‹ Rapatriés, 1915-1918Chapitre 6 sur 30 · Loc. rit · texte numérisé non relu

Loc. rit

... « Ce n'a pas été la moindre de nos peines morales que d'entendre le cri de la faim inapaisée qui, à chaque moment de la journée, retentissait à nos oreilles, que de voir des malades incapables de reprendre leurs forces, des blessés traînant pendant des mois des plaies insignifiantes, faute d'une alimentation suffisante. En plein hiver, des hommes, jeunes et vieux, civils ou militaires, ont attendu des heures à la porte des médecins, sous la pluie et la neige, dans l'espoir jamais déçu, qu ils pourraient recevoir la desserte de notre table \ »

a Le développement effrayant de la tuberculose dans les camps allemands n'est pas contesté. Il est constaté notamment, à Amberg, Friedrichsfeld, Kœnigsberg, Parchim, Salzwedel, Zossen, Wunddorf. La seule question qui se pose concerne les causes du mal. Si l'on en croyait les autorités allemandes, la responsabilité en doit être rejelée sur le tempérament de la race française, prédisposée à la tuberculose...

... Dans une note du 9 janvier 4915, ayant pour objet de répondre aux critiques qu'avait soulevées la mortalité élevée du camp de Zossen -Wunddorf, le gouvernement allemand mentionnait la tuberculose « si répandue en France ». Dans ses observations présentées le 2o janvier 191o, en réponse à la note allemande, le Service de Santé français mit le doigt sur la plaie, en même temps qu'il signalait le remède. « En ce qui concerne les prisonniers civils, il ressort surtout de la note allemande qu'on a emmené en captivité beaucoup de pauvres gens, insuf-

1. Dr de Christmas. Le traitement des jrrisonniers français en Alleynagne.

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fisammcnt vûtus, donc fort dénués de lout, voire en mauvaise santé, sinon malades. Il serait fort éton. nant que la tuberculose ne se montrât pas chez ces personnes moralement déprimées par les mesures violentes dont elles ont été l'objet, et d'ailleurs placées dans des conditions matérielles très défectueuses, soit au point de vue du logement, soit au point de vue alimentation *. »

« A Darmstadt, il résulte d'un témoignage récent que la situation des jeunes prisonniers civils est effroyable. Les quatre cinquièmes de ces jeunes gens de dix-sept ix vingt-quatre ans sont minés par la phtisie. La nourriture débilitante qui est servie aux prisonniers, l'impossibilité pour ces jeunes gens de recevoir des colis en nombre suffisant, attendu que la plupart ayant leurs parents en pays occupé ne reçoivent presque rien, sont la cause de cette situation *. »

M. Eugster, conseiller national suisse, chargé de visiter au nom de la Croix-Rouge internationale les camps de prisonniers français en Allemagne, donne du camp de Holzminden la description suivante :. (janvier 1915).

« Situé sur un plateau élevé, exposé au soleil, ouvert seulement en décembre 1914 , prévu pour 10.000 prisonniers, camp de baraques occupé actuellement par 4.000 civils français. Ce camp est destiné exclusivement aux prisonniers civils. Toutes les situations sociales sont ici représentées : le marquis,

1, Chrislmas. up. cil.

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