MATHÉMATIQUES
dcur, des lacunes, de mauvaises divisions, des questions oiseuses, de la puérilité, du pédantisme. Il est vrai d'ailleurs qu'il y a de tout cela dans Quinlilien, et c'est pour cela peut-être que les scholastiques en faisaient tant de cas, au point de le mettre au rang de Gicéron etd'Arislole.
Je ne parlerai pas ici de la dialectique de Ramus : elle mérite qu'on l'éludie à part.
Quoi qu'il fût le meilleur mathématicien de son temps en France, et qu'il eût fait des mathématiques une élude assez approfondie, ces sciences se sont tellement accrues et perfectionnées après lui, qu'on ne tient plus compte aujourd'hui de ses travaux en ce genre. Cependant, son nom ne saurait être omis dans l'histoire des mathématiques, et Montucla lui a donné une place insuffisante , quoique assez belle encore. Cet auteur n'a pas examiné de près les ouvrages des premiers mathématicien.» de la renaissance , et il paraît avoir ignoré ia forte et salutaire influence qu'exerça Ramus, à partir de l'année 1 555. Sans revenir sur la chaire qu'il fonda au collège royal , c'est lui qui le premier introduisit dans les collèges un cours de mathématiques; c'est à ses leçons que se formèrent les professeurs de mathématiques qui enseignèrent à Paris jusqu'à la (in du siècle ; c'est lui qui avait donné le goût de ces études au cardinal d'Ossat, au président de Thou et àheaucoup d'autres 1 . En 1625, son Arithmétique était encore estimée la meilleure qu'on eût en
" Cnvier, Hltt, de l'onlv, de Paris, 1. VI, p. 1% : n Les mathématiques, "ans ces temps-la, vouvoient se comparer presque a une espèce Je magie renfermée entre un 1res petit nombre rte personnes, et Humus est un de ceui qui ont !e plus contribué il les tirer île ce secret mystérieux,
DU KAMISMË.
France'. A la même époque, sa Géométrie et son Algèbre étaient réimprimât» et commentées en Hollande et en Allemagne. On admirait l'ordre et la clarté do ses démonstrations, tout en leur reprochant de sacriûer parfois la rigueur ù la simplicité; mais, en vérité, la géométrie, même de nos jours, n'abuse- 1 - elle pas des démonstrations? On lui savait gré surtout d'avoir, le premier, mis en forme de propositions et de théorèmes les problèmes d'Euclidc, ce qui était assurément d'un grand secours pour la mémoire et pour la clarté de l'enseignement*. Le catalogue de ses écrits fait assez voir quel fut son zèle pour des études qu'il n'avait enseignées qu'en renonçant à sa popularité comme professeur, pour lesquelles il fonda de ses deniers une chaire an collège de France, et qui enfin lui coulèrent la vie.
Je ne saurais dire quelle est la valeur du traité de Ramus De militia Ccesaris, comme ouvrage de tactique militaire; je vois cependant qu'on en fit grand cas pendant assez longtemps'.
Les écrits de Ramus sur l'optique et l'astronomie ayant été perdus, je ne puis que recueillir dans ses Scholx mathematicœ (1. II, p. 47) ce passage sur Copernic : « De nos jours Copernic , astronome qu'on ne doit pas seulement comparer aux anciens, mais admirer de tout point en astronomie, a renouvelé d'admirables hypothèses qui expliquent tout par le mouvement de la terre, et
' lï. Naude, Advis pour dresser une bibliothèque, chan, IV, p, 7S.
' J. H. Alstedius, Encydopœdia [IGiîl , in-P), t, 1, p. 79, 107, 110. Cf. Dechallos, Catalogue des mathématiciens illustres. On lii uans aloréri : » Manius étoil un très habile homme, hou dialecticien, grand ma- IMmaiiàen el de bonnes mœurs. »
> W\. tirés d'une grande MM., t. XLI, p. il.