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I. Il s'asfit d'imiter le chant des s^renouilles

2t6 JEAN-PHILIPPE RAMEAU

Dans Hippolyte et Aricie^ Rameau emploie, et fort habilement, les cors de chasse en ré (airs des chasseurs, au IV^ acte) : ils ont déjà paru dans le ballet des Éléments, de Destouches etLalande, en 1721. Rien, en tout cela, de nouveau; mais certainement une très juste entente de chaque instrument, et des effets qu'on en peut tirer. Ses préférences sont, à ce qu'il semble, pour les violons, auxquels il donne volontiers des traits rapides ou des arpèges qui le montrent bien informé des progrès de la technique, et, du côté grave, pour les bassons : il goûte ce timbre voilé, où persiste toujours, même dans la fureur, une mélancolie secrète ; n'est-ce pas là en effet une nuance de sentiment qui lui est bien connue? Aussi est-il bien rare qu'il n'écrive pas pour cet instrument une partie séparée, au lieu de l'unir aux basses : ici encore, il n'invente rien, il montre seulement un goût particulier.

Plus tard, lorsqu'il cherche à réaliser les accords sous la forme la plus complète, il est naturellement conduit à diviser et subdiviser les parties, afin de faire entendre un plus grand nombre de notes. En même temps, grâce à M. de la Pouplinière, il apprend à connaître deux instruments

nouveaux, venus d'Allemagne\ la clarinette et le cor d'harmonie. Il les adopte avec joie, et leur fait une place en toutes ses dernières œuvres ; mais il ne leur donne pas un rôle de solistes : comme les hautbois, les flûtes et les bassons, ils paraîtront à leur tour, et souvent se contenteront d'ajouter leur note à l'harmonie : c'est ce qui arrive, par exemple, dans l'ouverture à' Acanthe et Céphise, établie pour les flûtes, les i^" et a^^ violons, 2 cors en ut, tailles, bassons et basses ; à quoi viennejit s'ajouter ensuite une petite flûte, 2 clarinettes en ut^ et enfin 2 trompettes. Les cors ont le même emploi, modeste, dans l'ouverture des Boréades. Le tout fort bien écrit d'ailleurs : des passages, comme celui-ci, pris dans l'ouverture d'Acanthe et Céphise, montrent que Rameau savait de quels arpèges et batteries la clarinette était capable \

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