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Loges de la Farnesine

Sujets tirés de la fable de l'Amour et Psyché,

Selon Vasari, qui raconte que ces fresques furent exécutées vers la fin de la vie de Raphaël, le banquier Agostino Chigi les lui avait commandées longtemps auparavant ; mais leur exécution aurait de jour en jour été retardée, parce que Raphaël ne pouvait se résoudre à quitter son atelier et sa maîtresse, pour aller s’enfermer seul au palais Farnèse. Enfin Chigi eut l’idée de faire venir dans sa maison cette femme dont le peintre ne voulait pas se séparer un moment, et de lui permettre l'entrée de la salle où Raphaël travaillait. Ce serait par suite de cette concession étrange que les travaux auraient pu recevoir enfin leur achèvement. Il est déplorable que Vasari ait trop facilement prêté l’oreille à ces ridicules anecdotes, et qu’il ait, pour ainsi dire, présenté ici, bien involontairement sans doute, sous un faux jour le noble caractère de Raphaël et son ardeur laborieuse qui ne fut jamais interrompue que par la mort. En vérité, il n’est pas nécessaire de recourir à un pareil conte, pour comprendre que Raphaël ait été empêché, bien malgré lui, d'exécuter les commandes de son protecteur aussi rapidement que celui-ci l’aurait désiré, si l’on jette les yeux sur les travaux considérables qu’il avait entrepris, quoiqu'ils fussent audessus des forces humaines, et qu’il exécuta pendant la trop courte durée de sa vie d'artiste. Il faut donc considérer lhistoriette dont Vasari s’est fait l’écho, à propos des fresques de la Farnesine, comme une misérable et absurde invention. Mais, en revarche, on peut admettre tout ce qu’il rapporte au sujet de ces fresques, pour lesquelles Raphaël n'aurait fait que les cartons de l'Histoire de l'Amour et Psyché, abandonnant leur exécution à Jules Romain et à Francesco Penni, auxquels il adjoignit encore Giovanni da Udine pour peindre la partie ornementale, les animaux

et les belles guirlandes de fruits et de fleurs qui entourent les différents tableaux. On ne sait pas d’après quelle autorité Titti (Pitt., ete., di Roma, p. 429) a pu dire que Gaudenzio da Ferrara et Raffaellino del Colle ont travaillé à ces ouvrages ; nous lui laissons la responsabilité du fait qu’il avance, sans y ajouter foi. Aujourd’hui, il est difficile de juger de l'aspect primitif de ces peintures, d'autant plus qu'elles ont beaucoup souffert et qu’elles furent très-retravaillées par Carlo Maratti. On sait même que ce peintre fut obligé de les faire fixer à la voûte par un certain Gian Francesco Rossi, au moyen de 850 épingles de cuivre, et qu'il dut aussi repeindre tout le fond de ciel, auquel il donna un bleu trop vif qui à détruit l’harmonie des couleurs. Néanmoins, c’est à Carlo Maratti que nous devons la conservation de ces peintures , qui ne subsisteraient plus sans lui; il serait donc injuste de ne pas lui pardonner les défauts de ses restaurations. 11 y a d’ailleurs dans ces fresques plusieurs parties qui sont à peu près intactes, et l’on peut même établir avec certitude, que Raphaël a peint lui-même la figure de femme, vue de dos, qui est dans le tableau où l’Amour présente Psyché aux Grâces. Cette figure se distingue d’une manière remarquable entre toutes les autres, autant par son exécution plus magistrale et sa belle carnation que par son superbe dessin. IL est vrai qu'on peut lui reprocher d’être puissante de formes, mais elle est très-fine de contours et vivement modelée; c’est, en effet, une figure d’une beauté extraordinaire. Toutes les autres figures, si belles qu’elles soient de mouvement et d’agencement, manquent cependant de délicatesse dans le dessin, sont souvent trop fortes et affectent une couleur qui rentre dans les tons rouge brique. Afin de ne pas nous répéter, nous prenons la liberté de renvoyer le lecteur à notre Vie de Raphaël, où nous avons parlé longuement de ces peintures; nous allons procéder chronologiquement à l'indication des nombreux ouvrages gravés d’après les plafonds; nous énumérerons ensuite les estampes qui ont été faites et publiées à part d’après des sujets isolés :

Recueils de gravures d'après les fresques de la F'arnesine, Comprenant {0 sujets moyens triangulaires, 2 grands plafonds et 14 petits sujets dans les lunettes.

a.) Nicolaus Dorigny Gallus del. et sculp., 1693. Douze planches grand in-fol. en largeur. Dix de ces planches contiennent la Fable en 26 sujets; la onzième planche représente le Triomphe de Galatée, fresque de la grande salle, et la douzième est consacrée au titre ainsi conçu : Psyches et Amoris nupliæ ac fabulæ, Romæ in Farnesianis historiis expressæ, a Nic. Dorigny del. el inc., el a Jo. Petro Bellorio notis illustratæ, typis ac sumptibus Dominici de Rubeis. Ces planches sont admirablement gravées à l’eau-forte.

b.) Franciscus Perrier Burgundus sculp. — Signées aussi : F. Paria. Ce sont les 12 plus grands sujets, moins les encadrements et les guirlandes de fruits; les 14 petits Amours, par G. Audran, avec une dédicace à Charles Le Brun. Petit infol. et in-4°. E

c.) S. M. (Suzanne Maria) Jacobi Sandrarti figlia sculp. Copies des 12 planches de Fr. Perrier. Même format : 10 planches in-4° et 2 planches in-fol. en larg.

d.) Jos. Juster, les 10 sujets du plafond et les 14 Amours, gravés à l’eau-forte à Venise, vers 1690. 24 planches in-4, avec l'indication des sujets en langue italienne sous chaque estampe.

e.) F.-L.-D. Giartres exc. Ce sont les 10 champs triangulaires et les 2 grands tableaux du plafond. 13 planches in-fol. en larg. et in-4°.

f.) Tous les sujets, avec une dédicace à Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles. 10 pl. gr. in-fol. Les deux grands tableaux gravés par J. B. Leonetti, les triangulaires avec les lunettes contenant les Amours, par Ant. Ricciani, Ang. Campanella, Pietro Chigi et Mochetti. L'ouvrage parut chez Agapito Franzetti. Les deux premiers sujets furent gravés une seconde fois par Ricciani et Campanella.

g.) Franz Schubert del. et gr. à l’eau-forte, 1842; seconde édition, 1846. 24 pl. de petits sujets et tout le plafond, mais seulement au trait,

h.) Saint-Non sc. 4 petites planches à l’aquatinte, avec des parties séparées de la composition. Faible.

î.) Traits dans l’ouvrage de Landon, n° 189-201.

Les pendentifs ou tableaux trianqulaires.

4. Vénus assise sur des nuages désigne Psyché, dont elle est jalouse, à Amour debout à côté d’elle, exigeant de lui qu’il la venge de sa rivale. L'Amour porte gaiement ses yeux vers le but que sa mère lui désigne et tient déjà une flèche dans la main.

Dans le cabinet Crozat se trouvait une esquisse pour cette composition. Elle passa plus tard dans la collection Saint-Morys.

2. L'Amour montre Psyché aux trois Grâces assises sur des nuages. L'une, vue de dos, est celle que Raphaël a peinte lui-même ; c’est, comme nous l'avons déjà dit, la seule figure qu'il ait exécutée à la Farnesine. L'esquisse, à la sanguine, se trouve dans la collection royale, à Windsor Castle.

Gravé par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 344. — Cherubin Alberti, 1582. Bartsch, t. XVII, p. 84, n° 106. — Dans la manière de Caraglio. Petite planche. HD OM 8 1877

3. Vénus s'éloigne de Junon et de Cérès, parce qu’elles protégent Psyché. La tête de Cérès est surtout remarquable par sa beauté.

Une esquisse de cette composition, à la sanguine, qui se trouvait dans la collection Isaac Walraven, fut vendue à Amsterdam, en 1763, pour 100 f.

Gravé par Marco da Ravenna. Bartsch, t. XIV, n° 327.— Cherubin Alberti, 1582. Bartsch, t. XVII, p. 84, n° 106. — La tête de Cérès, aux deux tiers de nature, gravée par J. Bonneau. In-fol.

4. Vénus monte dans l'Olympe pour implorer de Jupiter la punition de Psyché. Deux couples de colombes sont attelés à son char.

Gravé par Cherubin Alberti, 1628. Bartsch, t. XVII, p, 85, n° 107. La même planche contient, en outre, le sujet suivant :

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5. Vénus, debout devant Jupiter, le prie d'envoyer Mercure afin de re-

trouver Psyché qui s’est échappée. Jupiter tient la foudre, et son aigle est à ses pieds.

Gravé par Cherubin Alberti, 1628. Bartsch, t. XVI, p. 85, n° 107.

6. Mercure parcourant l’espace, et tenant une trompette, remplit sa mission. Cette figure, qui s’élance joyeusement dans les airs, représente à merveille le Messager des dieux.

Gravé par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 343.

7. Psyché, portée par trois Amours dans les airs, rapporte avec joie un vase contenant de l’eau du Styx. C’est une composition remplie de grâce raphaélesque.

Gravé par un élève de Marc-Antoine. Bartsch, t. XV, p. 36, n°5.

8. Psyché présente à Vénus étonnée l’eau du Styx qu’elle a obtenue de Proserpine.

Esquisse à la sanguine , dans la collection du Louvre.

Gravé par Lambert Suavius. RAPHA. INVEN. L. S. H. 9” 6”; 1.63”.

9. Jupiter, embrassant l'Amour debout devant lui, consent à ce qu'il épouse Psyché. A côté de Jupiter, l'aigle tient le foudre dans son bec. Cette ravissante composition, qui a de tout temps excité l’admiration générale, personnifie bien le charme que la jeunesse et la beauté produisent toujours sur l’âge mür.

Selon le Catalogue de Mariette, M. Crozat possédait l’esquisse de cette composition ainsi que le carton de la tête du Jupiter. L’esquisse à la sanguine se trouvait en la possession de M. Jules de Canonge, à Paris, mais il en a fait don à la collection du Louvre. Voyez Journal des Débats du 43 septembre 1853.

Gravé par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 342. — Cherubin Alberti, 1580, in-fol. Bartsch, t. XVII, p. 83, n° 100. — Ferd. Ruschweyh. In-fol,

40. Psyché, portée dans lOlympe par Mercure, pour y célébrer, selon l'ordre de Jupiter, son hymen avec l'Amour.

Gravé par Jac. Caraglio. Bartsch, t. XV, p. 86, no 50. PI. retouchée par Michaele Lucchese.

Un beau dessin, d’après cette fresque, a passé de la collection royale de La Haye dans celle de Weimar.

Les deux grands tableaux du plafond.

11. L'Assemblée des Dieux. L’Amour, debout devant Jupiter, se défend des accusations portées contre lui par Vénus sa mère; Junon, Pallas et Diane sont les figures les plus rapprochées de Jupiter, à droite; plus loin, dans le cercle, on voit Mars, Apollon, Bacchus, Hercule, Vertumne et Janus, ainsi que deux dieux marins. Mercure, cependant, présente à Psyché une coupe remplie d’ambroisie qui và lui donner limmortalité.

Gravé par Jac. Caraglio d'après un dessin. Bartsch, & XV, p. 89, n°54. Planche retouchée par Mich. Lucchese. — Copie de cette même planche, en contre-partie. — Par un anonyme, Valegio exc. Gr, in-fol. en largeur. — A l'eau-forte, par Massard fils, 1799. Gr. in-fol. en largeur. — De même, par B. Pavillon. In-fol. en largeur. — Dans la manière de Giorgio Mantuano; seulement le Mercure avec Psyché et le petit Amour. H. 11” 67”; 1. 11”.

12. Le Mariage de l'Amour et de Psyché. Tous les dieux sont à demi couchés autour d’une table magnifique ; Psyché occupe la première place à côté de l'Amour; les trois Grâces, qui sont debout derrière elle, lui versent des parfums sur la tête. Jupiter, assis à côté, prend une coupe de nectar que lui présente Ganymède, tandis que Bacchus remplit d’autres coupes qui lui sont apportées par des Amours. Les Heures répandent des fleurs sur les convives. À gauche, se tient Apollon auprès des Muses et il chante, en s’accompagvant de la [yre, tandis que Vénus, couronnée de roses, se prépare Joyeusement à la danse.

Gravé par le Maître au Dé, d'après un dessin un peu différent de la fresque. Bartsch, 1. XV, p. 210, n° 38. Cette estampe ne répondant pas complétement au talent de ce graveur, on peut admettre qu'elle est en grande partie l'œuvre d’un autre élève de Marc-Antoine. — D'après la fresque, par un élève de Marc-Antoine, 1545. Bartsch, 1. XV, p. 43, n° 14. — Par un graveur allemand, 1. N. s. Bartsch, dans let. XV, p.44, n° 15, le range parmi les élèves de Marc-Antoine; mais, dans le t. IX, p. 231, il Ile met au nombre des maîtres allemands. Voy. aussi F. Brulliot, Dictionnaire dies monogrammes, etc., p. 342, n° 2633. — A l'eau-forte, par B. Pavillon. In-fol. en larg, — Seulement l'Amour et Psyché, par Jacopo Francia. In-fol. en larg. M. de Rumohr, dans son Catalogue, n° 1044, croit cette gravure de Jules Romain. — L'Amour et les Grâces seuls, anc. grav. italienne. Petit in-8.

Études pour le Festin des Dieux.

a.) Étude pour J’Apollon. Figure nue, à la sanguine, dans la collection Albertine, à Vienne.

Gravé par A. Bartsch, — Lithogr. par Krichuber.

b.) Étude pour les trois Grâces, à la sanguine. Collection royale d’Angleterre.

c.) Richardson cite une étude pour le Ganymède, qui était dans la collection royale de France.

d.) Les Heures répandant des fleurs. A la sanguine, dans la collection de M. F. Reiset, à Paris.

e.) La tête de la deuxième Grâce; fragment du carton dessiné à la pierre noire et à la sanguine, légèrement lavée à l'aquarelle. H. 16”; 1. 12° #7. Chez le professeur Neher, à Leipzig.

Le peintre Horner, à Bâle, acheta, à Rome, deux cartons coloriés d'après les deux grands tableaux du plafond. Chacun de ces cartons a environ 5 pieds de longueur. Ils sont faibles de dessin et très-restaurés.

On doit considérer comme une copie l’esquisse de la Vénus vue de dos,

dessinée à la sanguine, qui fut vendue 260 florins, à la vente du roi de Hollande. à

Les quatorze Amours

dans les lunettes.

43. L'Amour, avec son arc et son carquois, vole gaiement dans les airs en montrant ses flèches. A gauche, on voit encore un petit Amour dans les nuages.

Gravé par Cherubin Alberti. Bartsch, t. XVII, p. 82, n° 96.

14. L'Amour tenant le foudre de Jupiter; l'aigle vole à ses côtés.

15. L'Amour s'envole avec le trident de Neptune. Il est vu de dos.

16. L'Amour s’enfuit avec la fourche de Pluton. Un Amour, à ses côtés, retient Cerbère, et en face voltigent des chauves-souris.

47. L'Amour, avec le bouclier et l’épée du dieu Mars, s'envole dans Les airs. Il est entouré de faucons et d’autres oiseaux.

Gravé par Ag. Veneziano ou par un élève de Marc-Antoine. Bartsch, n° 218.

48. L'Amour, vainqueur d’Apollon, s’envole en tenant au-dessus de sa tête son arc et son carquois. Le griffon vole à ses côtés. :

Gravé d’après un dessin, par un élève de Marc-Antoine. Bartsch, t. XV, p. 39, n° 8.

49. L'Amour tient gaiement le caducée et le casque ailé de Mercure. Il est vu entièrement de face et en raccourci.

Une esquisse de cet Amour, à la sanguine, qui est au musée Teyler, à Haarlem, paraît douteuse.

20. L'Amour, avec le thyrse de Bacchus, se balance dans les airs et regarde la panthère qui le suit.

21. L'Amour, tenant la flûte de Pan, voltige malicieusement à travers les airs. À son côté est une chouette tourmentée par des oiseaux.

29. L'Amour emportant lecasque de Pallas et le bouclier d’une amazone. Selon Bellori, ce seraient les armes d'Alexandre le Grand.

23. L'Amour, tenant un bouclier rond et un casque, se réjouit d'être vainqueur de Mars.

Gravé par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 218. — Copie par Marco da Ravenna, si toutefois ce n’est pas la même planche que la précédente, mais d’une impression différente.

24. Deux Amours emportant la massue d’Hercule. Une Harpie vole à leurs côtés.

Gravé d’après un dessin, par un élève de Marc-Antoine, 1541. Bartsch, t. XV, p. 36, n° 4.

25. L'Amour s’envolant avec le marteau et la fourche de Vulcain. Il est vu de face. Un crocodile arrive de l’autre côté.

Une esquisse, à la sanguine, se trouve eu musée Teyler, à Haarlem.

26. L'Amour domptant un lion et un cheval marin, en signe de domination sur tous les êtres qui habitent la terre et la mer.

Gravé par Cherubin Alberti. Bartsch, t. XVII, P- 121. — Par un anonyme du dix-septième siècle, Joh. Meysens exc. In-fol, en larg.

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