‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 198 sur 407 · Portrait d'Antonio Tebaldeo · texte numérisé non relu

Portrait d'Antonio Tebaldeo

Né à Ferrare en 1463, mort en 1537.

Pietro Bembo écrivait, dans sa lettre du 19 avril 1516, au cardinal de S. Maria in Portico (Bernardo da Bibiena) : « Raphaël a peint notre ami Tebaldeo avec une telle vérité, qu'il ne ressemble pas tant à lui-même qu’au portrait. Quant à moi, je n’ai Jamais vu une si frappante ressemblance, ete. » (Voy. Lettere di Pietro Bembo, hb. I, p.17, ou Lettere pittoriche, t. V, p. 134.) C’est là le seul renseignement que nous possé-

dions sur ce tableau, actuellement perdu. Vasari nous apprend que Raphaël avait déjà fait une fois le portrait de son ami Tebaldeo, dans la fresque du Parnasse; mais on ne saurat plus aujourd’hui reconnaitre avec certitude ce portrait parmi les poëtes qui sont représentés dans cette fresque. Seulement 1l est probable, puisque, en 1516, Tebaldeo avait atteint sa cinquante-troisième année, que le poëte à barbe, debout à droite à côté de la Muse, est le portrait que nous cherchons.

On peut donc, à coup sûr, d’après l’âge qu'avait Tebaldeo lorsque Raphaël fit son portrait, contredire l’assertion de Longhena (p. 241 et 638 de son ouvrage) qui a cru retrouver ce portrait du poëte dans celui que nous avons vu en 4835 dans la succession de M. Michele Scarpa, à Pavie, et qui est maintenant chez son frère, à La Motta, entre Trévise et Udine. Ce portrait représente un jeune homme d’environ trente-cinq ans, un peu tourné à droite, avec une barbe courte, des cheveux tombant jusque sur les épaules et recouverts par une barrette tailladée. Il tient un rouleau de papier dans la main droite, et la gauche est appuyée sur un balustre auprès duquel il se tient debout. Une chemise blanche couvre sa poitrine, et, par-dessus son pourpoint, il porte un plus large vêtement noir, garni de fourrures. Pour fond, le mur d’une chambre avec une vue de paysage où l’on aperçoit quelques fabriques près d’un pont. Ce beau portrait, qui est en eflet de la main de Raphaël et de sa bonne époque romaine, a malheureusement souffert; de plus, il a été maladroitement repeint; toutefois, on voit encore que la tête et les mains étaient d’une exécution excellente tant sous le rapport du dessin que sous celui de la couleur. Mais, au contraire, les étoffes sont lourdes et le paysage a un ton brunâtre tout à fait étranger au coloris du maître et accusent aussi la manière néerlandaise. Ce paysage paraît encore devenu plus brun à cause du vernis bitumineux dont il est entièrement couvert. Ce portrait avait, dit-on, été acquis par un certain abbé Ceretti, comme provenant de la galerie de Modène, mais nous n'avons pas d’autres renseignements sur cette provenance. Gravé dans l'ouvrage de Longhena, p. 638.

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