La Vierge aux Candélabres
Tableau rond de 2 pieds de diamètre.
La Vierge, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, tourne sa tête vers la droite, ce qui fait qu'on la voit entièrement de face ; elle baisse les yeux ; à ses côtés, deux anges debout, dont on ne voit guère que la tête et un peu des mains, tenant Chacun un candélabre . Le fond est sombre. La Vierge et l'Enfant sont de la main de Raphaël, mais les deux anges sont si roides de dessin, si nuls d'expression et si étroitement plaqués dans la place qu'ils occupent de chaque côté, qu’on ne peut guère douter qu’ils n'aient été ajoutés postérieurement par un artiste médiocre. La tête de la Vierge est d’une dignité sublime et d’une grande beauté; le petit Jésus est vivant d'expression, et d’un très-beau dessin. Toutefois, son corps a été fortement restauré. Le manteau bleu de la Vierge est tempéré de ton, quoique le tableau , en général, soit d’une couleur puissante. De la galerie Borghèse, il passa dans celle de Lucien Bonaparte, puis dans celle du duc de Lucques, et actuellement il est dans la possession de M. Munrd, à Londres.
1. Cette manière de représenter la Vierge sur un trône avec des anges qui tiennent des can= délabres à ses côtés est très-ancienne et a parfois été exécutée très-magistralement, Par exemple, il se trouve, au-dessus de la porte latérale de l’église Aracoeli, sur le Capitole, une mosaique, de style byzantin, qui représente ce même sujet, mais avec des figures entières. Ce tableau en mosaïque, dont le caractère est vraiment grandiose, semble admirablement exprimer
celte idée mystique : « Le Christ, lumière de ce monde, »
Gravures : Ern. Moraces, 1796, d'après le tableau du palais Borghése. Petit in-4°. — Pietro Bettelini, in-4°, — M. Blot, in-4°. — A. Fabri, pour la Galerie Lucien Bonaparte, n° 134. — Johannes Folo incis. Rom. Sans les anges. In-4°. — Avec des changements et l'enfant Jésus seulement vu à mi-corps, par J. Droda fec. Prague, 1809, in-fol. — A Paris, chez Fr, Janet, in-12. — A. Bridoux, 1841. Sans Îles anges, mais avec.un candélabre à droite, in-fol. — Levy sc., 1852, avec des candélabres, in-fol. — Lith. par Herm. Eichens, 1843, in-fol,
D'après un renseignement recueilli par Pungileoni dans son Ælogio storico di Timoteo Viti, p. 73, un élève de ce dernier, Pierre Antonio di Battista Palmerini d’Urbin, aurait exécuté une copie de ce tableau d’après laquelle, plus tard, le peintre Consoli aurait fait une copie moins bien réussie. Goede rapporte, dans son Voyage en Angleterre, t. IV, p. 74, qu'il en a vu une autre chez M. Agars, à Londres. C’est peut-être celle qui figura d’abord dans le cabinet du prince de Carignan, et ensuite dans celui du duc de Choiseul 1.