SOIR
Dimanclie.
Café (eau
Soupe aux choux
Soupe de son.
teintée).
rouges.
Lundi. . .
Café.
Soupe de morue.
Soupe de pommes de terre.
Jlardi. . .
Thé.
Soupe d'orge.
Soupe de son.
Mercredi .
Café.
Soupe de fèves.
Un hareng cru salé pommes de terre
Jeudi. . .
Thé.
Soupe de maïs.
Soupe de carottes
Vendredi .
Café.
Soupe aux choux
Fromage et pom-
avec 20 gr, de
mes de terre.
mouton.
Samedi . .
Cacao.
Soupe aux lé-
Soupe d'orge aux
gumes.
pruneaux.
« Et ainsi pendant dix semaines les repas se sont succédés sans une once de graisse. Le fromage était pourri, les légumes gâtés. Pour les favorisés, la cantine vendait des petites portions, très petites, à 1,25. Mais combien peuvent s'en procurer! Les mères partagent le litre de lait qu'elles touchent pour les petits enfants de moins de cinq ans...
« Et puis c'est la nuit. Chacun s'étend sur sa paillasse si mince que les .dos sont courbaturés et se pelotonnent dans une mince couverture. Et la pluie peut faire rage, le vent s'engouffrer dans les planches disjointes, les mères serrent leurs enfants bien fort contre elles et chacun cherche dans un sommeil bienfaisant Toubli de tant de misères...
«... Le dimanche, on vient regarder avec curiosité les baraquements, avec joie on voit nos petits
Français, nos vieillards, humiliés, courber le front sous l'aiïreux joug. Pas de vêtements aux femmes, rien ! Et ruinées en s'enfuyant, poussées par les soldats brutes, elles manquent de tout. Elles lavent l'unique chemise et restent ce jour-là vêtues de leur unique robe... »
191G : « Ilolzminden. Comme nous l'avons annoncé, les nouveaux otages de la région du Nord déportés à Holzminden, y sont arrivés dans la nuit du 2 au 3 novembre. Ils ont dû parcourir en pleine nuit, trois kilomètres sur une route boueuse : faute d'éclairage, trois dames sont tombées. Les dames ont été placées dans la baraque où se trouvaient déjà 58 femmes déportées. Les hommes sont répartis dans d'autres baraques. Parmi les dames de Lille, Roubaix et Valenciennes, déportées, se trouvent les Dames de la Croix-Rouge. Il semble que leur titre eût dû les protéger contre la déportation \ »
Ces otages furent gardés au camp jusqu'à mai 1917... Ils ne rentrèrent en France qu'après un long et pénible voyage.
Un rapport du 16 décembre 1916, reçu à la Fédération des Prisonniers de guerre à Paris, le 16 février 1017, accuse au camp de Holzminden, 3. .545 prisonniers français, dont 34 femmes et enfants, et 1.554 Belges, tous civils. Des envois de pain sont faits à tous. Le 13 avril 1917, le rapport du camp déclare qu'il s'y trouve 150 « nécessiteux absolus ». Quelle misère dans ces mots, par comparaison avec les nécessiteux « relatifs »... Le 3 décembre 1917, on demande des secours pour quelques femmes, dont l'une « est déjà dun grand âge ».