‹ RameauChapitre 48 sur 89 · Traité de l'harmo/iie, p. i · texte numérisé non relu

Traité de l'harmo/iie, p. i

io6 JEAN-PHILIPPE RAMEAU

seau, Diderot, et même d'Alembert, ne manquent pas de faire leurs objections, et Rameau n'est pas embarrassé pour leur répondre que seule l'imperfection de leur oreille les rend insensibles à l'harmonie^ : « Vous auriez grande raison, Monsieur, de dire que la mélodie est presque le seul objet qui occupe dans la musique, si vous pouviez vous rendre justice sur les bornes de votre expérience, en considérant qu'il peut y avoir encore bien des classes au-dessous de la vôtre : c'est en effet le premier accessoire de la marche harmonique qui frappe l'homme borné : les fleurs qu'on joint à la partie principale du sujet ^, la voix, l'instrument qui l'exécutent, en faut-il davantage, pour le distraire des charmes que peuvent y ajouter d'autres parties^ ? » Et il ajoute avec un dédain qui sent son musicien de race : a La supériorité de l'harmonie dans la musique ne diminue en rien le prix de la mélodie; j'en fais peut-être plus de cas qu'aucun de vos collègues; mais, pour savoir les bornes auxquelles on doit s'en tenir \ il faut une grande

1 . Lettre à M. d'Alemhert sur ses opinions en musique, p. 1 1 .

2. Rameau veut parler des ornements de la mélodie, si fort à la mode de son temps: trilles, mordants, pinces, traits et passages.

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