‹ Rapatriés, 1915-1918Chapitre 11 sur 30 · liaiJpurLs et procès-cerbaux, vol. Il, u" 2a · texte numérisé non relu

liaiJpurLs et procès-cerbaux, vol. Il, u" 2a

54 KAPATIUÉS. — 1915-1918

moi, dans la môme baraque. Il y avait beaucoup de Belges et de Russes ; mais il n'y avait que deux Français. Tous ces prisonniers étaient des civils.

« La nourriture pouvait se manger, sauf quand c'était de la choucroute. Nous recevions, le matin et le soir, une sorte de café sans sucre ; à midi, des pois, des pommes déterre, du macaroni et quelquefois un peu de viande. J'avais heureusement quelque argent et j'ai pu nourrir mes enfants. Nous avons été malades tous quatre et vous constatez que mes enfants toussent beaucoup. Le médecin, un tout jeune homme, passait pour la forme et ne prescrivait aucun remède.

« Un jour, les Allemands ont dit qu'ils nous donneraient à tous des vêtements et du linge et ont demandé à chacun ce qu'il lui fallait, mais personne n'a rien reçu. Il paraît qu'on avait envoyé de France de l'argent pour soulager les prisonniers ^ »

« L'an mil neuf cent quinze, le 20 février à Goublevie (Isère), devant nous...

« Boucher (Pauline) femme Thirion, âgée de 50 ans domiciliée à Béney (Meuse).

« Je jure de dire la vérité.

« Au camp de Lindau, où j'étais internée pendant une dizaine de jours, j'ai été témoin du fait suivant :

« Ma compatriote, Mélanie Canton, veuve Minaux, est décédée trois jours avant notre départ, c'est-àdire le 20 janvier. Elle avait des titres d'une valeur de sept ou huit mille francs et neuf cents francs en numéraire. Quatre ou cinq jours avant sa mort, elle a remis son argent et ses valeurs a son neveu, Charles Canton, de Damptivoux. Les Allemands,

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