‹ Ramus Pierre de La RameeChapitre 62 sur 175 · ANTÉCÉDENTS DE J. CHARPENTIER · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS DE J. CHARPENTIER

niable , que Charpentier fut le meurtrier de celui dont il avait été l'adversaire.

Son adversaire! Tonte la vie de Charpentier est là : il ne fut rien que le violent et persévérant adversaire de Bamus.

Elevé dans la haine des nouveautés, il avait suivi au collège de Boncour les leçons de P. Galland, et peut-être était-il en 1544 au nombre des jeunes péri patéticiens qui jouèrent des pièces contre Ramus après sa condamnation par François 1"'; il avait alors 18 ou 19 ans. Il enseigna ensuite la philosophie d'Aristolc au collège de Boncour, puis au collège de Bourgogne, dont il devînt plus tard principal. En 1550, étant Agé au plus de 25 ans, il trouva moyen de se faire élire recteur, et l'on sait comment il usa de son pouvoir pour persécuter le principal du collège de Presles.

Peut-être jusque-là était-il poussé par d'autres; mais à partir de cette époque, il ne cesse d'écrire et de déblatérer contre Ramus. En 1552 et 1553, d'accord avec le fanatique Muret , il l'accuse , il le poursuit devant l'université, comme perturbateur des écoles. En 1555, il publie, sous le titre d'Animadversions , un pamphlet où l'odieux le dispute au ridicule. Ainsi, après s'être moqué longuement de la barbe de Ramus, sans doute alin qu'on remette en vigueur les règlements contre la barbe des principaux de collège *, il lui reproche sa prétendue

i Voir plus haut, chap. 0, p. 54, et chap. III, p. 11.

' u Deux fois, dit Nancel (p. 5S}, un arrùté rectoral obligea Ramus â ce raser, moins pour remettre en vigueur le règlement suranné, qui interdisait aux principaux déporter leur barbe, que pour donner satisfaction a ses envieux qui étaient charmés, comme ils s'en vantaient eux-mêmes, de dépouiller le paon de soa plumapj. *

VIE DE HAMUS

ingratitude à l'égard de son vieux prédécesseur Nicolas Lcsage. Sous prétexte de critiquer h nouvelle Dialeutique, il reprend, pour k raconter à sa guïse et eu y mêlant d'insignes faussetés, l'histoire du procès de 1543; il se plaint qu'on ait usé alors do tant d'indulgence envers le contradicteur d'Arislote : a A un homme si « havard (dit-il) et qui donnait des marques si évidentes a de folie, on aurait dû infliger un exil perpétuel, a Suivant lui , Humus est à la fois un sophiste et un sot , un impudent comédien, un acteur royal, un plagiaire et un ignorant, etc., etc. Même langage, mêmes violences, même luxe d'injures, de calomnies et d'insinuations perfides dans la Réponse à d'Ossat en 1561.

Uni intimement avec les futurs ligueurs L. Duret , Vigor, de Sainetes, G. Ruzé, Généhrard, etc., en un mot avec les ennemis de la liberté, en religion et en politique aussi bien qu'en philosophie, Charpentier dédiait. ses ouvrages aux membres les plus exaltés du parti catholique. En 1564 , on se le rappelle, il avait été du petit nombre des professeurs qui , trahissant leur corps et les intérêts de l'Etat, avaient servi contre l'université la cause des jésuites, et contre la royauté nationale l'ambition criminelle des princes lorrains.

Ayant gagné par ces moyens la faveur du cardinal de Lorraine et l'appui d'une faction puissante, il avait acheté (cela est authentique) une chaire au collège de France, quoiqu'il sût bien qu'il n'élait pas en état de la remplir ; mais il lui fallait, à tout prix, ce litre de professeur royal qu'il avait si longtemps envié à Itamus. Repoussé par ceux-là même dont il voulait devenir le collègue, bafoué en plein parlement el devant lr? prinei;>nti\ seigneurs île

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