LE BUDGET DE HAMUS
même dans son intérieur et dans les détails de sa vie journalière.
Bayle et l'abbé Jolj se sont beaucoup inquiétés de savoir quelles étaient les ressources de Hamus. Nancel avait répondu d'avance à toutes leurs questions de la manière la plus satisfaisante , en donnant le compte détaillé des revenus de noire philosophe , qu'il évalue en moyenne à 2,000 livres tournois par an 1 . J'estime que ces deux mille livres représentaient vingt mille francs de nos jours; aussi Hamus passait-il pour riche, et Rabelais remarque, dès 1 552 , qu'il « a des escus au soleil , je dy beaux et tresbu chants, a On en jugera mieux par le tableau de ses dépenses, tracé également par Nancel (p. 57, b8) : ii Ses dépenses, dit-il, étaient à peu près égales à son revenu. Outre sa nourriture, son entretien et l'administration du collège, il élevait à ses frais douze écoliers, tous pris dans le Soissonnais, et qui du reste lui servaient de lecteurs ou de copistes, et l'aidaient dans la mesure de leur
1 Vie de Ramus, p. 56, 57. Ànnom illi reditus omni ei parle circiter seicenloriim fliireomm, vsl bis milleuarum librarum fuit. Nam e stipendie* regirc prefessionis infra quingentas libres quotsnnis acdpiebat. E cubiculis collegii locandis et prefosurum audiloribus eiteris tanturodem forte corradebat (sed du m ipse demi k'geret cum Talœo, singiilis mensibus libraa circiler eentum eolligpbat). E gjmnasii reditibus annule , partim urbanis, partim prajdiis rusticie ac dominiis, circiler seicentas vd nongentas libras numerabat. Habuit praterea prioratum quemdam Rhedonensem in diuïcesi Cadorcensi, et paraciam Lutetiro D. Nicolai a carduoto : banc Talœo sacra capessenti legavit. Ex prioratu Bhedonens eentum coronalos vcl plures singulis annis capiebat. Nam abbaliam ai cardinale eue- oblatam, velut laborum el officiorum pramium, recusatit... Que porro tempère domasticos pucroe peusione numéral a alcbat, crediblla est ex eo certam pecuniaî eummara lucrari solilum, Sed postquam Tatoua abeodiscessit, hanr: piwinrinm a se rejecit et abdicavit, sludiorum quam rei familiaris procuianilar amantior. Accessit postoa fœnus e pocunia in Parisiansero merastorum teconoruiam trapeiatnïe coliata.
VIE DE RAJHJS.
ialelligeace et de leurs capacités naturelles... Il employa d'un seul coup toutes ses économies de plusieurs années à rebâtir sou clier collège de l'resles : il y consacra environ 2,000 écus d'or, disant à ses amis qu'il faisait comme Auguste, qui, ayant trouvé Home bâtie en pierres, avait laissé après lui une ville de marbre. » Il faut ajouter à ces dépenses celles de sa bibliothèque, composée de manuscrits et de livres rares, et qu'on n'estimait pas à moins de mille écus d'or.
Le collège de Preslcs ou de Soissons était situé au bas du mont Saint-Hilairc, près la place Maubert. Lorsque le collège de Laon en avait été séparé en 1223 , le collège de Presles fut réduit aux bâtiments qui donnaient sur la rue des Carmes d'un côlé , et de l'autre sur la rue Saint-Hilaire, et dont un habile antiquaire pourrait, je crois, retrouver encore les restes. Il était contigu au collège do Beauvais, qui plus tard lui Fut annexé pendant plus d'un siècle (de 1597 à 1699) pour l'exercice des classes. Sa grande prospérité date de l'année 1545 , où Ramus en prit la direction. En 1773, ce collège subsistait encore sous la direction d'un nommé Milet, qui en l'ut probablement le dernier principal.
C'est là que vivait liamus. Essayons, à l'aide de traits épars, mais que nous empruntons surlout à Nancel, de retracer une de ses laborieuses journées de professeur et de principal.
Tous les jours, Ramus était debout à cinq heures au plus lard ; en hiver, il était à l'ouvrage dès quatre heures du matin, Il prolongeait ordinairement son travail jusqu'à dix ou onze heures. En quittant son cabinet, il faisait deux ou trois fois , en se promenant , le tour de son