DU HAM1SME
science et du progrès. On peut dira, à la décharge de Itamus, peut-cire mémo à sa gloire, qu'il n'a pas désespéré alors de l'esprit humain, et que s'il a mis tant de violence dans ses attaques, c'est qu'il s'agissait de renverser l'idole du moyen âge, et do guérir par là ce que tous les ramisles appellent d'un commun accord la maladie de la scholasti que (scholasticus morbus), c'est-à-dire une harbarie déplorable, une torpeur croissante et mortelle. On doit aussi, pour être juste, distinguer plus d'une phase dans celte polémique de trente-cinq ans : d'abord l'époque de la première jeunesse et de l'audace extrême, la thèse de 1537 et ces Animadversions de 1543, si remarquables par l'esprit, la verve et la passion, mais où Rnmus ne garde aucune mesure ; puis les Animadversions de lo48 et des années suivantes, où déjà il s'impose certaines règles tirées d'Aristole lui-même, et d'après lesquelles il essaye de le juger ; enfin les Svkolœ diaketicœ de 1569 , et la Défense d'Aristole contre J. Schcgk , où il montre infiniment plus de sens, de modération et de justice, où même il professe pour Aristote une vive admiration , et se donne , avec raison , pour meilleur péripatéticien que ses adversaires. Mais ce qu'il admire, ce sont quelques principes détachés du système, ce n'est pas le système lui-même. A aucune époque il n'abandonne ce double argument, qui, s'il était fondé, ruinerait à jamais l'autorité d'Aristole comme logicien : premièrement, que les écrits réunis sous le titre d'Organon ne sont pas authentiques, soit qu'ils aient été attribués à Arislote par quelque sophiste ennemi de la vérité et de la science, selon la thèse la plus ancienne de Ramus, soit qu'on y voie une sorte de bibliothèque des logiciens an-