Expression d’Hérodote
2. Hérodote donne ce nom aux émigrés Égyptiens qui abandonnèrent leur patrie, sous le règne de Psammétique, à la suite de l’intrusion des étrangers dans les fonctions publiques et des condotlieres grecs ou ioniens dans les rangs de l’armée.
c’est la direction rectiligne de son bassin. Le 30° méridien, à l’est de Paris, un d?s trois qui passent sur la grande nappe d’eau du Nyanza, croise à mille lieues de là une des embouchures du Delta, et dans l’intervalle, le Nil, qui semble s’enrouler autour de lui, comme l’urœus sacré autour du caducée antique, le coupe huit fois, au moins, de ses méandres, sans jamais s’en éloigner de plus de quarante lieues dans ses plus grands écarts.
Seul, en outre, parmi les grands fleuves de la terre, il n’est grossi par aucun affluent dans le dernier tiers de son cours, qu’il poursuit solitaire pendant quatre cents lieues, entre deux déserts, dont les sables, sevrés des pluies des tropiques, pompent avidement ses eaux, sans lui rendre en échange le tribut de la plus faible source ou du moindre torrent.
L’isolement de cette partie de son bassin fit la force de la société égyptienne dans sa période de développement : à peu d’exceptions près, les migrations de peuples, qui vaguaient alors aux quatre vents du monde, passèrent en amont d’elle, ou en aval. Là fut le secret de la forme qu’elle revêtit, de la longue existence qui lui fut accordée, et, hâtonsnous de l’ajouter, de sa faiblesse lorsque l’heure de la décadence vint à sonner pour elle.
IÎAMSÈS LE GRAND
Totis les observateurs de la terre et de l’histoire d’Égypte, depuis Hérodote jusqu’à Cbampollion, avaient pensé que, de même que le Nil a apporté en Égypte le sol et la fécondité, il y a aussi conduit les hommes et la civilisation, descendus avec lui du sud au nord.
Une opinion contraire prévaut aujourd’hui parmi les Égyptologues. Beaucoup d’entre eux, ceux surtout qui subissent l’influence germanique, affirment que les premiers hommes et la civilisation ont commencé par le nord leur œuvre dans le bassin du Nil, et qu’ils ont remonté et non descendu le fleuve. '
Ce dissentiment est plus apparent que réel, il ne porte au fond que sur la ligne suivie par les migrations entre le point de départ et celui d’arrivée, et dans les deux hypothèses, le berceau primitif des Égyptiens et de leurs éducateurs doit être cherché en Asie.
Parmi les momies que les nécropoles égyptiennes livrent journellement à notre examen, les anatomistes modernes croient démêler trois clas es distinctes : la première serait formée des ancêtres des Coptes proprement dits, dont la forme crânienne rappelle les têtes des statues et des sphinx de Thèbes; la seconde a de l’analogie avec le type Indou ; la troisième semble liée aux tribus de la Nubie, et les mêmes savants la rattachent ainsi que les Coptes à la race Berbère.
Tous ceux qui gardent encore un souvenir de disciples aux hommes éminents qui formèrent les maîtres actuels de la science historique, à Volney, à Heeren, à d’Eckstein, — s’étonneront à bon droit de ne pas voir figurer, parmi les ancêtres des antiques Égyptiens, les Koushites, ou Nègres, qui ont marqué d’un cachet indélébile les croyances religieuses de ce peuple 1 .
Quant à nous, qui croyons peu aux races humaines, mais beaucoup aux modifications de la famille des hommes, par l’action combinée du milieu physique et moral, par l’influence du climat, de l’hygiène adoptée et des institutions subies, par les rayonnements du sol et du soleil, nous nous bornerons à