Tableaux des socles dans la chambre de la Torre Borgia
Ils consistent en six figures assises représentant des personnages célèbres, qui furent dans les temps les protecteurs de l'Église romaine. Ils sont. placés entre des Hermès tenant des inscriptions en l'honneur de chacun d'eux. Primitivement, ces figures avaient été exécutées par Jules Romain, en couleur de bronze jaune, vraisemblablement d’après ses propres compositions (Voy. la Vie de cet artiste, dans Vasari); mais, comme nous l'avons dit, ils avaient tellement souflert, que, selon le rapport publié par Bellori, lorsque cette chambre fut restaurée par Carlo Maratti et ses élèves, dans les années 1702 et 1703, ces figures accessoires ne furent pas seulement repeintes, mais encore on fit à nouveau deux d’entre elles, dont il ne restait plus trace, si bien qu’en général on doit les considérer comme des ouvrages de Carlo Maratti, et non de Raphaël et de ses élèves. Sous le Serment de Léon III, à côté de la fenêtre, est Constantin le Grand, avec cette inscription : Dei non hominis est episcopos judicare. Au-dessous du Couronnement de Charlemagne se trouve la figure de ce prince, avec cette inscription : Carolus magnus Ro. Ecclesiæ ensis clypeusque. Sous
EXÉCUTÉES A ROME SOUS LÉON x. 165
l'Incendie du Bourg est Godefroy, duc de Bouillon, avec cette inscription : Nefas est ubi rex regum Christus spineam coronam tulit, christianum hominem auream gestare. Puis, à côté de lui, Astulf, roi de la Grande- Bretagne, avec cetle inscription : Aistulphus rex sub Leone III Pont. Britanniam beato Petro vectigalem facit. Enfin, au-dessous de la Victoire remportée sur les Sarrasins, est assis Ferdinand le Catholique, avec cette inscription : Ferdinandus rex catholicus christiani imperii propagator. Vis-à-vis est l'empereur Lothaire, avec cette inscription : Lotharus my. pontificiæ libertatis assertor. Entre ces deux dernières figures se trouve actuellement une cheminée ; mais autrefois il y avait la figure de Pepin, ainsi que le prouve l'inscription qui existe encore.
Vasari, dans la Vie de Jules Romain, rapporte que ces figures furent exécutées par cet élève de Raphaël : « Une partie de cette histoire, dit-il, a été publiée en gravures, il n’y a pas longtemps, d’après un dessin de la main de Giulio. » On pourrait conclure de là qu’une partie de ces figures furent alors gravées ; mais aucune estampe qui les représente ne nous est parvenue, et ce passage pourrait bien se rapporter à une ancienne gravure de l’Incendie du Bourg. Montagnani a fait reproduire au trait, dans son ouvrage, toutes les figures telles qu’elles sont actuellement.
Etudes pour ces peintures.
L’esquisse pour la figure de Lothaire est dans le musée Wicar à Lille.
Fac-simile par Wacquez, pour l'ouvrage du duc de Luynes.
L’esquisse pour un des Hermès, avec un bras soulevé, à la sanguine, in-fol., se trouve dans le musée Teyler, à Haarlem.
119. Petits tableaux dans les embrasures des fenîtres. Dans la chambre de la Torre Borgia.
a.) Le Christ après sa résurrection apparaît à ses apôtres au bord de la mer et leur ordonne de jeter le filet au côté droit de la barque, etc. (Evangile de saint Jean, ch. xxi). On voit quatre apôtres et saint Pierre qui sont dans la barque; le Christ est debout à gauche. Ce petit tableau en largeur est, comme les autres, peint en camaïeu jaune sur brun et traité très-habilement et très-largement.
Gravures : Pietro Santi Bartoli, parmi les 14 feuilles dédiées à Nic. Simonelli. Du côté opposé. — De même, dans Landon, n° 244.
Dans la collection Albertine, à Vienne, se trouve un dessin au bistre d’après cette composition, mais qui semble être une copie d’après l’esquisse originale.
Lithogr. par Pilizotti.
b.) « Conduis mon troupeau. » Le Christ, à gauche, montre de la main droite les brebis; saint Pierre est agenouillé auprès de lui, les mains
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164 PEINTURES DE RAPHAEL jointes et tenant les clefs. Parmi les onze apôtres qui sont du côté droit, le troisième enveloppé d’un large manteau est vu de dos.
Gravures : Le Maître au Dé. Bartsch, 1. XV, p.191, n°11. — Copie, du côté op— posé, avec celte inscription : Simon tona; diligis me plus his, etc. — À l’eau-forte, par Pietro Santi Bartoli, parmi les 14 feuilles dédiées à Nic. Simonelli. — Landon, n° 243.
c.) Simon le Magicien et saint Pierre devant Néron (Baronius, Annales, t. 1). Néron est assis à gauche, ayant un jeune homme et un soldat à ses côtés; saint Pierre est debout devant lui. Au milieu, saint Pierre se trouve encore une fois, tenant les clefs, vu de face. A droite, Simon le Magicien vole sur un nuage lumineux, et deux guerriers éblouis le contemplent.
Gravures : Du côté opposé, parmi les 14 feuilles de Petrus Sanctus Bartolus, dédiées à N. Simonelli. — Landon, n° 248.
d.) Domine, quo vadis. — Lorsque saint Pierre persécuté voulut’ fuir de Rome, le Christ lui apparut chargé de la croix, allant du côté de la ville ; l’apôtre lui demanda : « Seigneur, où vas-tu? — A Rome, pour me faire crucifier encore une fois. » Sur quoi saint Pierre rebroussa chemin et alla subir le martyre (S. Ambrosius, dans Baronius, Ann. 69). Le Christ marche vers la droite, où se trouve une porte de la ville, de laquelle sortent des soldats.
Gravures : Giulio Bonasone, in-fol. en largeur. Bartsch, t, XV, p. 119, n° 41. — Martino Rota, 1568, in-fol. en largeur. Bartsch, t. XVI, p. 250, n° 6. — Joh. Bapt. de Cavaleriis, 1569, in-fol. en largeur. Voy. le monogramme dans Brulliot, n° 835. — À l’eau-forte, du côté opposé, par Pietro Santi Bartoli, parmi les 14 feuilles dédiées à Nic. Simonelli. — Landon, n° 245.