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Enseignement de Ramus an collège dp France. — Ses grands desseins pour la réformation des ans libéraux. — Grammaire : affaire des quiiguis el des quanquam. — Rhétorique : P. Galland, Habclais, Joachim du Bellay.
— Logique: J. Charpentier, Léger Du Chesne , Turaèbe. — Mathématiques: J. Péna, A. d'Ossat, etc. — Ecrits et publications de (ouïes sortes.
— Faveur de Ramus a la conr, au parlement et même dans l'université; sous les rois Henri 11 et François 11.
La suite de renseignement public de Ramus répondit à ce brillant début. « Sa voix, dit un écrivain de nos jours, contenue jusque-là dans l'étroite enceinte d'un collège, retentit publiquement dans Paris, et appela autour de sa chaire une innombrable jeunesse. Dès lors, la logique naturelle et le bon sens eurent un organe, et l'enseignement philosophique entra dans une nouvelle
Ramus s'était formé la plus haute idée de la tâche qui lui était confiée '. Il sentait que les amis des lettres avaient les yeux sur lui, et il s'efforçait de répondre à cette attente. Cette pensée soutenait son courage, et dans
' J. J. Guillemin, Le Cardinal de Lorraine, p. «S. * Oratiu de sua duodecim nnnorum profiissione, 156Ï.
VIE DE KAMI S
ses leçons d'éloquence et de philosophie, il s'élevait fort au-dessus des vues ordinaires d'un simple professeur. Je crois avoir déjà cité ce mot d'Estienne Pasquier : « Ramus, en enseignant la jeunesse, estoit un homme d'Estat. » On remarquait jusque dans ses manières et dans son langage quelque chose de noble et de fier, que l'on ne retrouvait pas chez d'autres, et qui plaisait singulièrement aux gens du monde. Il parlait en seigneur, suivant un de ses contemporains dont je rapporterai ici les paroles. Dans son éloge de Henri 11 (Hom. ill., discours LXVI), Brantôme passe en revue plusieurs écrivains et hommes de lettres qui vivaient sous ce prince; il cite entre autres : a Monsieur Gallandius Torticolis en l'art d'oratoire ; mais {ajoule-t-il} Monsieur Ramus, son ennemy, le passoïl, qui estoit un fort disert et éloquent orateur; et peu s'en est-il veu de semblables : car il avoit une grâce inégale à tout autre, qui secouroit davantage son éloquence.... Monsieur Turnebus fut aussi un très sçavant homme en grec et en latin, mais non qu'il eust teile piaffe de parler en seigneur, comme Ramus. » Celui-ci effaça bientôt tous ses collègues par son éloquence et par le nombre de ses auditeurs. Sa réputation se répandant par toute l'Europe, attirait à Paris plus d'un étranger désireux de l'entendre. « Plusieurs Allemands, dit Nancel (1. c, p. 63), m'ont assuré avoir fait ce voyage dans le seul but d'entendre Ramus d'abord et ensuite Turnèbe. » Suivant un autre de ses admirateurs, ScéVole de Sainte-Marthe (Eloge de Ramus), « il était surtout remarquable , loraqu'en présence d'une foule compacte d'auditeurs, il interprétait avec une grande dignité de geste et de langage les grands écrivains latins,