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Saint Paul en prison

Pendant que le saint apôtre prie dans sa prison, à Philippi, il survient un tremblement de terre, figuré ici allégoriquement par un homme gigantesque, vu à mi-corps dans une caverne et soulevant la voûte avec les épaules et Les bras. Cette figure est tout à fait semblable à celle que Raphaël a placée dans son tableau de la Fuite du cardinal Giovanni de’ Medici. Le geôlier et le soldat de garde devant les barreaux de la prison sont saisis d’épouvante. :

Cette tapisserie, qui avait sa place à côté de la tribune des chanteurs, n’a que 3° 6” de large.

Gravé à l'eau-forte par Louis Sommerau, 1780. In-fol. en hauteur.

L’esquisse pour la figure allégorique du tremblement de terre, dessinée à la plume et lavée d’un ton brun, se trouvait dans la collection Joshua Reynolds. Elle a été reproduite dans l'ouvrage de Charles Rogers, intitulé : Collection of prints in imitation of drawings (London, 1778, 2 vol. in-fol.). Plus tard, cette esquisse a passé dans le cabinet de W. Roscoe, et elle est décrite dans son catalogue, sous le ne 7. H. 8”; 1. 8” 6”.

Tableau du socle.

Un guerrier assis, ou un voyageur avec son bâton; devant lui, un homme à genoux.

LES SEPT CARTONS DE RAPHAEL, DANS LE PALAIS ROYAL DE HAMPTON COURT, Ainsi que nous l'avons déjà dit, c’est en 1518 que les tapisseries des

Actes des Apôtres arrivèrent à Rome ; mais les cartons originaux restèrent dans la fabrique de tapisseries, à Arras. Ils ÿ restèrent, soit par négli-

LES SEPT CARTONS DE RAPHAEL. 205 cence, soit que lon eût l'intention de les faire reproduire une seconde fois en tapisseries. Mais, comme le cardinal Domenico Grimani, de Venise, possédait, en 1521, selon le témoignage de l’Anonyme de Morellit, le carton de la Conversion de saint Paul, il devient probable, par ce seul fait, que trois cartons étaient déjà sortis de la fabrique, où Rubens n’en trouva plus que sept, un siècle après. Ce grand artiste, lors de sa mission diplomatique en Angleterre, dans lannée 1630, parla de ces cartons au roi Charles Ier, qui les acquit pour une somme importante et les plaça à Whitehall. Nous empruntons ce renseignement à la dédicace au roi George Ier, en 1719?, que Dorigny mit en tête de ses gravures faites d’après les cartons de Raphaël. C’est un renseignement qui, selon C. Rogers, aura été fourni au graveur par le lord chambellan. A la mort de Charles ler, lorsque, sur les décisions du Parlement, tous les trésors artistiques de ce malbeureux roi durent être vendus à l’encan, Cromwell put seulement obtenir que l’État conservât les sept cartons de Raphaël pour la somme de 300 livres sterling. Bientôt après cependant , sous Charles IL, 1ls faillirent passer en France. Le roi Louis XIV avait le plus vif désir de les posséder, et son ambassadeur, Barillon, venait même d'obtenir, à ce sujet, l'assentiment du roi d'Angleterre, quand le comte Danby, lord trésorier, eut le courage de s’opposer à cette transaction et plaida la cause des cartons de Raphaël avec tant d'énergie, que Charles II se ravisa, par un sentiment de dignité personnelle, et rompit la négociation. Voilà comment l'Angleterre est redevable à ce gentilhomme de la conservation de ces chefs-d’œuvre qui allaient lui être enlevés %. Jusqu'à cette époque, ils étaient toujours restés dans l’état où les avaient laissés les fabricants de tapisseries, c’est-à-dire coupés par bandes étroites et criblés de piqûres d’aiguille qui suivaient tous les traits du dessin. Van der Doort, le gardien des collections d'art de Charles I*r, rapporte, dans son Catalogue *, que cinq de ces cartons avaient été envoyés, de son temps, par l’ordre du roi, chez Franz Cleyn ou Cleen, à Mortlake, pour

1. Nolizia d'opere di disegno, etc,, pubblicata da D. Jacopo Morelli. Bassano, 1800, in-8, p. 77 2. Voici le passage de cette dédicace : « Multosque post annos, Rex Carolus Primus, id suadente Petro Paulo Rubens Equite, magno pretio emptas, ex Flandrià ubi præfata aulea confecta fueruut, in Angliam advehi jussit, »

3. Voy. J. Richardson, Trailé de la peinture el de la sculpture. Amsterdam, 1728, in-8, GED p.449;

4. À Catalogue and description of king Charles I capital Collection of pictures, etce., from an original ms. in the Ashmolean Museum at Oxford. London, 1757, in-4. — Voici le passage en question : « item in a slit box-wooden case, some two cartoons of Raphael Urbinus for hangings to be made by, and the other five are by the king’s appointment delivered to M. Francis Cleen at Mortlake to make hangings by. » Déjà le roi Jacques If avait fait établir à Mortlake en Surrey une fabrique de tapisseries par Sir Francis Crane, et le peintre Franz Cleyu de Rostock, qui avait étudié à Rome, surveillait Les travaux de cette fabrique.

être exécutés en tapisseries. C’est seulement le roi Guillaume Ill qui fit réunir et fixer sur toile les morceaux de ces cartons, par William Cooke, et qui les plaça, dans une salle bâtie exprès par Sir Christopher Wren, au château de Hampton Court. Néanmoins, ils changèrent plusieurs fois de place. En l’année 1764, on les transporta au palais de Buckingham, où ils ornèrent une salle, en guise de tapisseries. Puis, en 1787, ils allèrent à Windsor; plus tard à Frogmore, et ensuite ils revinrent, pour quelques années, au palais de Windsor, où ils furent exposés successivement dans différentes salles. Depuis 4814, on les a replacés au palais de Hampton Court, où nous les avons admirés en 1831 et en 1850.

Que les cartons aient souffert dans tous ces déplacements, on le comprendra sans peine. Des retouches y furent aussi faites par une main inbabile. Malgré tout, ils sont, pour la plupart, dans un état satisfaisant ; quelques-uns même conservent encore une fraîcheur et un éclat qu’il n’était guère possible d'espérer de couleurs à l’eau qui datent de plus de trois siècles. Comme nous avons déjà décrit plus haut les sujets de ces cartons, en parlant des tapisseries qui les reproduisent, nous nous bornerons à Consigner ici certaines remarques qui nous sont inspirées par la vue des originaux.

La Péche miraculeuse. — Ce carton semble peint, du moins en grande partie, de la main de Raphaël, comme pour servir de modèle aux autres. Ilest, dans son ensemble, superbement dessiné et d’un ton clair et vigoureux. Les chairs sont très-lumineuses, rougeâtres dans les demiteintes, blanchâtres dans les clairs, d’un ton gris brun qui va se dégradant jusqu’au noir vif dans les ombres. La draperie verte de saint André est d’une couleur très-brillante, mais, par contre , le manteau autrefois rouge du Christ, qui se reflète encore rouge dans l’eau, a tellement pâli, qu’il ne reste plus la moindre trace de sa couleur primitive et qu’il a pris l’aspect d’un manteau blanc, d’une excellente exécution. Le paysage a ce ton clair qui caractérise le maitre ; on reconnaît aussi dans les petites figures son dessin facile. Les poissons dans la barque et les grues sur le bord de l’eau, admirables de vérité, furent certainement exécutés par Giovanni da Udine. En somme, ce carton est bien eonservé; seulement, sur le ciel à gauche et dans la mer, on a rehaussé maladroitement d’un ton jaune vert pâle les endroits dont la couleur était effacée. De plus, il est un peu coupé sur les côtés et dans le bas.

Conduis mon troupeau. — Le dessin de ce carton est très-arrêté; la disposition des lumières et des ombres procède par grandes et belles masses, comme dans la grande draperie blanche sans ornements du Sauveur ; en revanche, le coloris général n’a pas la fraicheur et la vivacité du carton précédent, mais plutôt quelque chose de décidément gris, quoique transparent et puissant.

Raphaël semble avoir exécuté lui-même la figure du Christ, avec les trois apôtres qui en sont le plus rapprochés; les quatre autres sont d’une exécution bien plus faible. La coloration des draperies n’a pas non plus l’art particulier à Raphaël, mais elle accuse bien plus la manière de Francesco Penni, qui, ainsi que nous l’avons déjà rapporté, aida son maître dans l’exécution de ces cartons. Le paysage est d’un ton verdâtre , mais transparent. Quelques parties de ce carton ont souffert, particulièrement la draperie inférieure du saint Pierre.

Les apôtres saint Pierre et saint Jean guérissant un paralytique sous le vestibule du Temple. — Ce carton a beaucoup souffert ; en outre, il a été fortement retravaillé en différents endroits; quelques-unes des couleurs ont presque disparu. Les ombres des chairs sont, pour la plupart, trèsgrises et lourdes de ton; ce défaut est surtout très-sensible dans la belle figure d’enfant que l’on voit de dos. Mais, cependant, plusieurs parties du carton offrent l’exécution la plus magistrale et sont encore parfaitement coloriées, entre autres la tête du second paralytique, laquelle est, sans aucun doute, de la main de Raphaël même. Par contre, les bras du premier paralytique sont lourds de formes et mauvais de dessin, ce qui ne provient peut-être que des repeints. La manière dont sont traitées quelques têtes et less ombres noirâtres des chairs de quelques figures permettent de supposeir que Jules Romain a travaillé à ce carton.

La Mort d'Ananie. — Ce carton, exposé à l’une des extrémités de la salle, est d’un ensemble si extraordinaire et d’un effet si saisissant, que, malgré maintes détériorations, il semble sortir de la main du maître. On ne saurait douter que beaucoup de têtes ne soient son ouvrage. Le dessin en est excellent et la couleur parfaite quoiqu’elle ait plus de vigueur que de transparence, ce qui nous fait croire que le tableau a été ébauché en grande partie par Penni et terminé par Raphaël lui-même. Les draperies aussi sont très-belles d’arrangement, et d’une merveilleuse intelligence d'exécution. Ce carton est un des plus remarquables de la collection, mais il a souffert en quelques parties, et il a été un peu trop resserré près de la figure du saint Jacques, lorsqu'on en a joint les morceaux.

Elymas aveuglé. — Ce carton est celui qui a le plus souffert. Il est fortement repeint, plusieurs couleurs ont disparu, et il est tout couvert de taches, ce qui a détruit la beauté de son ancien aspect. Les ombres des chairs sont souvent grises et dures. Néanmoins, d’autres parties des nus sont encore d’une très-belle couleur, entre autres plusieurs têtes qui ont éte certainement exécutées de la main du maitre. Le ton du paysage est d’un vert bleuâtre et crayeux.

Saint Paul et saint Barnabé à Lystrie. — Ce carton, qui est en général d'une bonne conservation, a cependant un peu souflert des deux côtés, lorsqu'il fut mis sur toile, et surtout au côté droit, La couleur en est har-

monieuse et limpide, le dessin bien arrêté ; seulement le paysage a un ton de craie, ce qui contraste fortement avec le grand caractère de Farchitecture. La main de Raphaël est également très-reconnaissable dans des retouches et des corrections de maître; mais l’ébauche de la composition, à la juger surtout dans certaines parties, semble avoir été faite par Francesco Penni,

Saint Paul préche à Athènes. — Ce carton est un des mieux conservés. Le dessin a quelque chose de très-décidé ; il est même un peu dur; la couleur est vigoureuse, la disposition des lumières et des ombres, d’un erand effet. La manière de faire se rapproche beaucoup de celle qui distingue le carton d’Ananie, mais pourtant les ombres des chairs sont claires, quoique entièrement grises. Le paysage affecte une couleur lumineuse, d’un bleu verdâtre. L'architecture, très-vigoureuse de ton, se trouve, en quelque sorte, animée par les colonnes du temple en marbre vert à chapiteaux blancs, ainsi que par la statue dorée du dieu Mars. Certaines couleurs, comme le vert clair, le jaune lumineux et le violet chatoyant, rappellent les tableaux de Francesco Penni. Dans ce carton, Raphaël à certainement beaucoup travaillé ou beaucoup retouché. Aussi est-ce un des plus beaux de la série avec ceux de la Pêche miraculeuse et de la Mort d’Ananie.

Vasari a rapporté, d’après la tradition, que Francesco Penni fut d’un grand secours à son maître pour la peinture des cartons destinés à l’exécution des tapisseries de la chapelle papale et du consistoire. Bien plus, il semblerait même que le carton de la Pêche miraculeuse est le seul qui, dans ses principales parties, fût entièrement tracé, ombré et coloré par Raphaël. Quant aux autres, Raphaël n'aurait fait qu’en esquisser le trait et en indiquer les ombres au lavis, avant que ses élèves en achevassent l'exécution, qu’il ne fit ensuite que terminer avec plus ou moins de soin.

Gravures d'après les sept cartons.

a.) Par Nicolaus Dorigny, sous le titre de : Pinacotheca Hamploniana, elc., avec une dédicace à George I (Londres, 1719); 8 feuilles gr. in-fol. en larg. H. 19”; 1. 22” à 29”. Quoique le style apprêté et coquet des graveurs du commencement du dix-huitième siècle füt incapable de rendre la simplicité grandiose de l’art raphaélesque, ces estampes de Dorigny n’en sont pas moins très-belles et traitées avec infiniment de talent.

b.) Par différents artistes; publiées par Thomas Bowles. Londres, 1721, avec une feuille de titre où se trouve le portrait de Raphaël d'après Paul Pontius, gravé par N. Tardieu, et une dédicace à Guillaume IIT et à la reine Marie; 8 feuilles in-fol. en larg. En contre-partie. 3 planches gravées par Du Bosc : la Pêche miraculeuse, Élymas, et Saint Paul à Athènes; 3 planches gravées par B. Lépicié : Conduis mon troupeau, le Paralytique, et Saint Paul à Lystria. Une planche gravée par D. Beauvais : la Mort d’Ananie.

c.) Par Simon Gribelin, 7 feuilles avec des bordures gravées. Londres, 1720, avec une vue de la salle de Hampton Court, le portrait de Raphaël d'aprés Ponüius et celui de la reine Anne. 9 planches in-8 en larg. H. 6” 10°”; 1. 797”.

d.) Par John Simon, à la manière noire, chez Ed. Cooper, sous le titre de : VII Tabulæ Raphælis Urbin. longe celeberrimæ, etc., avec une dédicace à Guillaume, duc de Devonshire, et le portrait de Raphaël entouré de figures allégoriques d’après C. Maratte, 8 planches petit in-fol. en larg. H, 9”; 1. 12” 10”.

e.) Par James Fittler, sous le titre de : Cartons done from the vriginal in his Mojesty’s Collection. Au- dessous, le portrait de Bindo Altoviti, comme étant celui de Raphaël. La seconde feuille, avec le portrait du graveur au milieu d’un sujet allégorique figurant les Arts plastiques au service de la Religion. 9 petites planches in-12 en largeur.

[.) Par E. Kirkal, à la manière noire, avec le portrait de Raphaël d’après Carlo Maratti. 8 planches grand in-fol. en largeur.

g.) Par un anonyme, à la manière noire. Chez John Bowles. Petit in-folio en largeur.

h.) Thomas Halloway a commencé à graver les cartons avec l’aide de ses élèves Slann et Webb, en 1800, sous la direction du président Benj. West; mais la derniére planche (la Guérison du paralytique) ne fut terminée qu'après sa mort, en 1826. 7 planches in-fol. max. Ces estampes sont, à la contre-partie, exécutées avec grand luxe, mais maniérées de burin et dans le goût anglais.

i.) L'éditeur C. Velten, à Carlsruhe, a fait paraître en 1835 des lithrographies exécutées d'après les gravures de Halloway, par F. Schôning et F. S. Maier.

k.) John Burnet, à Londres, a commencé, depuis 1837, à reproduire avec ses procédés les cartons de Raphaël. Ce sont des gravures sur acier, exécutées avec l'application simultanée de la machine linéaire, de l’aquatinte et du burin. Chaque planche a 24” de haut.

l.) The seven Cartoons of Raffaello drawn by Jarves and engraved by W. Limper from the original painlings in the gallery at Hamptoncourt, with descriptive letterpress. London, 1842, in-fol. en larg. Faible.

m.) Book of Raphael's Cartoons, by Catlermole, with an exquisite portrait of Raphael, a view of Hamptoncourt and seven highly finished sleel engravings of the celebrated Cartoons at Hamptoncourt. London, 1845, grand in-8.

n.) Recueil de XC têtes, lirées des 7 cartons des Actes des Apôtres peints par Raphaël d'Urbin, dessinées par le chev. Nic. Dorigny et gravées par les meilleurs graveurs. Londres, 1722. Avec une dédicace à la princesse de Wales, par Marie Mangin. Les graveurs des 46 planches, in-fol. en larg., sont : F. Pigné, C. Dupuis, S. Thomassin, L. Desplaces, N. Tardieu, B. Lépicié, G. Duchange, D. Beauvais et N. Dupuis.

0.) Boydell, à Londres, ayant acquis les planches précédentes, grava au trait seulement les têtes, en ajoutant cinq planches avec des études préparatoires, quatre avec des figures anatomiques, ettrois avec les statues d’Apollon, d'Hercule et de Vénus. fl publia ce recueil sous le titre de : The School of Rafael, or the sludents Guide, etc. London, printed for John Boydell, 1759, grand in-fol.

p.) Les têtes des sept cartons, dessinées par Ruyssen, gravées par Carden, à Londres, 2 vol. in-fol.

q.) Thurston Thompson, à Londres, a publié des photographies d’après les sept cartons de Raphaël à Hampton Court; ces photographies, hautes de 3 pieds et larges de 4, ont été réduites dans un format plus commode. Le même photographe a publié à part Les têtes seulement, de la grandeur des originaux.

: Copies d'après les cartons.

F. Cleen (ou Cleyn), aussitôt après l’arrivée des cartons en Angleterre,

sous le règne de Charles Ier, fit d’après eux des dessins à la plume, et même plus grands et meilleurs que ceux de Dorigny. Sous le dessin de la Mort

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d’Ananie on lit : Raphael d'Urbino. F. Cleen fec. anno 1646. Sous le dessin qui représente la Remise des clefs à saint Pierre : 18 july 1640. Sous le dessin d'Élymas : Incepi mai 4. 1645. Voyez W. Gunn, Cartonensia, etc. (London, 1832).

Des copies, faites d’après les sept cartons, par Daniel Mytens, du temps de Charles ler, se trouvent à Knole dañs le comté de Kent, au château de Ja duchesse de Dorset. Voy. Stuttgarter Kunstblatt, 1820, n° 12.

Enfin, au commencement du dix-huitième siècle, Sir James Thornhill exécuta d’après les cartons des copies dans le style de son temps. En 1800 le feu duc de Bedford fit don de ces copies à la collection de l’Académie des Beaux-Arts à Londres.

D’autres copies, au quart de la grandeur de l'original, faites par Wa Cook, sont dans la collection de Christ Church College à Oxford. Elles ont été données par le duc de Marlborough à cette célèbre université.

En France il existe des copies d’après six de ces cartons qui furent peintes, du temps de Louis XIV, par Mignard, 'Boullogne, Blanchet et autres, et qui devaient servir à l’exécution des six tapisseries à la manufacture royale des Gobelins. La cathédrale dé Meaux doit posséder encore ces six copies, qui lui furent données, ou seulement prêtées par Marie Leszinska. Voy. Stuttgarter Kunstblatt de septembre 1830.

Le comte Jaguschinski acheta, en Italie, d'anciennes copies de ces cartons, qui lui furent vendues comme les originaux de Raphaël. On les transporta de Moscou à Saint-Pétersbourg. Voyez Stuttyarter Kunstblatt, 1839, p. 75.

Que, du reste, plus anciennement, des copies aient été faites d’après les cartons de Raphaël, peut-être dans son atelier, et vraisemblablement par des Néerlandais, c’est un fait prouvé par plusieurs fragments qui subsistent encore et qui ont dû être exécutés dans la première moitié du seizième siècle. Ainsi, par exemple, dans la collection du Louvre, il y a deux têtes, dessinées à la pierre noire et coloriées, provenant d’un carton de la Mort d’Ananie, et une troisième, de celui de la Remise des clefs à saint Pierre. En outre, M. J. D. Bæhm, à Vienne, possédait trois fragments appartenant à ce dernier sujet avéc huit têtes d’apôtres. Ce sont des dessins magistralement tracés au fusin et coloriés à l'aquarelle. Feu le comte Fries les avait achetés de de Poggi, qui disait les avoir rapportés d'Angleterre, et qui les céda moyennant une rente viagère de 500 florins. Ils sont actuellement en la possession de M. Reiset, à Paris. Cinq têtes, dessinées et coloriées de la même mañière que les trois têtes qui sont dans la collection du Louvre, se trouvaient dans la collection royale de La Haye. Deux d’entre elles sont prises du carton Conduis mon troupeau, deux autres de la Prédication d’Athènes, et la cinquième de l’Élymas. — Dans la collection de Christ Church College , à Oxford, se trouvent aussi trois têtes provenant

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des mêmes cartons, dont une seulement de l'Histoire des Apôtres (Guérison du paralytique), et les deux autres de l’'Adoration des bergers.

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