PHI^FACE
comme homme et comme artiste), Munich, 1830, iii-H'". Compilation très-étendue de tout ce qu'on savait alors sur Raphaël, mais sans critique éclairée, sans aperçus originaux, sans nouveauté dans les faits; mélange de feux et de vrai, que Tauleur, dépourvu des connaissances spéciales qu'exigeait une pareille publication, a trop souvent confondus ensemble.
Docteur Franz Kugler : Uandbuch der Geschichte der Maierei in Italien [Traité de Phistoire de la peinture en Italie)^ Berlin, 1837, in-8''. Choix intelligent de documents sur la vie de Raphaël, mais qui n'offre point un ensemble de biographie. La description des œuvres est assez complète.
Il ressort clairement de cet examen rapide, qu'il n'existe aucun ouvrage approfondi et critique sur la vie de Raphaël. Une singulière circonstance nous a conduit à entreprendre cette tâche difficile.
Feu le professeur Braun, de Mayence, voulant remanier son petit ouvrage sur Raphaël, nous demanda quelques conseils. 11 acquit bientôt la conviction que, pour arriver à un résultat satisfaisant, l'étude intime des œuvres de Raphaël, de son pays, de son temps, était indispensable. Il nous engagea donc à écrire nous-même une biographie du grand maître italien. Nous ne nous en sentions guère alors la capacité.. Diverses conjonctures cependant contribuèrent à nous y décider.
Pour voir de nos yeux les travaux de Raphaël, autant du moins qu'il est possible, nous retournâmes passer une année entière en Italie, où nous avions déjà demeuré sept tmnées consécutives; nous fîmes un voyage en Angleterre; un troisième voyage à Paris, où, dans notre jeunesse, nous avions admire les trésors du Musée Napoléon, et, en 1816, chez
I)K ï;ÉT)ITION ALLEMANDr.
M. Bonnemaison , les Kaphaël qui ornent aujourd'hui le ^lusée de Madrid.
Toutes les collections de rAllemagne nous étaient déjà familières, sauf celles de Vienne, que nous allâmes examinei*.
Nous pouvons donc dire que nous avons étudié de nos propres yeux presque tout l'œuvre de Raphaël.
Nous avons visité Urbin, où naquit- Raphaël, et tous les lieux où il a vécu et travaillé. Nous avons fouillé toutes les bibliothèques d'Italie , d'Allemagne , d'Angleterre et de France, pour y recueilhr- des documents. 11 nV a que les archives de Rome et celles des Médicis à Florence, qui nous soient restées fermées, comme à tant d'autres.
Ces recherches persévérantes ne nous ont pas donné seulement une perception sucfcincte du sujet en général, elles nous ont procuré un ensemble de documents si nombreux, et si précis, qu'ils permettent de restituer en pleine lumière toute la vie de Raphaël.
Comme le miUeu social et les entours personnels importent l)eaucoup, surtout dans la biographie d'un artiste, nous nous sommes appliqué à rassembler soigneusement ce qui concerne la famille de Raphaël ; son père, Giovanni Santi, dont les qualités artistiques étaient bien injustement tombées dans l'oubli; la cour d'Urbin, célèbre alors entre toutes les cours d'Italie par sa gloire militaire, par ses vertus privées, par la protection qu'elle accordait aux savants.
]je père de Raphaël, accueilli avec bienveillance et sympathie à cette cour, nous a laissé une Chronique ri77iée, en l'honneur de Federico de Montefeltro, duc d'Urbin. Peu brillante sous le rapport poétique, la Chronique rimée révèle du moins les nobles sentiments de Giovamii Santi, et contient des détails précieux sur les artistes du temps. C'est