RETOUR EN FRANCE
avec un traitement quatre fois plus Tort que celui qu'il recevait à Paris, le rectorat de l'académie de Weissembotirg, et il lui adressa à ce sujet une lettre signée de sa main. Ramus repoussa toutes ces offres. « Je suis Français, disait-il dans sa réponse à l'académie de Bologne, et c'est par le bienfait du roi de France que j'ai pu suivre mes éludes pendant de longues années. Je me dois donc tout entier à ma patrie et à mon roi. » Sa religion put contribuer aussi à lui faire refuser quelques-unes de ces places, par exemple celles de Bologne et de Cracovio'. Mais s'il n'avait eu que cette raison, elle l'aurait peutêtre empêché de rentrer sur cette terre de France, où la tolérance a toujours eu tant de peine à s'établir, et où l'attendait la Saint- Barthélémy. C'était donc surtout l'amour de son pays qui l'y rappelait, et les habitudes contractées dans son cher collège de Presles.
Il ne fut cependant pas ingrat pour tant d'amis, de disciples et de protecteurs qu'il avait rencontrés pendant son exil, et taudis qu'il était encore à Genève il avait composé, en l'honneur de l'Allemagne et en particulier de la ville de Bâle, un ouvrage sous forme de discours, et intitulé Basilea. Ce discours ne fut pas prononcé, comme l'ont cru plusieurs auteurs (Est. Pasquier, Bayle, Goujet, etc.), et il ne fut imprime qu'en 1571, à Berne, c'est-à-dire après le retour de Ramus eh France.
La paix semblait assurée ; Ramus crut qu'il pouvait enfin retourner en toute sécurité dans sa patrie, a 11 revint, suivant l'expression de Gaillard, se faire encore persécuter. »
' Buhle, Hist. de la phi!., sec section, ch. III lin. - Fralgius, Via de Ramus, p. *0.
Mesures prises contre Ramus en son absence. — Son rclour. — Ses dam Mires au cardinal de Lorraine. — Difficultés insurmontables qu'il rencontre. — TentatiTe de ses amis de lionéve, repoussée par Théodore de lieze. — [tamus obtient du roi et de la reine niera une retraite honorable. — Ses travaux et sn correspondance. — Ses éludes eu théologie, — Opinion sur la discipline et le gouvernement des Eglises réformées : approuvée par le synode provincial de l'ile-rie-t-'rance; le synoda national de Nîmes la condamna. — Ramus refuse d'accompagner en Pologne l'évoqua dp. Valence. — La Sainl-Barthelemj. — Mort do Ramus (SS août 1S7Ï).
En arrivant à Paris, Ramus dut trouver au collège de Presles une lettre de son aneien élève et ami Nancel, oui, instruit prématurément de son retour par le bruit public, lui avait écrit le i" août 1570 S pour le félieiter de ce qu'il revoyait enfin leur cher collège; et le disciple enthousiaste île Ram g a ajoutait : a Je félicite surfont l'académie île Paris du recouvrer son orateur, son philosophe, son ornement et sa gloire. » Nancel se trompait : l'université, exploitée par le lanatisme et par l'envie , repoussait plus que jamais celui qui, jusqu'à ce siècle,
• Nie. Nancelii Epistobc, Paris, Cl. Motel, 18»», ia-S', lettre u.