UNIVERSITÉS ALLEMANDES
mas Freigins, Chiorns, Arclïus, Nunius et une foule d'autres ; et ce ne fut pas un engouement passager : car, vers 1705, Uaylc nous apprend que le ramisme fleurit encore eu Suisse, et « qu'à Berne et à Lausanne, on ne donne quelque chose de Clauberge et de Port-Royal que sous les auspices de Itamus. n
En Alsace, Jean Sturm usa de son influence pour répandre les vues de notre philosophe; et il fut secondé à Slrasbourg par le théologien calviniste Jean le Pêcheur, et à Saverne par Henri Schor, principal du collège qui venait d'être fondé dans cette ville.
Trois hommes contribuèrent puissamment avec Sturm à répandre le ramisme en Allemagne, savoir : Jean Thomas Freigins, qui l'enseigna d'ahord à Fribourg en Brisga, puis à Bàlc, et enfin dans l'académie d'Altorf, dont il fut nommé recteur en 1575; François Fabricius, recteur de l'académie de Dusseldorf; et David Chytrreus , recteur de l'académie de Rostoch. A l'école de ces maîtres zélés, se formèrent uns foule de disciples qui prirent ouvertement le nom de ramifies et se répandirent dans toute l'Allemagne. Les chaires de philosophie furent un instant presque toutes occupées par des partisans du ramisme , . au moins dans les universités protestantes, notamment à Altorf, à Corbach, à Dusseldorf, à Gœltingue, à Helmstadt, à Erfurt, à Leipzig, à Marbourg, à Hanovre, à Hambourg et à Lubeck, à Rostoch, à Dantzig, etc. Outre les philosophes, entre lesquels Gaspard Pfaffrad, Henning Rennemann, Jean Cramer et Fred. Beurhusius tiennent le premier rang, on vit des jurisconsultes et des théologiens professer ouvertement le ramisme, par exemple Matthieu Wesembeck, C. Bredeiode et Jean Gérard.
DU BAIIUHB.
Cependant le ramismo étanl suspect de favoriser le calvinisme, les luthériens exclusifs ne tardèrent pas à reprendre la dialectique de Philippe Mclanchthon, et l'Allemagne philosophique se trouva divisée en deux camps : celui des ramistes et celui des anti-ramistes ou philippines.
Les principaux adversaires du ramisme furent, à Tuhingue, le fougueux Jacques Schegk et Nicodème Frischlin; à Altorf, Philippe Scherbius; à Heidelberg, Zacharie Ursinus; à Holmstadt, Cornélius Martini; enfin Jacques Martini à Wittemberg, où la faculté des arts obtint en 1603, de la cour de Dresde, la proscription officielle du ramisme. La même mesure avait été appliquée à Leipzig, où l'on avait destitué le professeur d'Organon Jean Cramer.
Los ramistes, se voyant fermer les écoles et les universités de la Saxe, du Palatinat et de la Bavière, imaginèrent , pour déjouer les persécutions , de combiner leur dialectique avec celle de Mélanchthon, qui n'en était pas aussi éloignée qu'on aurait pu le croire. De cette espèce de fusion naquit une nouvelle secte, les mixte» ou pkilippo-ramëms , qui eut pour principaux représentants Paul Frisius, Buscher, Libavius, Rodolphe Goclenius et son disciple Othon Casmanu, Jean Henri Aistcdt, et l'estimable logicien de Dantzig, Barthélémy Keckermann.
Ce nouveau parti, comme il arrive toujours en pareille circonstance, fut assez mai vu des deux sectes qu'il entreprenait de concilier. Les nouveaux logiciens furent accusés de tymrédsme, les uns les appelant pseudoramistes ou déserteurs du ramisme, et les autres semiramistes eu adversaires déguisés d'Aristote. L.s péripa-