SENTENCE DE FRANÇOIS
Quentin et de liornont l'inig après l'autre eussent deelaire ne s'en vu «Hoir plus entre» il' lire. Au moyen île quuy eust icelluy Ramus este somme e[ requis d'en eslire et nommer deux aultres. Ce qu'il n'eusl voulu faire et se fnstdu tnut smili/.iuis aux troys aultres dessus iiom- IIH7.. I.esquelz ;j[>i-i s ijuiiir le tout veu el considère eussent ested'adnis que ledit Ramus uuuit este téméraire, arrogant et impudent d'auoir reprouue et condamne le train et an de logicque receu de toutes na-
I ni» lui .... ri,. - I^n->r<-yl ti |- .f- ■ <ei Vu lli.r. il.->
Animaducrsiuns il repmioil ArisloLC. estoit euidemment eo^iieue el uiaiiifeslee son ignorance, voire qu'il auuit Niauuaise mulenle , de
tant qu'il blas il plusieurs cttuses 4111 sont bonnes et véritables, et
nu'lloil sus a Àristule plusieurs elioses a quuy il 11e pensa oneques. Et en somme ne contenoit sondil liurc des Àniuiaduersions que tous mensonges et vue manière de mesdire, tellement qu'il leur semblolt estre le grand bien et prouflit des lettres et sciences, que ledit liure fust du tout supprime, semblablemetit l'autre dessusditf intitule Dialeetie.T insiilutinncs, comme contenant aussi plusieurs elioses faulses et estrau^es. Sça.voir faisons Que veu par nous ledit aduis, et eu sur ee aullre adtlis et délibération auer plusieurs situants el notables personnages r-slanl/. le/ nous, auotis nindemne, siii^n-i n m el alioly, eoïKleulnoiis, supprimons e! abolissmis lesdieli deux Hures, l'utlg intitule Dialirlira 1 isisîilulitjiies et l'autre Vristolclirie anîulad-
uersiones, Et auotis faict cl faisons inhibitions et deffencesa tous imprimeurs et libraires de noslre (ioyaulme, Pays, terres et Seigneuries, et a luus aultres nos sul^eelz, de quelque estât ou eijiulitiuii qu'il/, soyetil, qu'il? u'ayent plus a en imprimer aulcuos, ne publier, ne vendre, ne débiter en nostredict Royaulme, pays el seigneuries, suuhz pi-itie de cuiilist-a lion dcsdielz liures el de pugnilion corporelle, Soit qu'ilz snyenl imprimez, eu iceuls nos lloyaulmes, pays, terres el seigneuries, ou aultres lieux non eslans de nostre obéissance. El seuiLlaliletiient audilRamus de ne pins liresesdiclz liures, ne les faire rseripre ou copier, publier ne semer en auleune manière, ne lire en Dialectique ne philosophie en quelque manière que ci: suit, sans nuslrc
expresse perulissi Aussv de ne plus iser de elles mesdisanles 'sic)
et inueeliues eûulre Aristote ne aultres iiiilhi'iirs anciens reeeuz el approuve/, ne contre uostrediete lille l'uniiicrMtc el supposiz d'ieclic. soubz les peines que dessus. Si donnons en handehhnt. Kl commectons a nostredict |ireviisl de Paris ou a snu lieutettant, conservateur des piiuilleges par nous et iioz prédécesseurs lloys donnez
DIgilizod byCoogh:
VIE DE BAMUB.
i'l uelruyev. a itosireilirie lillr 1,'uuiuersile. que noslre presenl iugi*i lient et ordonnai!!* il nielle un fnee meclre a deue el entière exécution selon sa forme el teneur, Et a ee faire souifrir et. obeyr conirahiKiie et faee eontraindre tous n uls qu'il appariieudra, El pour ee
îinliflier nosdietes ileiïeuces eu plusieurs lieux île. noslre Royaulme, terres et seigneuries, ullin île les faire, obserurr, Nous voulions qu'au ridimus d'ieelles faiei soub seel Royal, ou signe par eollation par l'ung île nos ajniena féaux notaires el seeretaires, soitadiouxtée [foij nomme au présent Orignal. Mandons en oullrc a tous noi aultrès iuMieiers, uûicîers, et a tliaseun d'eulx sieomiiie a luy appartiendra, que îiosiliiti delferiees el mionetious ilz faeent oliseruer, en proeedanl par eulx eoulre 1rs iid'r:ie[eurs.<l'ieelles, sy aulcuits en y a, par les peines ey dessus indieles et aullres qu'ils verront cstre a faire par raison. En tksjioinu ne te, nous auons faia metlre Noslre seel a uesdiulz présentes. Donne s Paris, ledïxiesme iourde mars l.'au île grar.o mil cinq eens Quaranle-lroys, et de uostre règne le Trenliesme (e.'esl-a-dire le iO mars (5*4).
Ainsy signe sur le reply, Par le Roy vous présent Delai liesnaye, El see.lle.es du çrunt seel sur double queue de eire laulnc.
Collation l'aide A L'original Par les notaire souliz sïgiseî L'an mil cinq eens quaranle-lniis le vetidredy XJLU iour de mars '.
Telle l'ut l'issue de cette lutte inégale, que Jean Je Launoy résume ainsi eu tëtc du cltauilre XIII de son
1 On trouve cette sentence, en français et eu latin, dans divers recueils «ver, des dates dillerentes, ce qui a induit en erreur plusieurs écrivains, et uotanimenL l'abbé. Goujui, qui Litil li-iiessus un véritable roman. Suivant lui, il y aurait des lettres du François [■■ dattes do Paris le 30 mai 1543, el d'autres eu date du 19 mars 1&44. Par tel premières, le roi aurait supprimé lus u<;uj uuvrnges du Hamus; ut par les secondes, après avoir wiiHirni' les premières , le roi aurait lait ilefense à Bannis d'imprimer aucun livre concernant la philosophie. Je ferai remarquer au lecteur, a cette occa ion, quo Pou ne taisait alors commencer l'année qu'à Pâques, et que ce fut il partir de 13118 seulement qu'on la lit commencer au 1" janvier. Voir Du BoDlay, i. VI, p. BS1.
TRIOMPHE 1>ES l'ÉRIl'ATÉTICIENS.
Histoire de la fortune d'Anatole : « Alors, dit-il, on voit descendre dans l'arène Ramus et Aristotu ; celui-ci remporte une victoire éclatante, mais facile : car François Y' combat pour lui, sans compter plus d'un professeur. >• Le parlement enregistra sans difficulté l'édit dti roi. « Les letlres patentes scellées du grand sceau, dit Jacques Charpentier, ont esté par son commandement enregistrées en la cour de parlement et en l'université , publiées à son de trompe par la ville de Paris, et depuis enuoyées par tout le royaume de France '. » Quant à l'université, elle les accueillit avec des transports de joie vraiment extraordinaires. Le signal fut donné, on peut le dire, par l'un des juges de Ramus, le fanatique P. Dancs, qui, suivant son panégyriste Génébrard, lit brùlbr les livres de Ramus devant le collège de Cambrai 1 . « Les péripatéticiens , dit Bayle, firent plus de fracas à proportion que les prioces les plus fastueux n'en affectent après la prise d'une grande ville ou après le gain d'une bataille très importante \ » Mais c'est Orner Talon qu'il faut entendre ici': «Lorsqu'on lui eut ainsi lié la langue et les mains, et enlevé tout moyen de défense contre les attaques de ses adversaires, on triompha à grand bruit d'une si belle victoire. La condamnation de Ramus, imprimée en latin et en français, fut répandue à profusion dans tous les quartiers de cette ville et affichée dans tous les lieux où il était pos-
1 La Hcsponcc du lacqucs Charpentier a lu Itcmonstrancc <]p maïitre Pierre île la Ramée, etc. (Paris, G. Biion, 1507, in-S"), loi. 7, s r,
» Oraison funèbre de Daiuii par Gén élira rd, p. 90 du recueil intitulé ; Vie, Eloges el Opuscules de Pierre Danè>, Paris, 17S1, iu-4".
1 î)ict. hist,, art. Ramus, note. E.
VIE I)K RAMUS-
sible de la lire. On représenta dans les collèges, avec un grand appareil, des pièces où Ramus était accablé de toutes sortes de quolibets et d'outrages, aux grands applaudissements des pérïpatéticiens qui j assistaient. Le reste est si honteux que je n'en veux point parler. Les faits ne sont que trop authentiques, et chacun aujourd'hui s'en souvient; mais ils sont si étrangers aux habitudes littéraires, que je craindrais, en les racontant, de passer pourun imposteur aux yeux de ceux-là même qui y assistaient et qui les ont vus. Je laisserai donc de côté bon nombre de détails qu'on ne pourrait rappeler sans marquer d'infamie certaines personnes. Ce que j'ai raconté suffira pour faire comprendre à tout le monde combien la logique des péripatéticiens est redoutable et pleine de colère, puisqu'elle a recours à de tels arguments contre ceux qui la combattent »
L'indignation d'Orner Talon est, ù coup sûr, fort légitime; mais, en vérité, quand on songe aux traitements nien plus atroces que réservait à Ramus la colère des schol astiques, on ne peut guère que sourire en lisant la sentence qu'ils obtinrent de François I" contre la liberté de penser et d'écrire; car, si cette sentence rappelle d'une part l'édit sanglant rendu à Senlis par Louis XI, le l" r mars 1473, contre les nominalistes du siècle précédent *; si d'autre part elle ressemble à l'arrêt du parlement de 1G24 qui, sous Louis XIII, près d'un siècle plus tard, défendait sous peine de mort d'attaquer le système d'Aristotc ; ne ressemble-t-elle pas aussi par plus
1 VoirduBoulay,Hi6t. Univ. Paris., a l'annfia 1S73; et Gaillard, Histoire de François i", 1. VIII, ch. 1.
Oigilized B/Goo