‹ Raphael d'Urbin et son père, Giovanni Santi (volume 5)Chapitre 31 sur 81 · B. Oraini, VUa di P. PeruginOf p · texte numérisé non relu

B. Oraini, VUa di P. PeruginOf p

ESSAI SUR LES PEINTRES DE L'OMBRtE.

différente de celle de Raphaël. Nous ferons, en outre, remarquer ici que, dans la frise représentant des tritons montés sur des chevaux marins , les têtes des chevaux ne rappellent en aucune manière le dessin et le caractère des chevaux exécutés par Raphaël, même dans sa Jeunesse. Nous n'avons pas d'ailleurs d'autres renseignements certains sur cette peinture, si ce n'est que jusqu'à Tannée 1700 elle fut conservée dans la susdite église ; mais elle avait alors tellement souffert par l'effet de l'humidité, que les couleurs commençaient à se détacher de la toile. L'abbé Decîo Âscajtmi fit d'abord doubler cette toile d'une toile neuve, par les soins du nommé Domenico Michelini, et ensuite, par Tentremise des peintres Masucci et Sebastiano Conca, il obtînt àes chefs de son ordre l'autorisation de la transporter dans la chapelle du palais Ascajani à 8poleto, à la charge d'en faire faire, par Sebastiano Conca, une copie pour l'église de Ferentillo. Cette autorisation, en date du 18 septembre 1733, fut signée par le cardinal Francesco Barberini. Il est à remarquer que, dans toutes ces transactions, l'auteur du tableau n'est nommé nulle part. En 1825, la famille Ascajani fit venir cette toile à Rome; on l'exposa d'abord dans le château Saint-Ange, puis dans le palais Torlonia. En 1833, elle fut achetée, au prix de 6,000 écus romains, pour le musée de Berlin *.

Il est à regretter que cette précieuse toile ait tant souffert , et que surtout la couleur bleue des draperies se soit détachée complètement ; cependant cet état de détérioration nous a permis de constater le procédé de l'artiste : nous voyons qu'il a tracé le dessin, avec une couleur foncée, sur une toile très-fine et non préparée. En 1836, Edward Eichens a gravé une bonne estampe grand in-folio, d'après le tableau.

Une notice , insérée dans le Saggio intomo le pitture di fra FilippoLippi et di Giovanni IspanoZj par le duc Pompeo Benedetti

I. D«jis le caUlogue du musée de Berlin (1857), rédi|^é par M. Waagea, ce UMeau est toujours attribué à Raphaël (o" i 50} « du temps où il était à l'école du Péruj^iu. » li a 5 pieds 8 pouces carrés. — {Noie de l'idileur,)

de' Conti di Monte veccliio, nous apprend que le peintre Jacopo da Norcia en a fait une belle copie peinte à l'huile.

Dans la ville de Trevi, le Spagna exécuta aussi plusieurs ouvrages : on cite comme étant d'une grande beauté la Mise au tombeau, qui est dans l'église Madonna délie Lacrimc , hors de la ville. Malheureusement cette église était fermée quand nous avons voulu la visiter. Mais , en revanche , nous avons vu le tableau d'autel de l'église des Franciscains, S. Martino, à Trevi. Ce tableau représente la Vierge couronnée, entourée d'anges, avec dix-huit saints dans le bas, en plus petites proportions, appartenant pour la plupart à l'ordre de Saint-François. Nous avons vu aussi dans cette église deux autres petits tableaux de la main du Spagna, au-dessus de la porte du chœur. Saint Martin qui donne à un pauvre la moitié de son manteau et Saint François qui reçoit les stigmates. Ce sont tous de bonnes peintures, dans lesquelles domine le style du Pérugin. Aux charniers du couvent, il y a encore une figure du même maître : elle représente une Vierçe debout dans une gloire; dans le paysage sont agenouillés, à gauche saint Jean-Baptiste et saint Jérôme , à droite saint François et un autre saint de son ordre. Cette fresque porte la date MDXII.

Mais le tableau capital du Spagna est celui qu'il peignit pour l'autel de la chapelle Saint-Étienne dans l'église souterraine des Franciscains, à Assise. La Vierge sur un trône tient l'enfant Jésus ; de chaque côté sont trois saints ; on voit deux anges en adoration, dans le haut. Sur la base du trône on lit : A. D. MCCCCCXVL XV. JVLII. Dans ce bel ouvrage, le Spagna -est encore fidèle au caractère de l'école du Pérugin, quoiqu'il soit plus étudié de dessin et remarquablement suave de couleur.

Il faut citer, au nombre de ses meilleurs ouvrages, les fresques représentant des saints dans la cellule de saint François à S. Maria degli Angeli, près Assise. Mais nous croyons pouvoir rapporter à l'époque de la jeunesse du peintre un petit tableau cintré qui est à l'Académie de Pérouse. Ce tableau, ^représentant le Père Étemel entouré de huit anges, doit avoir fait partie d'une déco-

d'autel. On reconnaît aussi le cachet du Spagna dans un

'^au qui orne le chœur de l'église collégiale S. Matromeo» à

•e Falco. Ce tableau présente trois saints sur fond d'or :

incentius, S'* Illuoiinata et S. Nicholaus. Mais, comme la ma-

'^ du Pérugin ne s'y montre plus que faiblement, cette pein-

appartient évidemment à la dernière période de la vie du

tre.

ous connaissons enoore du Spagna les fresques de l'église acopo, sur la route de Spoleto à Fuligno. Dans le chœur de e petite église, il a peint un Saint Jacques, apôtre, au milieu, « des épisodes tirés de sa légende, à droite et à gauche. Ces [ues portent le millésime MDXXVI, et ce sont encore de is ouvrages. Au-dessus, dans la voûte de la niche, est un Couinement de la Vierge, qui, quant au groupe principal, semble e répétition de la belle fresque de fra Filippo Lippi à Spoleto; anges et les saints qui l'entourent sont faiblement peints. A :é de la niche, au-dessous de deux cintres qui offrent les figures l'Annonciation, une sainte Barbara et une sainte Appolonia, dent, sont traitées tout à fait dans le style des figures allégoriques la maison de ville à Spoleto. Plus loin, à gauche, le Spagna *^ignit dans une niche la Vierge sur des nuages, entourée d'anges, ^^Jrant au-dessous d'elle saint Roch , saint Sébastien et un saint ^vêque. Ces peintures, qui portent la date 1527, sont encore X^lus faibles que les précédentes ; mais néanmoins elles ne produisent pas une aussi triste impression que celles qu'on voit dans la niche en face et qui représentent la Vierge dans une gloire , ^ avec les apôtres saint Pierre et saint Paul , ;et saint Antoine dans le bas. C'est un ouvrage de l'année 1530. Il parait que le peintre, voué à l'imitation de Raphaël qui se répandait alors partout, s'est égaré lui-même en voulant marcher dans cette nouvelle voie. Mais, comme il était trop âgé pour changer de manière avec succès, il perdit de la sorte ses qualités propres, sans acquérir celles qui ne lui appartenaient pas.

EusEBio Di San Giorgio, de Pérouse. — Son nom est inscrit dans la matricule des peintres , immédiatement après le Pinturicchio

An ESSJkf SUR LES PEINTRES DE L*0MBRIE«

et Lattanzio : Eusepius Jacobi Ckristophori; quant à son snntoin de San Giorgio^ on le trouve dans la matricule des pharmaciens^ de 1506, où son frère Nicolas est ainsi qualifié. Déjà, en 1501, il avait peint, en communauté avec Fîorenzo di Lorenzo et Berto di Giovanni, les bannières des trompettes du magistrat. C'est pourquoi on peut le ranger parmi les plus anciens élèves du Pérugin*

Si peu nombreux que soient les ouvrages connus d'Eusebio^ on doit cependant lui accorder an rang distingué parmi les peintres formés à Técole du maître. C'était, d'ailleurs, un artiste qui chercha toujours à suivre les progrès de l'art pendant sa vie.

Le premier ouvrage daté, portant son nom, est une peinture à fresque dans le cloître de S. Damiano, hors la ville d'Assise. Il y a deux sujets; l'un est l'Annonciation : la Vierge, agenouillée, tient un livre, pendant que l'ange s'approche, une branche de lis dans la main gauche, en bénissant de la droite. On voit Dieu le Père dans le haut. Ce tableau est traité tout i fait dans la manière du Pérugin. Dans l'autre tableau , le Christ en croix , avec des ailes de séraphin, apparaît à saint François, qui reçoit, à genoux, les stigmates; à gauche, dans le paysage, le frère Rufîno est assis, livré à une profonde méditation. Ce s6Bt deux belles figures, pleines de vie et de caractère; les draperies aussi sont largement traitées. Le paysage, chargé de singulières roches qui surplombent, reproduit un site abràpt de la contrée d'Avema. Cette peinture morale porte l'ioseription : EVSEBIVS PEaVSINVS PINXIT. A. D. MDVn.

Si le beau tableau qui représente l'Adoration des mages dans l'église S« Agostino est une œnvre d'£usebio, t^omme l'indique déjà Vasari, il pourrait être d'une datf antérieure aux fresques que nous avons décrites ci-dessus, car il porte plus décidément encore le caractère de l'école du. Pérugin, Dans ce tableau se distingue surtout une gloire de quatre anges qui font de la musique; les autres parties de la composition prouvent que l'auteur cherchait à imiter les œuvres de son maître.

Le dernier tableau d'Ëusebio qui nous soit connu se trouve sur un des autds de l'égUse des Franciscains à Matelica, à dix milles

ESSAI sni Lss KiimnB m vmmm. 4?f

^àt Fabriano. La Vierge, assise sur ma trûne, sonlieiit de la aunn droite reniant Jésus qu'elle a sur les genoux , tandis qu'elle lit ^ans un petit livre qui est dans la main gauche. Saint Jean l*ÉTangèliste et saint François sont debout d'un e6té du trône ; de l'autre côté ^ Vapôtre saint Kerre et saint Antoine. Sur les mar* chea du trtae, le petit saint JeAn^Baptiste montre du doigt ees mots ècfits dans un livre : Si guéris miracula... On Ht sur la mar^ che : DIONYSIUS PETRI BERH FACIUNT... VIT. Puis la signature : £VSEBiVS. DE. SGO. GEOGIO PERVSINVS. PINXTF. iM2. Et la marque du peintre.

La predéBa est divisée en trois parties rcpièsentanl des nir»eka de saint Antoine. Cet excellent tableau accuse encore, en quelque sorte, la manière du Pérugin , mais il annooee une tendance à s*sq>praprier les qualités de Léonard de Vinci et de Ra<^ I^iaëL Les ombres des diairs s<Hit d'un brun rougeAtre; d'ailleurs, le ton général de la peinture est vigoureux. Matheureusement la couleur commence & s'écailler en différents Midrcnta*

Qiwîqne Ensd^io ait encore vécu longtemps aj^è» l'exécation de ce tableau daté de 1542, ce que jurouve sa nomination A la charge de prud'homme en 1527 (on choisissait chaque année cent prud'homme», A chaque porte de Pérouse, pour admimslrer les affaires de la viUe ^^, toutes nos recherches cependant pour découvrir les ouvrages de sea dernières années sont restées iriiruetiienses.

Douncom PAasiAxrAmt de iVnMir. — U était fils d'un offévre de Pérouse, et il se trouve déjà inscrit, dans la matricule des peintres de Porta Borgna de 1510, en ees termes :

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