LES DEVANCIERS SE HAMUS
a beaucoup surfait Je mérite, le scliolastiquc Louis Vives, critique honnête et assez judicieux, mais dont le langage timide et les allures circonspectes n'ont rien de commun avec notre philosophe. Cela n'empêche pas le P. Rapiil d'affirmer, dans ses Réflexions sur la philosophie (g XXV), que « Ramus ne copia Laurent Valla et Louis Vives, deux grands critiques des siècles précédents, que pour s'ériger en novateur; » et dans ses Réflexions sur la logique (§ VII), qu'il « ne réussit pas mieux dans le dessein qu'il forma de détruire le crédit d'Aristote sur les mémoires de Valla et de Vives. » Rapin lui-même ne fait ici que copier Keckermann , en l'exagérant.
Comme Ramus n'a point dissimulé les noms de ceux à qui il avait fait des emprunts, le plus sur est de s'en tenir à ce qu'il nous en apprend. Nous savons déjà qu'Aristote est son plus grand maître, alors même qu'il le combat. Il nous a raconté lui-même 1 tout ce qu'il doit à Socrate, à Platon et à Galien. Ajoutons-y Cïcéron et Quintilien pour la division de la logique, l'école stoïcienne pour certaines parties de sa terminologie, et nous aurons les sources principales où il a directement puisé ses idées et son langage ; car il méprisait trop le moyen àgo pour y chercher des lumières. Le seul scholastique dont il ait fait usage est Laurent Valla, qu'il cite assez souvent", mais pour des détails peu considérables : car sur les points essentiels, à part la libre critique d'Aristote, Ramus était en désaccord complet avec Valla, qui professait pour Quintilien une admiration outrée, et qui, suivant la remarque do Bayle, « se montra plus propre
i Voir plus haut, I™ partie, ob. I, p. 21 et >niv.
> Dialectique (ISSi), p. S9, 100; Collett. prœf., p. 174, etc.