La Sainte Famille sous le chêne
Sur bois, H. 4 5°; 1. 3° 5°.
La Vierge, assise sous un chêne, tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui se penche fortement en avant pour enlacer du bras droit le petit saint Jean debout auprès de lui, mais dont la tête est tournée vers sa mère qui le contemple avec amour. Son petit compagnon lui présente la bande de parchemin sur laquelle est écrit: Æcce Agnus Dei; tous deux posent un de leurs pieds sur un berceau. Saint Joseph, à droite, contemple cette scène en s'appuyant du coude sur un fragment d'architecture antique avec un bas-relief. Un paysage pour fond. Sur le berceau on lit: RAPHAEL. PINX.
En général, cette composition est un peu roide, et la Vierge a quelque chose de la morgue d’une dame de qualité.
A l'expression des têtes il manque cette naïveté de l’âme que Raphaël seul a su exprimer en l’unissant avec la plus haute beauté physique. C’est pourquoi aussi Mengs, dans sa lettre à Ant. Ponz, t. IL, p. 76, exprime l’opinion que cette peinture a été exécutée, d’après un dessin de Raphaël, par un de ses élèves. En effet, uous y reconnaissons entièrement le faire de Francesco Penni, d'autant plus que le saint Joseph est absolument
peintet coloré comme quelques-uns des apôtres placés près du tombeau dans le tableau du Couronnement de la Vierge. On sait que cette partie du tableau fut terminée par Francesco Penni après la mort de Raphaël.
Nous n'avons pu découvrir aucun renseignement sur l’endroit où se trouvait primitivement ce tableau. On croit qu’il vint seulement en Espagne sous le règne de Charles II. Après sa pérégrination à Paris il retourna, en 1822, à Madrid avec les autres tableaux de Raphaël qui appartenaient
à l'Espagne et il est aujourd’hui placé au musée royal.
GRAYURES : Giulio Bonasone, sans le chêne, mais avec un rideau et une ruine. Gr. in-fol. Bartsch. t. XV, p. 127, n° 63. — Diana Mantuana, avec le chêne. Petit in-fol. Bartsch, t. XV, p. 439, n° 16. — À l’eau-forte, par Augustin Carrache, avec des changements dans le paysage. Bartsch, t. XVIII, p. 66, n° 47. — P. Brebietti, Roma. A l’eau-forte. Petit in-fol. — Anonyme du dix-septième siècle, dans la manière de Villamena. En contre-partie, et quelquefois avec ces mots : Donato Rascioti formis. Haut. 18”, larg. 14” 3°”. — Hier.-Frezza fee. Roma. A l’eau-forte, en contre-partie, in-fol. — Arch. Macduff sculp. Sacra Christi Familia. A l'eauforte et à l’aquatinta (de James Barry). En contre-partie, in-fol. — Au trait, dans le Recueil de Bonnemaison (Suite d’études, etc., Paris, 1822), où se trouvent aussi quelques têtes, de Ja grandeur de l'original. — Girolamo Carattoli, d’après le tableau qui est à Madrid, attribué ici à Jules Romain. Grand in-fol. faible,
Copies de ce tableau.
a.) Excellente copie, certainement exécutée sous les yeux de Raphaël, au palais Pitti. Sur le premier plan, parmi les plantes, on voit un lézard, ce qui fait que ce tableau est quelquefois appelé la Vierge au Lézard. Cette copie a un ton transparent, mais des contours tellement arrêtés qu’on peut les trouver durs. Dans le catalogue des peintures du palais Pitti, elle est attribuée à Jules Romain, quoique cet artiste se distingue parmi tous les élèves de Raphaël par une manière de faire toute différente et surtout plus animée. C’est aussi une erreur quand on désigne au palais Pitti cette composition sous le nom de la Perla.
b.) Giov. Andr. Lazzarini cite (Opere, Pesaro 1806, t. IL, p. 8, 45 et 91) un tableau de cette Sainte Famille qui était dans la maison Almerici à Pesaro, et qui avait séjourné longtemps dans la maison Olivieri de la même ville. Nous avons vu cette copie dans la maison Dionigi, à Rome, où on la présentait comme un original de Raphaël. Cependant elle était autrefois signée : Bernard van Orley. Le paysage aussi trahit son origine néerlandaise. Sur bois. H. 36”; 1. 2 7”.
c.) Malvasia (Felsina Pittrice, t. 1, p. 45) cite une autre copie dans la maison Casali à Bologne.
d.) Dans la maison Giovannini, à Urbin , est une copie avec un paysage où le chêne a été remplacé par une ruine.
e.) À Windsor, dans la collection royale d'Angleterre, nous avons vu une copie très-poussée au noir, qui est peut-être la même qui fut autrefois en la possession de Richard Mead, médecin du roi d'Angleterre. Voyez Tauriscus, p. 158.
f.) Au musée de La Haye, sous le n° 2501.
g.) Dans la sacristie de la cathédrale de Valence, en Espagne. Les ombres en ont fortement poussé äu noir.