‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 197 sur 407 · Le Mariage d'Alexandre avec Roxane · texte numérisé non relu

Le Mariage d'Alexandre avec Roxane

C’est cette composition seule que nous avons à examiner ici. Roxane, remplie d’une pudique timidité, est assise au bord d’un lit entouré de draperies, tandis qu’un Amour lui enlève son voile, et un autre ses sandales. Alexandre, débarrassé de sa cuirasse, conduit par un Amour espiègle, se tient debout devant Roxane et lui offre une couronne. Éphestion, portant une torche, et l’'Hymen, indiquant du geste la fiancée, sont derrière lui. A droite, des Amours jouent avec les armes que le héros vient de quitter; six de ces petits Amours portent un d’entre eux assis sur le bouclier ; un autre tient le javelot, et un autre se cache dans la cuirasse. Nous avons déjà dit que Raphaël avait emprunté cette composition à la description d’un tableau antique d’Aetion. Lucien, dans la narration intitulée : Hérodote, rapporte que, de même que cet historien qui fut couronné aux jeux Olympiques, à cause de son livre portant le nom des neuf Muses, le peintre Aetion obtint aussi le prix, à cause de son tableau du Mariage d'Alexandre avec Roxane, et qu’il fut, en même temps, rangé parmi les plus grands peintres de la Grèce. La beauté de ce tableau avait fait une telle réputation à l'artiste couronné, que Proxenidès , président des jeux Olympiques à cette époque, lui donna sa fille en mariage. Ainsi, dit Lucien, le mariage d'Alexandre, que le peintre avait représenté dans le tableau, fut comme un pronostic du mariage d’Aetion lui-même. La description du tableau, que Lucien avait vu en Italie, offre beaucoup d’analogie avec le sujet du tableau de Raphaël. L'exécution de cette fresque, en bon état de conservation, est traitée avec toute la délicatesse particulière à Perino del Vaga. Mais ceux qui l’attribuent à Raphaël lui-

PEINTURES DE RAPHAEL, 251 même n'ont vraisemblablement point assez étudié la puissance de Ja touche et la perfection du dessin de ce grand maître.

Quant à la délicatesse de l'invention, quant au sentiment exquis du beau , que Raphaël a mis dans cette composition, on n’en saurait mieux juger qu’en voyant la ravissante esquisse à la sanguine, à figures nues, qui se trouve dans la collection Albertine, à Vienne.

Gravée par Nic. Cochin pour le Cabinet Crozat. En contre-partie. — Admirablement lithographiée par J. Pilizotti.

Un dessin, avec des figures vêtues, se trouve dans la collection du Louvre. On en à vendu un autre 50 florins, dans la vente royale de La Haye, en 1850, et ce dessin est actuellement en Angleterre.

GRAVURES : Par Jacopo Caraglio, en contre-partie. Bartsch, t. XV, p. 95, n° 62. Copie, en contre-partie; Roxane, à gauche. Dans le bas, ces mots : Ecco Rossane .….. ardore. Dans la manière du Maître au Dé, in-fol. en larg. — Grav. sur bois, en clair-obscur, par Ant. da Trento, in-folio en larg. — Le comte de Caylus, avec une planche teintée par Lesueur, in-fol. en larg. pour le Cabinet Crozat, n° 36.

Gravures d'après le tableau.

Giovanni Volpato, 1772, pour la Schola italiana de Hamilton (Roma, 1773, infolio en larg.). — Landon, n° 306. — Selon une annonce insérée dans le Giornale delle belle arti (Roma, 1785, p. 13), Francesco Saverio Gonzales avait l'intention de graver, d'après ses dessins, tous les tableaux de la Villa Raphaël en deux grandes planches et cinq petites, et de les publier chez les éditeurs Bouchard et Gravier, sur le Corso. D’après une communication bienveillante du conseiller intime Sotzmanon, à Berlin, il avait déjà paru trois gravures d’après les tableaux principaux, coloriées à la gouache, à l’époque où la villa appartenait au cardinal Giuseppe Doria. Vraisemblablement ce sont des planches de l’ouvragé indiqué ci-dessus, mais nous n’en avons jamais Vu aucune. — Gravé au trait par J. G. À. Frenzel, Dresde, 1823. Deux planches d’ornements et trois planches d’après les tableaux principaux, ainsi qu'une vue de la villa. — Deux têtes de femmes en médaillon, grav. par Paolo Fidanza, n° 34 et 36, dans ses Têtes choisies de personnages illustres, etc. (Rome, 1785.) — Les quatre têtes de femmes, publiées dans l'ouvrage de A.-B. Desnoyers, ont déjà été citées plus haut.

On reconnaît une imitation maniérée de la composition d'Alexandre et Roxane dans une gravure de Charles Metz, d’après un dessin, grand in-folio en largeur. — À. Coypel se servit aussi de cette composition pour le carton d’une tapisserie accommodé au goût de son temps. Grav. par F.La Cave. Grande planche.

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