COLLÈGUES ET AMIS DE HAMIIS
auteur; Jean Mercier, le plus célèbre disciple de Valable, et protestant plus décidé que son maître; le savant helléniste Jacques Tousan ; l'orientaliste Guillaume Postel et son ami Coroné ; Luc Fruter ; Pierre de Monlauré, habile mathématicien, qui mourut à Sancerre pendant le fameux siège que soutint cette ville en 1570; Denis Lambin, qui fut au moins politique, suivant une expression que lui-même avait contribué à répandre; plusieurs autres encore, et parmi eux le fameux Adrien Turnèhe, le plus savant de tous : toute celle élite des plus célèbres professeurs du temps penchait pour la Réforme ou l'avait cmhraisé.î ouvertement. Tels étaient les exemples que donnaient à Itamns ses collègues au collège de France, sans compter ceux de ses patrons et du ses amis, qui avaient plus ou moins subi l'influence de l'esprit nouveau en religion : le cardinal de Châlillon et, jusqu'à un certain point, le cardinal de Lorraine luimême ; l'évèque de Valence, Jean de Montluc, et plus d'un théologien ; le fougueux docteur eu décret Jean Quentin; les médecins de Go ni s, Albert Lefebvre, etc. ; la famille des Estienue avec qui Ramus était eu relations; André Wéchel , son imprimeur ordinaire, et l'hôte d'Hubert Languet.dont il lui lit faire sans doute la connaissance ; le conseiller Arnaud du Ferrier; Guillaume Galland, le neveu de Pierre et l'ami intime de liamus ; les principaux Jean Dahin et Nicolas Charion, qui partagèrent plus tard ses disgrâces; et une foule d'autres qu'il serait trop long d'é nu mirer. Voilà dans quel milieu vivait lia mus. Disposé comme il l'était déjà, comment aurait-il résisté à celte influence victorieuse, qui s'était fait sentir même à ses adversaires et à ses persécuteurs, depuis le roi Fran-
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cois V, qui avait invité Mélanchton à venir à sa cour, avatil de foire brûler en France ceux dont il était l'allié au dehors, jusqu'au fanatique recteur Pierre Galland, qui avait dirigé contre les évoques de Rome des invectives à Taire frémir son élogieux éditeur Estienne de BaluzeM
D'autres circonstances encore pouvaient faire naître des soupçons sur les sentiments religieux de Ramus. Il avait eu pour élèves et pour pensionnaires un assez grand nombre de protestants, ainsi que l'atteste Nicoias de Nancel : « Je sais, dit-il, qu'il est sorti de son collège beaucoup d'hommes 1res savants, mais qui dans la suite professèrent la religion dite réformée *. » Nous avons retrouvé les noms de plusieurs des élèves protestants de Ramus : Théodore Zuinger de Bàle, neveu du célèbre imprimeur Jean Oporin, et dont nous aurons à parler encore plus d'une fois; l'imprimeur Jean Hcrvagius ', Jérôme Wolf, François Fahricius avaient été ses auditeurs. Il avait eu également pour pensionnaire James Stuart, le (ils naturel de Jacques V d'Ecosse, le frère de Marie Stuart, qui, à partir de 1S60, devait jouer un si grand rôle en Ecosse comme chef politique du parli presbytérien, et comme régent du royaume (de 1567 à 1570). Ges jeunes gens pleins de zèle pour la Réforme et qui ne furent pas seulement les disciples, mais les amis intimes de Ramus, durent exercer sur lut quelque influence. Le fameux Paltna Cayet (Caïetanus), qui, en 1562, était sou s-p récepteur de Henri de Béarri,
' P. Caslellani Vila, elo. Paria, 167(, in-8". Voir la Préface de Balaie. — Henri Estinmc et Th. de Beze traitent P. Galland d'apostat et de deser-
' Vie de tlamus. p. 63; Cf. Ant. Loiret, Opuscules, I. c.
> Voir [ùus bas uhk lettre inédite de Ramus (111' prtie, cb. 11).