ÉLOGE LE BALE
laissé de cùté par ceux que ne gênait plus ie succès de sa vive el élégante parole. Il poursuivait en paix ses éludes au milieu d'un petit cercle d'amis, écrivant pour ses concitoyens, et regardant aussi parfois vers la postérité.
11 avait d'abord payé sa dette à la ville de Bàle, en célébrant toutes ses gloires dans un écrit qui parut à Berne en 1571, sous le titre de Basilea. Là, il passait en revue tous les personnages qui avaient illustré ou honoré cette ville dans les lettres et dans les sciences, depuis la grammaire jusqu'à la théologie ; et il s'exprimait à plusieurs reprises en protestant zélé. Il faisait remarquer, par exemple, que celte terre si fertile en talents de toutes sortes, n'avait cependant rien produit avant l'arrivée de l'Evangile, mais qu'avec la religion réformée on y avait vu aussitôt l'esprit et la science, l'érudition et le génie. Il citait avec éloge les réformateurs qui avaient vécu à Uàle, mais surtout ÛEcolampade, dont il louait à la fois le grand savoir et la singulière modéralion, el qui, disait-il, avait procuré aux Bàloi.t « la liberté chrétien ne. " butin, il ne pouvait célébrer assez la ville où Calvin, « celle lumière de la France ou plutôt de l'Eglise chrétienne universelle, •> avait écrit et achevé le divin ouvrage de l'Institution chrétienne.
Ramus ne manquait pas une occasion de témoigner sa reconnaissance pour « la douce, libérale et bienveillante hospitalité » qu'il avait rencontrée à Bàle, et il avait une correspondance suivie avec plusieurs de ceux qu'il y avait connus, par exemple Samuel Grynreus, Freigius et Zuinger'. Il n'écrivait jainais à ce dernier ssns le
' Voir les Collecta». prœFat., epist., etc. (1577), p. 252 suiv.,etp]us bas, III' partie, cl lap. Il, où l'on trouvera aussi une lettre a B. Àrétlua.deBerno.
VIE DE TIAMUS.
prier de le rappeler au souvenir de Pérésius et d'Amerbacli, de Félix Plater, de Boliinus, de Brandmiller et d'Hospinicn, « alors même, disait-il en plaisantant, qu'IIospinien serait devenu partisan de Sehegk, comme je me suis Tait naguère le défenseur d'Aristote contre Sehegk. » Bien entendu, il n'oubliait jamais son filleul Jacques Zuinger.
Il serait trop long d'énumérer ici tous ceux avec qui il échangeait des lettres. Presque toutes ces correspondances d'ailleurs ont péri ou sont ensevelies au fond de quelques bibliothèques. Les lettres que nous avons pu nous procurer nous le montrent toujours occupé à rendre quelque service, tantôt envoyant à Grynasus et à Slurm dos graines que lui avait données pour eux le savant N. Bassins, tantôt procurant à Arétius l'amitié de ce même Bassins, qui était médecin de la cour; tantôt s'efforçant d'acquérir pour son ami Zuinger un Hippocrate annoté par Goupyl et que détenait un autre médecin , peu curieux de céder ce trésor; tantôt enfin s'adressant à l'amiral de Coligny et à la reine de Navarre, pour faire obtenir à Sturin le remboursement des sommes considérables qu'il avait prêtées au feu prince de Condé et à sa famille pendant les guerres civiles '.
Tels étaient les soins auxquels Ramus consacrait une partie de ses loisirs ; mais ses deux occupations sérieuses étaient, d'une pari la rédaction des arts libéraux, cl de l'autre l'élude de la théologie. On a vu plus haut que, pendant suu voyage en Allemagne, il s'était adonné ;l celte science, qu'il avait commencé dès lors à écrire ses Commentaires sur lu religion chrétienne, et que, dans
' Voir notre 111' partie, ohap. II.