I. Dictionnaire de musique (lyoS), au mot Recitativo
dire : « Les opéras italiePxS sont un tissu de plusieurs cantates qui se suivent et dont le sens et la liaison font un sujet général. »
Enfin la sonate elle-même est une imitation d'opéra, où le violon remplace le chanteur. Brossard nous l'apprend encore \ « C'est uniquement par le son des instruments que Ton exécute ces sortes de pièces, qui sont à l'égard de toutes sortes d'instruments ce que la cantate est à regard des voix. C'est-à-dire que les sonates sont proprement de grandes pièces, fantaisies ou préludes, variées de toutes sortes de mouvements et d^expressions, d'accords recherchés ou extraordinaires, et tout cela purement et simplement selon la fantaisie du compositeur qui, sans être assujetti qu'aux règles générales du contrepoint, ni à aucun nombre fixe, ni à aucune espèce de mesures, donne l'essor au feu de son génie, change de mesure et de mode quand il le juge à propos. » Ce sont des airs encore, librement conçus, séparés par de courts mouvements lents qui tiennent la place des récitatifs, et disposés de manière à faire briller à la fois le talent de l'auteur et celui de l'exécutant sous les aspects et dans les caractères les plus variés La seule différence, c'est que ces airs n'ont pas encore adopté
I, Dictionnaire de musique, au mot Suonata.
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la reprise italienne ; ce sont les anciens morceaux de la Suite^ passacailles, allemandes, sarabandes et gavottes, toujours de forme binaire, ou bien encore des mouvements fugues. Les rythmes vifs dominent, parce qu'ils donnent mieux l'idée de la joie, qui est alors la marque de la musique italienne : joie insouciante d'un art sans rival, sûr de plaire en tous ses caprices.
En France, ce fut une révélation : fragments des opéras de Venise, cantates de Bononcini, Bassani Melani, Gesarini*, sonates de Gorelli, Albinoni, Miqueli ^, firent fureur dans tous les salons où Ton savait écouter : après la rigueur de Lully, on avait Fimpression d'une délivrance. Les cantates italiennes trouvèrent bientôt des imitateurs; Rameau fut des premiers, avec Morin, Bernier, Gampra, Destouches, etbeaucoup d'autres moins connus, car tout le monde voulut s'en mêler. La sonate de son côté mit en vogue son instrument favori, le violon, au grand scandale de ceux qui tenaient pour les anciennes violes^; et
1. Ce sont les noms qui reviennent le plus souvent dans les recueils formés par Brossard.