VT. VIDEANT. POSTERI. GRIS. DECVS
AC VENVSTATEM
CVIVS. GRATiAS. MENTEMQVE. C^LESTEM
IN. PICTVRIS. ADMIRÀNTYR
RAPHAELIS. SANCTII. VRBINAT. PICTORVM. PRINCIPIS
IN. TVMVLO. SPIRANTEM. EX. MARMORE
VVLTVM CAROLVS. MARATTVS. TAM. EXIMII. VIRI
MEMORIAM. VENERATVS
^ AD. PERPETVVM. VIRTVTIS. EXEMPLAR
ET. INCITAMENTVM
P. AN. MDCLXXIV.
1. Le buste de Raphaël a été enlevé en 1820, ainsi que celui d'Annibale Carracci et beau-
Les restes mortels de Raphaël étaient demeurés plus de trois siècles dans la sépulture- qu'il avait désignée lui-même , quand s'éleva tout à coup un grand débat entre les antiquaires de Rome, non-seulement au sujet d'une tête de mort que l'on conservait précieusement dans une boîte en verre, à l'Académie de Saint- Luc, et qui passait pour être celle du grand artiste, sans qu'on eût jamais fait mention de l'ouverture du tombeau de Raphaël •^, mais encore concernant l'église dans laquelle le grand peintre d'Urbin aurait été inhumé. Débat vraiment étrange, car, en présence de l'épitaphe même du tombeau, la lettre de Marc Antonio Michiel, et l'ouvrage de Vasari, qui parle de ce tombeau dans les Vies de Raphaël, de Lorenzetto et de Taddeo Zuccaro, étaient bien faits pour que le doute ne fût pas même permis. Néanmoins ces discussions très-vives et très-prolongées engagèrent le sculpteur cavalière Fabris, régent de la congregazione dei Yirtuosi, à demander au gouvernement la permission d'ouvrir le tombeau de Raphaël au Panthéon, ou, pour mieux dire, d'y chercher ce tombeau. Car, quoique le lieu de la sépulture soit très-clairement désigné dans l'épitaphe et dans la lettre de Marc Antonio Michiel, il semble toutefois qu'on se soit surtout préoccupé du témoignage de Vasari qui, en effet, dans la Vie de Raphaël, ne s'exprime pas à cet égard avec toute la clarté désirable. Rref, sur la demande du cavalière Fabris, en date du 7 juin 1833, la permission tant désirée fut accordée ; on commença, le 9 septembre, à midi, les recherches pour découvrir le tombeau de Raphaël ; mais , chose assez surprenante, jusqu'au 12 septembre, on ne fouilla que sous les dalles de marbre autour de l'autel, et naturellement sans aucun résultat; mais, dès qu'on se fut décidé à enlever l'autel, on trouva tout de suite une voûte de briques, de construction moderne, fermée d'un mur, et l'on reconnut aussitôt le tombeau de
coup d'autres qu'Antoine Caaova avait placés au Panthéon en Thonneur des grands artistes, et tous ces bustes ont été transportés au musée du Capitole.
1. ÎDI. Misserini et Girolamo Gigli ont bien prétendu qu'on avait ouvert anciennement le tombeau ; mais ces assertions , qui ne reposaient sur aucun document écrit , furent dès lors considérées comme des fables inventées à plaisir.
Raphaël. Le 14 du même mois, en présence du cardinal Zurla et de différentes commissions de notaires et de médecins, on continua les fouilles. Comme nous avons sur cet événement une relation circonstanciée du plus haut intérêt, écrite par un grand artiste allemand contemporain, qui s'est toujours inspiré des œuvres du peintre d'Urbin, en un mot, par Friedrich Overbeck, de Liibeck, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici . cette relation en l'abrégeant quelquefois :
A Philipp Veit , Directeur de l'Institut des Beaux-Arts de Staedel, à Francfort-sur-Mein.
Rome, le 18 septembre 1833.
« Ce qui a eu lieu ici ces jours derniers, ce qui préoccupe encore en ce moment tous ceux qui aiment les arts ou les cultivent, ce dont j'ai été le témoin oculaire et ce qui m'a touché jusqu'au fond de l'âme, ne t'intéressera pas moins vivement, et comme la nouvelle de ce grand événement va se répandre sans doute, et qu'elle pourrait t'arriver toute défigurée, je crois de mon devoir de te raconter moi-même ce que mes yeux ont vu ; je pourrais presque ajouter ce que mes mains ont touché.
« Sache donc, très- cher ami, que j'ai plongé mes regards dans le cercueil de Raphaël et que je l'ai vu lui-même, le cher et incomparable maître ; mon âme est encore tellement accablée d'émotion, que c'est presque un besoin pour moi de te faire partager cette émotion. Certainement, en lisant ces lignes, tu ne seras pas peu étonné, et tu me rendras grâce, si je te transmets quelque chose de précis sur les circonstances de ce fait mémorable.
« Tu sais peut-être que depuis le milieu du seizième siècle il existe à Rome une congrégation d'artistes, sous la dénomination de : congregazione dei Virtuosi (di S. Giuseppe di Terra Santa) del Panthéon; elle possède la chapelle de Saint-Joseph au Panthéon, au-dessus de laquelle est un oratoire, où l'on arrive par un petit escalier situé sous le portique, à gauche de l'entrée; c'est dans cet oratoire que cette congrégation se réunit une fois tous les mois pour le soin de ses affaires. Dans ces réunions, il était déjà
question depuis plusieurs années des moyens qu'il faudrait employer pour terminer le débat relatif au tombeau de Raphaël ; car quelques-uns (et notamment l'avocat Carlo Fea), en contradiction avec les témoignages les plus incontestables , disaient que ce tombeau devait se trouver dans l'église S. Maria sopra Minerva, attendu que les gens d'Urbin, résidant à Rome, avaient déjà, du temps de Raphaël, une chapelle sépulcrale dans cette église. Je ne parlerai pas du sentiment de surprise et de tristesse qui m'a saisi, aussi bien que tant d'autres, lorsque la nouvelle se répandit à Rome que le régent actuel de la congrégation, le sculpteur Fabris, que tu connais, avait su obtenir l'autorisation de faire faire des fouilles dans la Rotonda ; ce sentiment pénible fit bientôt place à d'autres sentiments bien plus puissants et d'une nature bien différente. Les chanoines de la Rotonda avaient consenti aux fouilles, et, après avoir obtenu l'autorisation du vicaire et du cardinal titulaires, on se mit à l'œuvre. Mais, comme tu te le rappelleras, l'Académie de Saint-Luc possède un crâne qui passe, depuis je ne sais quelle époque, pour être celui de Raphaël ; le président actuel de l'Académie, l'architecte Salvi, crut devoir demander la permission d'assister aux fouilles avec une députation académique, ce qu'on ne lui refusa pas, et, grâce à cette circonstance, j'ai eu le bonheur de faire partie de la députation, comme membre de l'Académie de Saint-Luc. Mais, en même temps, on nous adjoignit d'autres députations de l'Académie archéologique et de la commissione délie Belle Arti, ainsi que des professeurs de chirurgie et de chimie, et toutes les fouilles furent exécutées en présence de plusieurs notaires et sous les yeux mêmes du cardinal vicaire, du governatore et du maggiordome ; si je rappelle toutes ces particularités avec une si minutieuse exactitude, c'est afin qu'il ne puisse pas s'élever le moindre doute dans ton esprit sur le soin extrême avec lequel on a procédé à la recherche du tombeau de Raphaël.
(( Je ne te rapporterai pas néanmoins, tous les incidents des fouilles; je ne te peindrai pas non plus comment notre espérance allait tantôt s'augmentant et tantôt diminuant; enfin, le 14 sep-
tembre de cette année, jour de l'Élévation de la croix, à midi précis, on trouva une sépulture de tout point analogue à ce que Vasari en rapporte dans la Yie de Raphaël, c'est-à-dire un cercueil complètement enveloppé de maçonnerie, et qui, malgré son état de destruction presque complète, contenait cependant un squelette assez bien conservé. C'étaient là les précieux restes que nous cberchions. Aussi toutes les personnes présentes, sans exception, furent-elles convaincues bientôt, même en l'absence de toute preuve matérielle d'identité, que cette sépulture était bien celle de Raphaël, en raison de la place qu'elle occupait et qui ne pouvait appartenir qu'à elle seule.
« Tu ressentiras infailliblement en lisant ces lignes la pieuse émotion dont nous fûmes tous pénétrés lorsque les ossements du cher maître étaient là découverts devant nous !
« Tu peux aussi, Vasari à la main, après avoir lu le passage où il est question de ce tombeau, te rappeler la Vierge en marbre de Lorenzetto, placée sur l'autel à gauche de l'entrée, mais imagine-toi cet autel enlevé : c'est justement aux pieds de la statue de la Vierge, sous une voûte basse construite exprès, à deux palmes (environ 16 pouces 7 lignes) au-dessus du sol de l'église, que reposent les restes de Raphaël. Vasari a donc eu raison de dire que la statue de la Vierge lui sert de tombeau, et c'est là un tombeau que l'on aurait de la peine à imaginer plus grandiose.
« Puisse un événement qui, certes, est intéressant pour l'histoire des arts, avoir des conséquences notables pour notre époque et pour l'avenir ! Puissent, en souvenir du très-venéré maître, beaucoup d'artistes se rendre dignes d'hériter de son génie qui, par malheur, hélas! est enfoui bien plus profondément que ses os.
« Il est question d'une cérémonie solennelle, mais qui probablement sera retardée jusqu'à ce que laRotonda n'ait plus à craindre les inondations du Tibre. Ce qu'on fera encore en l'honneur de Raphaël, je l'ignore jusqu'à présent, mais il est probable qu'après quelques jours qui seront accordés à l'impatiente curiosité du public, les précieux ossements seront enfermés dans un
sarcophage de marbre antique que le maggiordome a déjà offert, et qui serait placé et enrauré au même endroit. Quant au prétendu crâne de Raphaël que possède l'Académie de Saint-Luc, des documents certains, qui viennent d'être retrouvés, prouvent que c'était seulement le crâne du fondateur de la congrégation dei Virtuosi (existant depuis 1539), lequel était chanoine de la Rotonda et se nommait D. Desiderio d'Adjutorio. Espérons qu'au lieu de ce crâne apocryphe, qu'on ne présentera plus à la vénération des artistes, nous aurons bientôt un bon moulage de la véritable tête de Raphaël. Cette tête, comme je vous l'ai dit, est bien conservée et possède encore toutes ses dents. »
Le cercueil de bois de pin, dans lequel le corps de Raphaël avait été déposé, était recouvert d'un fort crépi de chaux et de travertin pilé où se voyaient parfaitement empreintes les veines du bois. Cette enveloppe de maçonnerie offrait des ornements légèrement peints en noir et en rouge. Le vêtement avec lequel le cadavre avait été enseveli devait être attaché par beaucoup de petites boucles et d'épingles en métal. Le cav. Fabris en conserva quelques-unes ; les autres furent réintégrées avec les ossements dans un nouveau cercueil. Le squelette avait en longueur sept palmes et demie, mesure romaine, et presque cinq pieds deux pouces de l'ancienne mesure de France. Sa tête, selon l'usage canonique, était tournée du côté droit de l'autel, ou, comme on disait autrefois : a cornu evangelii. Le crâne fut trouvé en parfait état de conservation; seulement, à la partie postérieure qui touchait au sol, on remarquait une petite place en décomposition, ce qui était causé probablement par l'eau des inondations du Tibre. D'après le moule en plâtre que nous avons vu chez le sculpteurFabris,latête devait être d'une beauté parfaite ; le front s'avance en saillie au-dessus des yeux, mais il n'est pas large et n'offre pas une hauteur considérable. Par contre, la partie occipitale du crâne forme un bel arc d'une ampleur extraordinaire. En général, toutes les parties de la tête présentent un développement égal sans que l'une prédomine sur l'autre. Les dents, par-
5i0 LE TOMBEAU DE RAPHAËL.
faitement conservées et fortement attachées, sont d'une admirable blanclieur; il y en a quatorze dans le haut et quinze dans le bas. La main droite, dont les os adhéraient encore ensemble, fut moulée en plâtre ainsi que le larynx, remarquable par son volume, qui était encore flexible et qui conservait son aspect. Mais, après le moulage, la main, à ce que nous assura M. Fabris, tomba en poussière. Le larynx, au contraire, fut placé, scellé dans une boîte de verre et remis dans la tombe avec le squelette.
Lorsque le cercueil fut ouvert, et, plus tard, après le lavage du squelette, le peintre Car. Yincenzo Camuccini fit, d'après nature, quelques dessins qui furent lithographies par Giambattista Borani. En voici la liste :
i" Vue de la voûte sépulcrale entr'ouverte, avec le squelette de Raphaël à demi caché sous le limon que les eaux avaient déposé ;
2° La même vue, après que le limon eut été enlevé;
3° Vue de la chapelle avec la voûte sépulcraliî et la statue de la Vierge que Raphaël avait fait faire pour son tombeau;
4° Dessin du sarcophage antique, donné par le pape Grégoire XVI pour y déposer les ossements de Raphaël.
Ces lithographies, avec la relation des fouilles et de la découverte du tombeau, furent offertes par la congrégation dei Virtuosi aux admirateurs de Raphaël.
Le chevalier Camuccini avait obtenu un privilège pour faire et publier ces dessins. Or, il arriva que M. Horace Vernet qui, comme directeur de l'Académie de France à Rome, était aussi présent à l'ouverture du tombeau, voulut en faire un dessin, mais le sculpteur Fabris s'y opposa en lui déclarant que le chevalier Camuccini était seul autorisé à prendre des croquis sur les lieux. M. Horace Vernet, quoique très-surpris de cette prétention exorbitante, remit son crayon dans sa poche et demanda froidement s'il ne lui serait pas permis de faire au moins nn dessin de mémoire? Dans l'après-midi, de retour à l'Académie de France, il peignit avec la facilité qui lui est jiropre un petit tableau avec quelques figures qui étaient toutes dés portraits, et
représentant la découverte du tombeau ; puis il fit exécuter surle-champ une lithographie d'après ce tableau. Ce fut une affaire. Les monopoleurs, qui avaient obtenu d'avance un privilège pour reproduire en dessin le sujet que M. Horace Vernet avait traité sans autorisation, s'opposèrent activement à l'impression de cette lithographie, qu'ils regardaient comme un empiétement sur leurs droits. Il n'en fut donc tiré que peu d'exemplaires'. Plus tard, M. Vernet donna son tableau à M. Pierre de Cornélius, lors du séjour de ce peintre à Paris.
Après cette digression retournons au fait. La découverte des restes de Raphaël n'excita pas seulement une vive curiosité à Rome; ce fut un véritable enthousiasme, et le squelette, exposé publiquement dans une caisse fermée avec une glace, fut visité par une foule immense. Au bout d'un mois, le 18 octobre, les honneurs funéraires furent rendus au maître, dont les ossements allaient retourner à leur place primitive. Devant l'autel on avait élevé un catafalque sur lequel le nouveau cercueil de bois de pin verni était entouré de cierges allumés. Là étaient présents les membres de l'Académie de Saint-Luc, ceux de la société d'Archéologie et de la congrégation dei Virtuosi. En outre, on avait encore distribué plus de 3,000 cartes d'entrée. Les membres du haut clergé n'assistaient pas à cette imposante cérémonie, à l'exception de monsignore Grimaldi, gouverneur de Rome, et de monsignore deir Armi Uggolini, comme remplaçant du cardinal Rivarola, titulaire de l'église de la Rotonda. On conclut de l'absence systématique des membres du sacré collège, qu'ils n'approuvaient pas ces secondes funérailles, quoiqu'ils les eussent tolérées. Après que l'authenticité du squelette eut été encore une fois constatée, le notaire dressa un acte qui contenait l'inscription suivante, et il en donna lecture à l'assemblée.
i. Cette lithographie porte rinscription suivante : Sepolcro di Raffaello di Urbino Scoperlo il 14 seitembre 1833 al Panleon. LUografia délie belle arli di Coccarinini. Roma, via del Ctemenlinu, n° 9 1 .
GREGORIO. XVI. PONTIFICE. MAXIMO- SEUENTE. ANNO. III. INDICT. VI. RAPHAELIS. SANCTII. VRBINATIS. OSSA. HEIC. JAM. CONDITA. VII. ID. APRIL. ANNI. MDXX. REPERTA. SVNT. POSTRIDIE. ID. SEPTEMBR. ANNI. MDCCCXXXIII. CL. SOCIETATE. ARTIFICVM. BONARVM. ARTIVM. A. D. lOSE- PHO. SVMPTV. SVO. REM. VRBI. ATQVE. ARTIBVS. DECORAM. PROMOVENTE. ET. CVRANTE. VV. EE. PETRO. FRANCISCO. GALLEFFIO. S. R. ECCL. CAME- RARIO. DNO. PLACIDO. ZVRLA. SANCTISSIMI. DOMINI. NOSTRI. IN. SACRIS. VICARIO. ET. AVGVSTINO. RIVAROLA. HVJVS. TITVLI. DIACONO. CARDINALI- BVS. R. P. D. CONSTANTINO. PATRITIO. PONTIFICliE. DOMVS. PR.EFECTO. ET. VV. RR. BASILICiE. CANONICIS. ADNVENTIBVS. XIII. VIRIS. MONVMENTIS. ARTIVM. OPTIMARVM. COGNOSCENDIS. CVRANDIS. CONLEGIO. ARTIFICVM. A. D. LVCA. ET. CONLEGIO. ARCH^OLOGORVM. PROBANTIBVS. OSSA. EADEM. DILIGENTER. CVRANTIBVS. ANTONIO. TRANSMVNDO. BARONE. CELLIN^E. ET MIRABELLI. CLINICES. EXTERIORIS. IN. ROM. ARCHIGYMNASIO. P. P. ET. ANTONIO CHIMENTIO. P. P. CHEMIN. IN. EOD. ARCHIGYMNASIO. REPOSITA. SVNT. XV. KAL. NOVEMBR. ANNI. EIVSDEM. MDCCCXXXIII. PLVMBEO. IN. CONDITORIO. SIGNIS. MVNITO. ILLVDQ. IN. ARCA. MARMOREA. ANTIQVI. OPERIS. A. SANCTISSIMO. DOMINO. NOSTRO. GREGORIO. XVI. PONT. MAX. DONO. DATA. INCLVSVM. ATQ. ABDITVM. EST.
Ce document, écrit sur parchemin, avait été enfermé dans un cylindre de plomb et joint aux ossements. L'avocat Carlo Fea y apposa, séance tenante, cinq cachets qui s'attachaient avec un fil violet en forme de croix. Pendant le chant du Miserere, le cercueil de bois fut déposé dans le sarcophage de marbre donné par le pape. Ce cercueil de bois en contenait un autre en plomb avec un couvercle de même métal, qui fut également scellé en six endroits avec les sceaux du chapitre de la congrégation des Virtuosi, de la commission des Beaux-Arts, de l'Académie de Saint-Luc, de l'académie d'Archéologie et du maggiordome. Sur le couvercle en marbre du sarcophage, on voit au milieu le monogramme du Christ avec une croix de chaque côté gravée en creux. La face principale de ce monument antique offre en bas-relief trois têtes de taureaux entourées de feuilles de laurier, avec trois petits oiseaux au-dessous.
Au bord supérieur du sarcophage, on lit le distique composé par Pietro Bembo :
111e hic est Raphaël timuit que sospite vinci Rerum magna parens et moriente mori.
Puis dans le milieu :
Ossa et cineresRaph. Sanc. Urb.
Enfin, dans le bas :
Gregorius XVI. p. M. Anno III. indit. VI. Arcam antiqui operis concessit.
Sur les faces latérales, il y a des bas-reliefs représentant chacun un petit laurier avec deux oiseaux au bas.
Après que le sarcophage eut été descendu sous la voûte sépulcrale, le chevalier Fabris mit la première brique recouverte de ciment pour la fermeture du tombeau; après lui les autres présidents académiques vinrent successivement ajouter une brique à la maçonnerie et terminèrent ainsi la solennité ' .
En mémoire de cet événement, on plaça plus tard une table de marbre sur le côté gauche du pilastre, à côté de l'autel de la Madonna del Sasso, avec cette inscription :
RAPHAELIS. SANGTI. VRBINATIS.