La Vierge della T enda
Sur bois. H. 29”; 1. 20”. Jusqu’aux genoux.
C’est une composition analogue à celle de la Vierge à la Chaise. La Vierge, assise à gauche, est ici vue de profil; elle enlace, avec le bras droit, l’enfant Jésus assis sur ses genoux ; celui-ci, avec un mouvement vif, renverse la tête un peu en arrière et semble écouter les paroles du petit saint Jean debout en adoration derrière lui. La sainte Vierge regarde l’enfant Jésus avec amour ; sa tête est couverte d’une étofle riche et ornée. Le rideau, qui forme le fond, à donné au tableau le nom qu'il porte.
Il existe plusieurs répétitions de cette composition. D. Ant. Conca (Descrizione Odeporica della Spagna. Parma, 1793-1797) et P. Ximenes parlent d’un tableau semblable, un des plus beaux ouvrages de Raphaël, disentils, qui était dans les appartements des prélats au palais de l'Escurial. Madame de Humboldt le vit encore, en 4808, dans les appartements du prince des Asturies. Voyez le programme de la Jenaer Literaturzeitung de 1809, p.v-vur. — Mais ce tableau n’est plus dans la collection royale de Madrid; il a été volé. Selon Buchanan, t. IL, p. 242, ce tableau passa en France en 1813, et de là en Angleterre où il fut acheté 4,000 liv. st., par Sir Th. Baring, lequel le céda, en 1814, au roi Louis de Bavière, alors prince royal, moyennant 5,000 liv. st. Actuellement, il fait l’ornement de la Pinacothèque de Munich. Néanmoins, nous sommes forcé de remarquer que l’on ne saurait toujours se fier aux indications de Buchanan, et que d’ailleurs, longtemps avant l’époque où il fait venir ce tableau en Angleterre, vers 1789, une Vierge tout à fait semblable s'y trouvait déjà dans la possession de M. J. Purling. Ce pourrait bien être la même qui est maintenant à Munich. Cette dernière est une œuvre distinguée, et nous sommes convaincu qu'elle sort des ateliers de Raphaël.
Une répétition de cette Madone appartient aussi au roi de Sardaigne , qui, étant prince de Carignan, l’acheta du professeur Boucheron, de Turin, à un prix très-élevé. Ce tableau avait été offert en présent par le cardinal delle Lanze à la belle comtesse Piossasco, plus tard Porporati; et après sa
1. Le musée de Bordeaux possède (n° 342, voyez p. 210 du Catalogue imprimé en 1855) une ancienne tapisserie représentant la Vierge à la Chaise. H. 1° 69”; 1. 177 917. Cette tapisserie, donnée par le gouvernement en 1811, est d'autant plus précieuse qu’elle est exécutée d’après un carton où Raphaël avait représenté, entière et en pied, la célèbre Vierge à la Chaise, dont le tableau de la galerie de Florence ne reproduit que le buste. (Note de l'éditeur.)
mort il tomba dans les mains de sa fille, la comtesse Broglio, qui le fit vendre par son intendant pour 800 fr. Cette copie manque d’esprit et les nuages du fond sont peints avec dureté.
Nous avons vu aussi, en 1835, une copie de ce tableau exécutée dans la manière de Perino del Vaga, au palais Albani, à Rome. Dans le fond est un mur au lieu d’un rideau.
Une autre copie ancienne, avec un fond de mur et un peu de ciel à droite, se trouve à l’Académie de Vienne.
Un dessin, qui fut vraisemblablement la première esquisse pour cette Madone, se trouve dans la collection du duc de Devonshire à Chatsworth.
GRAVURES : d’après le tableau qui est en Angleterre : P. W. Tomkins, late pupil of Bartolozzi, publ. aug. 20. 1789. The Virgin, Child, and S. John, from a most capital and perfect picture by Raphael in the Collection of J. Purling, Esq. Au pointillé, imprimée en couleur. Petit in-4°. — Copie, par H. W. Ritter, avec une dédicace à Jérôme Napoléon, chez Silberberg, à Francfort-sur-Mein. Petit in-4°. — Hopwood, London, publ. by W. Lewis and c°. Au pointillé, petit in-4°. — Vedovato, 1796, à Vienne, chez Ant. Suntach. Au pointillé, en contre-partie, pet. in-4°. — D'après le tableau de Turin, par Paolo Toschi, sous le nom de Madonna della Tenda. In-fol. — D'après le tableau de Munich, sous le nom de la Vierge à la Croix, par Jean-Charles Thevenin, 1852, grand in-folio.