‹ Rapatriés, 1915-1918Chapitre 10 sur 30 · Itii/ifiurl.s ft. pr<jcè'<-vi'rljaicx, vol. Il, n · texte numérisé non relu

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déclaré que la mortalité y était effrayante : une vingtaine de jeunes enfants sont morts faute de médicaments. Une soixantaine de personnes de la Woëvre sont décédées... * »

« Dru, Louis âgé de 47 ans, cultivateur à Clamecy (Aisne) :

« Je jure de dire la vérité.

« Le 26 septembre, jour de l'occupation de Clamecy, j'ai été arrêté chez moi par les Allemands qui ne m'ont pas fait connaître le motif de mon arrestation et ne m'ont pas laissé le temps de prendre la moindre des choses. Ils m'ont emmené à Gassel, où l'on commençait à organiser un camp de concentration. Nous étions huit de ma commune. On nous a fait voyager dans des wagons à bestiaux et, pendant le trajet qui a duré quatre jours et demi, on ne nous a donné que quelques morceaux de pain et une fois du thé. Je suis resté quatre mois et demi au camp de Cassel. Pendant les deux premiers mois, nous avons été logés sous la tente et avons couché sur la paille avec une couverture ; tous les matins, nous nous réveillions trempés. Ensuite on nous a placés dans des baraquements en planches, couverts avec du papier goudronné. Là, nous avions chacun une paillasse et une couverture.

« La nourriture était infecte. Le matin, nous avions de la décoction d'orge grillée ou du café ; à midi, du riz, des carottes ou du rutabaga, mélangés à un peu de viande hachée et réduite à presque rien ; le soir, de la soupe très claire, dans laquelle se trouvait un peu de farine délayée, quelquefois un petit morceau de fromage. Le jour de l'an, on nous a

t. Rapporta et procès-verbaux^ vol. II, d' 20.

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donné des choux pourris. Après les avoir absorbés^ tous les prisonniers ont été souffrants comme moimôme. Nous nous sommes rendus à l'infirmerie, mais nous en avons été repoussés. Il fallait d'ailleurs être mourant pour qu'on y fût admis ; et quand on n'était pas reconnu malade à la visite médicale, on était privé de nourriture pendant deux jours.

« Nous recevions pour quatre une boule de pain noir, épais et collant comme du mastic; on ne pouvait le manger qu'après l'avoir fait griller.

« Il y avait au camp de Gassel de deux à trois mille prisonniers civils et un grand nombre de militaires russes ainsi que des soldats, français, belges et anglais. La mortalité était considérable, surtout pendant la période des tentes. Tout le monde toussait'. »

« L'an mil neuf cent quinze, le 20 février, à Bresson (Isère), etc..

« Kronenbitter (Elisabeth); femme Delhay, 24 ans, domiciliée à Schenern, près Thionville :

« Je jure de dire la vérité.

« Avant la guerre, je demeurais à Schenern, avec mon mari qui est citoyen français. Quand il a été mobilisé., je suis allée chez mes parents à Strasbourg. Le 24 décembre, j'ai été prévenue que je serais envoyée à l'intérieur de l'Allemagne et, le 28, j'ai été expédiée au camp de Donaueschingen (grandduché de Bade) avec mes trois enfants, dont l'alné va avoir quatre ans. Gomme je faisais observer aux Allemands que j'étais enceinte, ils m'ont répondu que, tant qu'on est sur ses pieds, on peut marcher.

« Au camp, nous avons été seuls, mes enfants et

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