‹ Rancune [microforme]Chapitre 6 sur 20 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

IRENE, puis ADOLPHE.

LRÈNE, accourant.

Mais ! où se cache-t-il ce vilain colonel ? (Allan! vers la porte du jardin.) Ah ! je vous vois vous ga uver. méchant parrain ! (Elle fait, à la cañlonnade, un second salut, indifférent, destiné à Armand.) Bonjour, cousin.

ADOLPHE, l’embrassant.

Bonjour, bonjour, ma mignonne !

TRÈNE, joyeusement.

Bonjour. Mais pourquoi vous cacher comme cela ? Ma tante m’apprend tout à l'heure votre arrivée. Je m'’élance, j’accours, je vous cherche partout, fuyant météore, et je n'arrive toujours que pour vous voir disparaître. Comme Je suis contente de vous voir, mon vieil ami !.. On peut encore vous appeler ainsi ?

ADOLPHE

Oui, oui, toujours. (Lui tenant les deux mains et la considérant avec admiration.) Mais est-ce bien Loi Less Est-elle grande, et. changée !

TRÈNE.

Rien que ça ?

ADOLPHE,

Et coquette déjà, bon Dieu !

LE ne

IRÈNE

Voyons, d'où sortez-vous ? [il y a longtemps

qu'on vous aîtend ici.

D'où je sors ? Je ne sors pas du tout, je rentre,

Voilà quinze jours que je suis dehors.

IRÈNE

Ah oui, les manœuvres ; c’est du véritable héroïgme que de manœuvrer avec ce soleil de plomb sur lu tête. Je ne sais comment vous pouvez y résister. Tenez, moi, j'adore pourtant courir la cam-

pagne.….

ADOLPHE

Toute seule ?

IRÈNE

Comment toute seule ?... Ça dépend... enfin ce n'est pas la question. Je vous dis que dans mes courses de tous les jours, ma préoccupation constante est d'éviter le soleil.

ADOLPHE

Que] soleil ?

IRÉNE, après une pause, souriante.

Mon Dieu, le vrai, il n’y en a qu’un pour moi,

vous savez bien cela.

Ah! c'est la chose au monde dont je suis le

roine sûr | ÎRÈNE.

Duns tous les cas, je-ne-l’uime-pas, sous quelque

forme que vous puissiez le comprendre.

ADOLPHE

Ceia me paraît bien invraisemblable, encore une fois. Je suis même certain que. si tu avais la certitude qu’il t’aime, lui, à en être malheureux, à en perdre la tête !.…

[RÈNE.

Qui, le soleil ?

ADOLPHE, d’un air entendu.

Oui.

IRÈNE

Mon vieil ami, on voit que vous avez vécu en intimité avec ce dernier depuis quinze jours.

ADOLPHE

Impertinente !

-[RÈNE.

Vous êtes devenus si bons amis tous les deux que vous voilà pris d’une belie ardeur pour plaider sa cause !.. J’admire le zèle que vous mettez À me prouver qu’il m'est agréable.

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ADOLPHE, g'antimant.

Cest que réellement il est charmant ! Que je serais enchanté de te le voir apprécier. Je le connais celui-là et puis te répondre qu'il te rendrait heureuse !

[RÈNE.

Mais qui donc ?

ADOLPHE

Qui! Qui! Tu le sais bien, petite futée !

IRÈNE, se levant.

En vérité, mon vieil ami, vous avez aujourd’hui un air rusé que je ne vous ai jamais vu. Vous sentez le mystère d'une lieue. Avec cela, vous ramenez tout... si habilement au sujet qui vous obsède.….

ADOLPUE, de même.

S'il est quelqu'un de rusé ici, ce n’est pas ton humble serviteur, qui s’äperçoit bien, du reste, que tu te moques de lui... Qu'importe ? tu m’as compris ; je te laisse à tes réflexions. Je n’ajouterai qu'un mot: prends la peine de remarquer de quel tendre intérêt, de quelle dévotion tu es l’objet. Si alors ton bon petit cœur endurci ne se fond comme par enchantement…

IRÈNE

Mon cher Lirrain, je n’entends rien de rien à tous

ces rébus.

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ADOLPHE, Pauvre mignonne, tu es donc bien obtuse

[RÈNE.

Ou vous, bien obscur.

ADOLPHE

Suffit ! Au revoir, ma chérie, je monte chez ta tante.

[RÈNE Au revoir, parrain. Fausse sortie d’ Adolphe. ADOLPHE, sur le seuil de la porte.

Ah ça, Irène, si tu sors ce matin, méfie-toi du s0- Jeil! C'est un traître qui n'attend pas qu'on l’invite, qui se cache partout. II t’attendra à tous les détours de route et saura te trouver sous quelque ombrage que tu te réfugies.

TLÈNE, vivement.

S'il osait se permettre de m'imposer sa compagnie, je le recevrais comme on reçoit les importunes. ADOLPHE.

Je l'avertirai. Fausse sortie,

TRÈNE, contrarice.

Parrain !

ADOLPHE, revenant.

Eh bien !

LRÈNE, lc menaçant du doigt.

Ne dites rien !

DREAM ovni SR mme

|8 — ADOLPHHM, A\ qui donc ?

IRÈNE fait une mouce d'impatience.

Hum !... À qui vous voudrez !

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