‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 102 sur 407 · Né en 1470; mort en · texte numérisé non relu

Né en 1470; mort en

EXÉCUTÉES À ROME SOUS LÉON x. 147

« Le portrait du cardinal Bibiena est très-ressemblant, car il est copié d’après un portrait peint par Raphaël d'Urbin, lequel se trouve actuellement dans la maison des Dovizi da Bibiena. Raphaël fit un second portrait du cardinal dans le port d’Ostie. » C’est ce dernier portrait qu’on voit dans la fresque de la Défaite des Sarrasins, qui décore la troisième chambre du Vatican. Le passage des Ragionamenti , que nous venons de citer, nous apprend qu’il y eut deux portraits semblables du cardinal da Bibiena, peints à l'huile, dont l’un fut exécuté par Raphaël. Il est probable que ces portraits sont les deux suivants, qui nous sont connus.

L’original se trouve au musée de Madrid, où il a passé longtemps pour être celui du cardinal Granvelle, quoique ce grand homme d’État ne fût âgé que de dix-sept ans à la mort de Raphaël. Ce portrait représente un personnage d’un âge mûr, peint en buste, vu presque de face, un peu tourné à gauche. La tête quelque peu maigre, au nez fin et courbé, aux veux vifs avec de larges paupières, trahit en tous ses traits le type italien. Elle est coiffée d’un bonnet rouge ; le collet du vêtement, également rouge, est sur la poitrine en quatre endroits fermé avec un double bouton ; le bras gauche, couvert d’une manche blanche, est posé sur une balustrade de pierre et ne laisse voir que la moitié de la main; le bras droit est abaissé. Le fond est sombre.

Bernardo da Bibiena ayant été créé cardinal par Léon X le 23 septembre 1513, le portrait qui le représente avec le costume de cette dignité ne peut donc pas avoir été peint avant cette époque ; mais il est vraisemblable que Raphaël fit le portrait de son ami peu de temps après que celui-ei eut reçu le chapeau rouge. Ce portrait a la plus grande ressemblance avec celui qui est au palais Pitti, si ce n’est que le cardinal paraît un peu plus jeune dans le premier ; en outre, les accessoires présentent quelques différences. Nous trouvons dans les Memorie per la Vita del cardinale Dovizj, par Angelo Maria Bandini (Livorno, 4758, p. 5), une phrase qui nous explique pourquoi ce portrait est à Madrid : « Le cardinal légua à Castiglione un tableau de Raphaël. » Nous ne connaissons aucun tableau de Raphaël que le cardinal ait pu léguer, si ce n’est son portrait. On sait que le comte Castiglione, qui fut ambassadeur en Espagne sous Clément VII, avait emporté avec lui son propre portrait peint par Raphaël, portrait qui passa ensuite en Hollande et qui arriva enfin au musée du Louvre. Ce fait bien établi donne à penser qu’il avait emporté également en Espagne le portrait du cardinal da Bibiena, et que ce portrait, après la mort du comte, survenue à Madrid, a dù passer dans la collection royale.

Ce portrait est de la plus grande finesse de dessin et de modelé. La main, dont on ne voit qu’une partie, est très-spirituellement traitée, ainsi que le vêtement. Le ton général du tableau a beaucoup de transparence ; en somme, c'est un des plus beaux portraits peints par Raphaël.

Ludwig Gruner a terminé, en 1834. une belle gravure in-folio d’après ce portrait; mais 1l l’a publiée avec le nom de Jules de Médicis, qui fut depuis le pape Clément VII.

Le portrait du cardinal da Bibiena, qui est au palais Pitti, offre une grande ressemblance, comme nous l'avons dit, avec celui de Madrid, tant par les traits du visage que par la pose et les accessoires ; seulement le cardinal y paraît un peu plus âgé que dans le précédent portrait. C. F. de Rumobhr (/{alieneschen Forschungen, t. II, p. 138) affirme avec raison que Raphaël n’a pas eu la moindre part à cet ouvrage, dans lequel on croit reconnaître la manière de faire de Girolamo da Cotignola.

Le Manuel du musée français contient, sous le n° 28, une gravure de ce portrait,

qui y est indiqué par erreur comme étant celui d'Inghirami. Ce dernier portrait se trouve gravé sous le n° 19 dans le même ouvrage. Bedetti inc. Petit in-folio.

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