SECONDE. SÉRIE
Avec des sujets tirés de la Vie du Christ.
Les douze tapisseries de la Vie du Christ, avec une treizième représentant des figures allégoriques, sont un présent que le roi Francois Ier en-
1. En 1844, dit M. Waagen, dans la longue description qu’il donne de ces tapisseries à la fin du Catalogue du musée de Berlin. (Note de l'éditeur.)
voya au pape lors de la canonisation de saint François de Paule, comme le rapporte Cancellieri, d’après une notice insérée dans le Magasin encyclopédique (troisième année, 1797, t. III, p. 379), et comme, auparavant, le P. Isidoro Toscana (Vita di S. Francesco di Paola, Roma, 1731) l'avait déjà raconté en ces termes : « Au jour de la canonisation de saint Francois de Paule, l’église de Saint-Pierre fut tendue de riches tapisseries tissées de soie et d’or ; sur ces tapisseries sont représentés avec grand art et grand luxe les actes et mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ, si bien qu’on les considère comme les plus belles et les plus précieuses qu’il y ait en Europe.» La canonisation du saint eut lieu le 4° mai 1519, sous Léon X; mais il est à peu près constant, néanmoins, qu’à cette époque les tapisseries n'étaient point arrivées à Rome. Premièrement, les compositions témoignent qu’elles ne furent point exécutées sous la direction de Raphaël; secondement, ces tapisseries ne sont pas décrites par Paolo Giovio dans sa Vie de Léon X, où il fait la description de la première série des tapisseries de Raphaël; troisièmement, dans la treizième de ces tapisseries, représentant des figures allégoriques, on remarque cette devise : Candor illæsus, que Jules de Médicis n’adopta que sous le pape Adrien VI, successeur de Léon X. (Voy. P. Giovio, Dialogo delle Imprese, etc., p. 52.) On peut donc admettre que le roi François Er, à l'occasion de cette canonisalion, qu’il avait vivement sollicitée, promit au pape un présent de tapisseries et qu’il fit faire la commande des cartons à Raphaël. Différents dessins, encore subsistants, prouvent en effet que Raphaël exécuta diverses esquisses pour ces tapisseries; mais il paraît cependant qu’il était loin d’avoir achevé son travail, lorsque la mort l'enleva, moins d’une année après. C’est alors que Jules Romain et d’autres élèves de Raphaël se chargèrent de la commande et de l'exécution des cartons, ainsi qu’on peut le reconnaître dans plusieurs de ces compositions et comme nous l'indiquerons plus particulièrement en les décrivant d’une manière détaillée.
Ces tapisseries sont plus hautes que celles de la suite des Actes des Apôtres, mais elles sont très-inégales en largeur. Elles se distinguent aussi des premières en ce qu’elles sont complétement entourées d’une large bordure représentant des fleurs et d’autres ornements. Les gardiens du Vatican appellent ces tapisseries traditionnellement : Arazzi della scuola nuova, comme ils désignent aussi, par opposition, sous le nom d’Arazzi della scuola vecchia, les tapisseries des Actes des Apôtres. On doit croire que la scuola nuova s'entend des élèves de Raphaël. Selon Fea (Nuova Descrizione di Roma), ces tapisseries servirent longtemps de décoration à la partie de la basilique qui fut détruite sous le pontificat de Paul V; plus tard, aux grands jours de fêtes de l’Église, on les suspendait sous le péristyle de Saint-Pierre. Actuellement, elles sont, ainsi que celles de
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la première série, exposées à demeure dans les salles du Vatican dites Chambres de Pie V.