‹ Rapatriés, 1915-1918Chapitre 13 sur 30 · Déjà cité · texte numérisé non relu

Déjà cité

500 grammes alors que celle-ci est certainement inférieure. M. Ambuhl ajoute : « Une quantité de nourriture quotidienne, contenant moins de 2.000 calories, peut être taxée de nourriture frès insu/ f fisanté. »

Gomment s'étonner, après tant de précision dans les documents, devant une aussi écrasante évidence, que les malheureux internés qui revoient le sol de France se trouvent dans une condition physiologique déplorable? De mois en mois, leur organisme s'est épuisé dans les privations, à quoi s'est ajoutée l'épreuve morale la plus pénible. Une seule voix s'élève de tous les pays, alliés et neutres, pour crier contre un tel mépris du droit des gens.

« Le civil n'est pas un prisonnier de gii'&rre ». dit un document que publiait la presse suisse en 1917 :

« Nous reconnaissons volontiers que les belligérants ont apporté un réel soulagement aux misères des prisonniers de guerre avec une intelligente compréhension de leurs devoirs ; les autorités militaires ont répondu favorablement aux propositions de la Croix-Rouge, et, aujourd'hui, bon nombre de souffrances inutiles sont épargnées aux soldats.

« Des mesures humanitaires sont venues adoucir la captivité des militaires prisonniers.

« Au nom de cette même justice, nous faisons un appel pressant aux autorités des pays belligérants, afin de leur demander d'agir de même pour les internés civils.

« Nous pensons aux civils — la presque unanimité — qui sont les innocentes victimes du fléau de la guerre, aussi bien aux civils internés depuis le début des opérations, qu'à ceux qui sont isolée, opprimés, et mis au secret dans les pays envahis ; civils ma-

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lades, femmes, enfants, vieillards, à qui l'on ne permet point de rejoindre leurs familles en pays neutre. Notre profonde sympathie, notre affection fraternelle s'adressent surtout aux civils déportés comme du bétail humain, — ceux de Belgique, de la France envahie, de Serbie, de Roumanie, qui languissent ou meurent par milliers en Allemagne. Bulgarie, Turquie, jusqu'en Asie Mineure. Nous demandons à tous les belligérants, sans distinction, de répondre favorablement à notre appel, car nous prévoyons, avec angoisse, un hiver de guerre entraînant un cortège de misères, de privations et de représailles ; nous ne pouvons demeurer dans le silence.

« Au nom de la justice, de l'humanité, nous demandons que l'admirable effort accompli par la Croix-Rouge internationale, pour améliorer le sort des civils, soit soutenu par l'opinion universelle.

« Nous savons combien M. Gustave Ador a pris à cœur cette question, nous connaissons le zèle infatigable de M. le D-- Perrière, qui a été l'organisateur du département des civils au Comité de la Croix- Rouge internationale et qui l'a dirigé depuis trois ans ; nous n'ignorons pas non plus le dévouement de tous ceux qui se sont associés à cette œuvre d'assistance fraternelle aux victimes innocentes de la guerre.

« Le civil doit entrer en première ligne dans les préoccupations des Gouvernements qui veulent remplir noblement leur devoir. Nombreux sont les internés civils qui souffrent depuis le début de la guerre, de l'isolement déprimant des camps de concentration : nous attendons de l'Europe un geste humanitaire qui lui sera bienfaisant et qui ne peut

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être en rien désavantageux pour la cause de l'un ou l'autre des pays belligérants. Le civil n'a point participé à la guerre et, le plus souvent, il ne l'a pas voulue. On ne doit donc pas le traiter en prisonnier de guerre.

« États en guerre, rendez-vous mutuellement vos internés civils, ils ne vous appartiennent pas, ils appartiennent à leurs familles, qui les réclament ; ce sont d'innocentes victimes du sort, ils furent arrêtés uniquement parce qu'ils étaient étrangers.

« L'échange doit être fait naturellement dans certaines conditions qu'il conviendra de déterminer. L'Etat doit donner la garantie qu'il n'emploiera pas les civils libérés à la guerre, ainsi qu'il est spécifié pour les prisonniers militaires qui rentrent dans leur patrie ou vont en pays neutre ; mais, ces conditions posées, aucun belligérant ne doit se refuser à libérer les populations injustement captives.

« Rendez les civils, vous répondrez à un cri de détresse de la conscience universelle.

« On ne doit pas « séquestrer » un civil, et personne ne flétrira assez cette iniquité, indigne d'Etats qui se disent civilisés.

« Séquestrer les biens est indiscutable, mais se venger sur l'innocente victime du sort, qu'un hasard malheureux a faite prisonnière, est inadmissible. Au nom de toutes les nations et de tous les foyers, nous réclamons la libération des civils, et nous nous plaisons à croire que cet appel sera entendu, car cet acte ne peut nuire à aucun pays et leur est utile à tous. Il fera honneur à ceux qui l'accompliront, et l'Europe entière leur en saura gré. C'est pourquoi nous avons tenu à faire entendre notre

GhAPT/VL

L'heure de /a soupe dans i ( D'après une oau- forte d'une série de sot

Pl. V

de concentration allemand.

caplivilO, écjilf's par M. (laudiiis Denis.)

faible voix dans le chœur des hommes de bonne volonté.

Arcos, publiciste ; Ch. Bernard ; Ph. Dlxant, avocat à Genève ; D-" A. Forel, professeur. Université de Zurich ; Paul Mgriaud, professeur, Université de Genève; A. de MoRsiER ; Ed. Secrétan, conseiller national ; P. Seippel, professeur, Polytechnique de Zurich ; Benjamin Vallotton ; G . Wa- GNiÈRES, directeur du Journal de Genève.))

Ce document déjà ancien, n'a rien perdu de son intérêt, pas plus que la lettre ci-jointe, que le Ministère des Aftaires étrangères adressait, le 12 février ion, à M. Lecointe, député, et qui a paru le 12juillet 1917 dans le journal Le Progrès de la Somme :

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