‹ Raoul Desloges; ou, Un homme fort en thèmeChapitre 9 sur 20 · MAGUA · texte numérisé non relu

MAGUA

Quoi donc! un homme brun, un enfant des forêts, Delà fatigue ainsi peut redouter Texcès ! N*as-tu jamais porté la hache de la guerre? Sut les sables brûlans, d*une course légère, ' N*astu jamais laissé Tempreinte de tes pas ? L*esclavage a-t-il pu briser ainsi tes bras !

EMPSAEL.

Magua, c*estsur le cœur que pèse resclavage...

Zoraïde... Cinq fvisaparu la lumière Depuis que je n*ai vu Zoraïde et ma mère,

fl

0 1 si d'un seul regard, d'un regard de douleur, D*un seul regard d'amour elle échauflalt mou cœur ! Si sa main un instant frémissait dans la mienne, Si ma bouche un instant respirait son haleine !... Mon sang est tout glacé, mon courage est brisé, Et sous le poids des fers mon cœur est écrasé... Elle est venue ici I mou cœur est plus heureux. Ses pieds ont touché donc ce sol... là... dans ces lieux.... Et je ne sais quoi d'elle est resté sur la terre. Dans i*air que je respire...

BIAGCA.

Et cependant ton père Etait un grand guerrier; ensemble, aux premiers rangs, Nous ayons combattu dans des combats sanglans; Son aspect noble et fier répandait Tépourante. La mort suivait les coups de sa hache sanglante,

Et sur la même natte on nous a yus souvent, Au retour du combat, reposer un moment. Et le chei des guerriers, vaincu par Tesclavage, De vivre parmi nous n*a pas eu le courage.

Pour moi, vingt-cinq hivers de leurs sombres haleines

Oni refroidi le sang qui bovillait dans mes veines,

Et les fers sont moins lourds alors qu*on est moins fort.

Sans crainte, sans espoir, j'attends ici la mort ;

Mon tour viendra bientôt... Tous les ans le feuillage.

Jeune et vert quelque temps, nous donne un doux ombrage;

Mais quand la froide bise amène les hivers,

Il jaunit, roule au loin, vole jouet des airs...

Du courage! Empsaël.

BMPSABL.

Ah I si tu m'avais vu, Traverser les forêts, leur ombrage touffu, Et bravant le courroux des ondes mugissantes, Franchir de nos torrens les vagues écumantes. J'étais heureux alors et j'étais libre encor; Mon pied rasait le sol comme le vent du Nord...

i» RAOUL.

Aussi libre que lui, je foulais rtierbe épaisse,

Je marchais au hasard, selon que ma paresse,

Ou la chasse ou Tamour guidaient mes pas errans...

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