‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 169 sur 407 · Le Couronnement de la Vierge · texte numérisé non relu

Le Couronnement de la Vierge

Tepisserie pour l’autel de la chapelle Sixtine.

Sur un trône élevé en forme de niche la Vierge est assise, les mains jointes, en adoration, à côté du Christ, qui de la droite tient une couronne sur la tête de sa divine mère. Au-dessus, Dieu le Père, dans l'attitude de la bénédiction, au milieu d’une gloire entourée de quatre anges, et, audessous de lui, le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, entouré de rayons d’or. Sur les côtés du trône deux anges soulèvent un rideau; et, plus bas, à gauche, saint Jean-Baptiste debout montrant le Christ, et à droite saint Jérôme en adoration, avec le lion à ses pieds. Devant les marches du trône, deux petits anges chantent le Gloria in eæcelsis, écrit sur une bande de parchemin. Nous avons déjà dit que, dans l’ensemble des sujets composés pour la chapelle Sixtine , celui-ci doit être considéré en quelque sorte comme le dernier chant d’un poëme mystique qui se termine par la glorification de la sainte Trinité.

Le catalogue de la Calcographie pontificale, publié en 1748, dans lequel se trouve décrite la gravure de cette même composition, nous fournit le renseignement suivant : « In arazzo nella Cappella di Sisto IV in Vaticano. » Il est donc prouvé qu’ume tapisserie avec figures plus grandes que nature décorait autrefois l’autel de la chapelle Sixtine. Il est aussi question de cette tapisserie dans le mémoire des frais de port, que nous avons cité et qui mentionne Onze {apisseries apportées de Flandre à Rome en 1518. Et maintenant, que cette tapisserie soit encore enfouie dans quelque coin du Vatican ou que, pendant les orages de la Révolution, elle ait été enlevée et détruite par l'appât de l’or qu’elle pouvait contenir, c’est un point que nous ne sommes pas parvenu à éclaircir {.

Gravures anciennes d'après cette tapisserie.

Dans la manière d’Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 56. — Par le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 189, n° 9.

1. Gio. Pietro Chattard (nuova Descrizione del Valicano, Roma, 1766, II, p. 79) mentionne en ces termes une tapisserie de Raphaël tout à fait inconnue : « Nella facciata sinistra scorgesi appeso, sopra di un favolino ricoperto da velluto rosso, e suo corame sopra, un sontuoso panno d’arazzo, in cui si esprime tessuta in oro la Beatissima Vergine col suo Figliuolo, con angioli in aria, ed in terra, accompaguata da S. Giuseppe ed a tre figure oltre il naturale sul

maraviglioso disegno espresso da Raffaello d’Urbino. » Mais, comme aucune tapisserie représentant ce sujet n’a été jamais signalée par d’autres écrivains, et Chattard ayant vraisemblablement emprunté sa description au livre de Taja : Descrizione del palazzo ap. Vaticano, 1750, p. 83, on peut présumer qu’il a commis quelque erreur et que la tapisserie dont il parle est celle du Couronnement de la Vierge.

Page 1