‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni Santi (volume 2)Chapitre 15 sur 73 · Voy. Rosini, Sloria, etc. Planche mix · texte numérisé non relu

Voy. Rosini, Sloria, etc. Planche mix

RENSEIGrSKMENïS SUR LES PEINTRES. 395

des deux côtés le tableau du milieu, sont divisés en cinq petits compartiments, avec une Annonciation dans la partie supérieure et des saints debout dans les autres. Au-dessous du tableau principal, il y a encore un Christ en croix, avec la Vierge et saint Jean, et quatre petits tableaux sur le gradin, qui représentent : le Christ sur le mont des Oliviers, la Flagellation, les trois Saintes Femmes au tombeau, et l'Apparition du Christ à la Madeleine.

Un autre beau tableau de Pietro délia Francesca existe encore à l'Académie de Pérouse, mais il a malheureusement beaucoup souffert. La Vierge, avec l'enfant Jésus, est assise sur un trône : à droite, saint François et sainte Elisabeth; à gauche, saint Jean- Baptiste et saint Antoine. Le fond d'or de ce tableau est ornementé comme une tapisserie. L'Annonciation est représentée dans le haut.

Dans tous ces ouvrages , on reconnaît que Pietro délia Francesca étudia le Masaccio : non-seulement il éclaire comme lui ses compositions, mais encore il imite le ton brun lumineux dans les ombres des chairs et les retlets blanchâtres qu'affectionnait ce maître. Les têtes de Pietro ont toutes quelque chose de remarquable, quoique ce ne soit pas précisément de la beauté. Il traitait singulièrement les cheveux , surtout dans ses peintures à la détrempe, où ils ne forment pas de masses et entourent le visage comme de longs flocons de laine en désordre. Les proportions de ses figures sont généralement courtes et fortes dans les attaches, principalement aux chevilles des pieds qui quelquefois semblent enflées. Le jet de ses draperies, qui est grandiose, a pourtant quelque chose de bouffant, quoique les plis soient brisés et anguleux. Sa couleur est puissante, mais, en somme, plus modérée que celle de la plupart de ses contemporains. Pietro délia Francesca avait des connaissances distinguées en perspective ; il en fît un traité, ainsi que de la géométrie, traité qiîi était en la possession des ducs d'Urbin, comme le rapporte son élève Luca Pacciolo dans la Summa de aritmetica, georneùHca, proportionalità, etc., imprimée en 1523. La dédicace de cet ouvrage, adressée au duc Guidubaldo d'Urbin, sous la date de 1494, con-

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tient ce passage : « La perspectiva, seben si guarda, seiizaclubbio nulia sarebbe, se questa (la geometria) non si accomodasse. Corne al pieno dimostra il monarca alli tempi nostri de la pictura Pietro di Franceschi nostro terraneo , l'assiduo de la excellenza V. D. casa familiare, per un suo compendioso trattato de VAiie pictoria, e de la lineare forza in perspectiva composo. È al présente in vostra degnissima biblioteca , appresso l'altra innumerabile moltitudine de volumi in ogni facoltà electi, non immeritamente si ritrova. » — Vasari avait vu encore la plupart des ouvrages de Pietro délia Francesca dans la bibliothèque du duc d'Urbin. D'après Misson, Voyage d'Italie, t. III, p. 187, une partie de ces manuscrits aurait passé dans la bibliothèque du Vatican ; une autre dans celle de la Sapienza, à Rome, et le reste aurait été anéanti par Cesare Borgia. On avait assuré que quelques-uns des traités de Pietro étaient entre les mains de M. Giuseppe Marin! Franceschi, à Borgo di San Sepolcro; il résulte des informations que nous avons prises sur les lieux, qu'il n'y a rien de vrai dans cette assertion. Après les détails dans lesquels nous sommes entré au sujet des œuvres de Pietro délia Francesca, nous croyons pouvoir nous dispenser de réfuter l'opinion de M. von Rumohr, qui prétend, dans ses Italienischen Forschungen, vol. III, p. 39, que ce peintre est un maître très-médiocre. Rappelons seulement ici les fresques qu'il a peintes dans l'église de S. Francesco à Arezzo; celle qui représente le Songe de Constantin le Grand est composée d'une manière si magistrale, qu'une esquisse pour ce tableau , laquelle se trouvait dans la collection de Sir Thomas Lawrence, fut pubhée par Ottley, dans son recueil de fac-similé d'après les maîtres italiens, comme étant une composition du Giorgione. Rappelons enfin que de l'école de Pietro délia Francesca sont sortis deux des peintres les plus distingués de leur temps : Luca SignorelH et Melozzo da Forli. Pietro délia Francesca vivait encore en 1494, quoiqu'on ait voulu rapporter sa mort à l'année 1484; c'est là un fait prouvé par le passage que nous avons extrait du livre de fra Luca Pacciolo , qui parlait de lui, en 1494, comme d'un peintre vivant.

XI. Bartolomeo Corradini, Dominicain, nommé aussi fra Carnevnlc ,'\\^\\î dt^ S. Cassiano di Cavallino. Il vécut longtemps à Uibin, et peignit, en 1472, le tableau du maître-a'utel pour l'église S. Bernardino de cette ville. Cette Vierge avec l'enfant Jésus n'était pas , comme le P. Tomasso le supposait sans raisons valables, le portrait de la duchesse Battista d'Urbin, avec son fils Guidubaldo. Cependant c'est bien l'époux de cette duchesse, Federico da Montefeltro, que nous voyons agenouillé devant la Vierge '. Sous la domination française, ce tableau fut envoyé à Milan pour la galerie de la Brera.

Pungileoni cite encore (p. 54) un tableau de Bernardino Corradini, qui était autrefois à S. Maria délia Bella, mais il ne le décrit pas. Il nous apprend ensuite que Bartolomeo travaillait déjà à Urbin en 1456; qu'il est encore nommé dans le livre G de la confrérie en 1484, mais qu'il ne vivait plus certainement en 1488, puisque cette année-là un certain Baldassare lui avait déjà succédé dans ses fonctions d'archiprêtre.

Nous devons encore rappeler ici que Lomazzo, dans son Trattato delln, pittura (p. 407), compte Carnevale parmi les artistes qui ont supérieurement dessiné l'architecture, comme en fait foi d'ailleurs le tableau qui est encore dans la galerie dé la Brera.

XII. Melozzo da FoRLi. — Nous n'avons rien de plus à dire de lui que ce qu'en ont déjà dit Vasari, Scanelli et MorelU. Seulement nous insisterons sur ce point, que, dans le Aficrocosmo délia pittura de Scanelli , Melozzo da Forli est nommé conjointement avec le Mantegna, et que fra Luca Pacciolo, dans sa Divina Proportione, dit positivement que le Mantegna avait été le maître de Melozzo.

XIII. Margus Melozzo da Forli. — L'inscription d'un tableau d'autel dans l'église des Franciscains à Matelica, près Fabriano, nous constate l'existence d'un peintre de ce nom. Ce tableau représente la Vierge assise sur un trône et tenant sur les genoux l'enfant Jésus dans l'attitude de la bénédiction; à droite, saint

\ . La gravure de ce tableau a été publiée par Rosiui dans la Sloria dctla pittura Ual'ana, pi. xciii.

François, et sainte Catherine d'Alexandrip, à gçauchî, avec un paysage au fond. Dans la partie cintrée qui surmionte ce tableau, on voit la Vierge tenant le Christ mort sur ses gencux; auprès d'elle, deux femmes , l'apôtre saint Jean et saint Louis , évêque. La Cène est représentée dans le gradin, avec quelques sujets tirés de la vie des deux saints qui figurent dans h principal tableau. Voici l'inscription : « Marchus de Melotius foroliviensis faciebat. Al temp. de frate Zorgo Guardiano del m:cccci. n En général, on ne saurait méconnaître, dans ce bon ouvrage, l'influence de Giovanni Bellini tant pour le jet des drjperies que pour le coloris, qui n'a pourtant ni l'éclat ni la vivacité du coloris de ce grand maître vénitien. Le caractère de cette peinture est sérieux et original, mais il manque de grandeur..

Marcus Melozzo est apparemment le même que Gisare Cittadella, dans son Catalogue des peintres et des sciilptears de Ferrare, nomme Marco Ambrogiodetto Melozzo, et qu'il ccnfond avec le premier Melozzo.

XIV. LucA SiGNORELLi de Cortona. — Le Giornale Arcadico de 1823, n° xvm, a publié un payement fait à ce maître, en 1484, pour un parère donné à Gubbio, relativement au plan d'une église, qui devait être érigée à Cortona et dont Francesco di Giorgio avait fourni les dessins. Dix ans plus tard, nous le rencontrons à Urbin, occupé à peindre deux petits tableaux de bannière pour l'église S. Spirito : <>es tableaux, qui représentent le Crucifiement et la Descente du Saint-Esprit, existent encore. Le document qui s'y rapporte se trouve parmi les actes du notaire Simone Vanni, à la date de juin 1494 (f° 62), et il a été publié par Pungileoni dans son Elogio storico di Giovanni Santi (p. 77). Les sujets à peindre lui avaient été exactement indiqués. La toile devait être fournie par la confrérie, et le prix da travail de l'artiste était fixé à 20 florins de 40 bolognini; enfin un délai de trois mois fut accordé au peintre pour l'achèvement de son ouvrage.

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