tout comme Descartes, Mersenne, Leibniz, ou Euler, il ne met pas un instant en doute le vieux dogme des Pythagoriciens : la musique entière doit être réduite à une combinaison de nombres ; elle est l'arithmétique du son, comme l'optique est la géométrie de la lumière ; et il ne cherche pas autre chose que de la remettre au rang que lu assignent les savants du moyen âge, parmi les