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Le Couronnement de la Vierge

Tableau à gradin, peint sur bois, pour l’église S. Francesco, et depuis transporté de bois sunatoiles 2h, 40209/4571000822220 !

Ce tableau se divise en deux parties : dans le baut, on voit la Vierge qui, les deux mains jointes et les yeux baissés, s'apprête à recevoir la couronne que son divin fils va lui poser sur la tête. Quatre petits anges, autour de ce groupe, jouent de la harpe, du violon et du tambourin. Au-dessus, dans le firmament, huit têtes ailées de chérubins et deux anges dans les nuages contemplent cette scène.

La partie inférieure du tableau nous montre le tombeau vide de la Vierge, dans lequel naissent des lis et des fleurs sous les yeux des apôtres.

1. Le tableau porte le n° 145, et M. Waagen le donne comme étant de l’époque où Raphaël se trouvait dans l’école du Pérugin, mais un peu plus tard que le n° 8, — (Note de c’édilewr.)

Au milieu, entre les deux princes des apôtres saint Pierre et saint Paul, saint Thomas regarde la ceinture que la Vierge lui a laissée en s’élevant au ciel. La figure juvénile de l’apôtre, à gauche, qui tient un livre, semble représenter saint Jean. Les autres personnages ne sont pas caractérisés. Au fond, une belle contrée avec des collines, d’un ton lumineux.

Ce tableau est encore traité dans la manière du Pérugin, mais le génie de Raphaël éclate déjà partout : ses figures sont plus animées que celles de son maître ; on le reconnaît aussi au caractère gracieux de ses anges.

Nous avons déjà dit (tom. 1, p. 56), que ce tableau d’autel fut peint pour Maddalena degli Oddi et sans doute en 1503, avant le bannissement de cette famille de Pérouse. La date de 1503 nous est fournie d’ailleurs par le témoignage de Cesare Crispolti qui, dans son ouvrage Perugia augusta descritta (Perugia, 1648, petit in-4°), dit positivement, d’après une tradition locale, que Raphaël s’est peint lui-même, à l’âge de 19 ans, dans la figure placée la dernière au côté gauche du tableau. Or Raphaël, en effet, avait eu 19 ans à la fin de l’année 1502. Mais la tradition qui concerne le portrait est assez douteuse, car rien n'indique une ressemblance caractérisée dans cette tête, et d’ailleurs les anciens peintres n’étaient pas dans l’usage de reproduire des portraits contemporains en peignant des figures d’apôtres.

Jusqu'en 1797, ce tableau fut un des ornements de l’église des Franciscains, à Pérouse; à cette époque, il fut envoyé à Paris pour le musée de la République française. Là, il fallut transporter sur une seule toile la peinture qui menaçait de se perdre en restant sur ses deux panneaux vermoulus. Le tableau, par suite de cette opération et du nettoyage, a beaucoup souffert dans ses glacis; c’est là un fait incontestable, et les taches noires dont il est couvert en quelques endroits proviennent des retouches qui ont poussé au noir. Cependant, du moins pour ses parties principales, il est encore dans un état satisfaisant de conservation.

Par le traité de paix de 1815, ce tableau qui était au musée du Louvre, retourna en Italie, mais non pas à Pérouse. Il est placé aujourd’hui dans la collection du Vatican.

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