Le Baptème de Constantin
Le baptême de Constantin a eu lieu, selon un des actes apocryphes de saint Sylvestre, dans le baptistère de Latran, qui subsiste encore à Rome, et qui est représenté dans cette fresque. Le pape Sylvestre (c'est le portrait de Clément VII) est debout sur les marches inférieures du bassin baptismal et verse une coupe remplie d’eau sur la tête de l’empereur, qui, agenouillé devant lui et débarrassé de ses vêtements, a la main droite posée sur un livre qu’un prêtre tient ouvert. On y lit ces mots : Hodie salus Urbi et Imperio facta est. À côté du pape, un diacre tient sur un plat le flacon des saintes huiles, et, derrière l'empereur, un serviteur de l'église étend un drap pour essuyer l’eau du baptême. A droite, sur les marches, est assis un page noble de l'empereur, gardant ses vêtements et ses armes. Au milieu du fond, on voit le porte-croix, ayant à ses côtés deux enfants avec des candélabres, et, plus loin derrière lui, plusieurs
gardes et le peuple. A droite, un homme presque sans vêtement, avec deux enfants nus, montent encore vers le bassin pour recevoir le baptême. Sur le devant, à droite, se tient un jeune homme en costume romain, la couronne royale sur la tête; c’est Crispus, le fils de Constantin, qui, selon la tradition, reçut lé baptême en même temps que son père. En face, il y a un homme à barbe, debout, dans le costume de cour du commencement du seizième siècle ; c’est le portrait que Vasari désigne, dans la Vie de Jules Romain, comme étant celui du chevalier de Rhodes et chevalier de la cour (cavalierino) du pape Clément VII, qui se nommait Niccolùd Vespucci. Au-dessous, à côté de cette peinture, se trouve cette inscription , faisant allusion à la restauration du baptistère de l’église S. Jean de Latran, laquelle eut lieu sous les papes Léon X et Clément VII : Labacrum renascentis vitæ C. Val. Constantini. — Clemens VII Pont. Max. a Leone À cœptum consumavit. MD XXII.
La composition de ce tableau n'est point de Raphaël, quoiqu’elle soit traitée suivant les règles de composition symétrique qu’il avait l'habitude d'employer; mais on n’y trouve pas, comme dans tous ses ouvrages, une profonde observation de la nature. C’est aussi la plus faible des peintures de cette salle. L’exécution en est attribuée par Scanelli (Wicroscomo della Pitlura, p. 154) et par les écrivains modernes, à Gio. Francesco Penni.
GRAvuRES : Francesco Aquila, dans ses Picturæ, etc. Gr. pl. — Vinc. Salandri. Gr. in-fol. en lär:g. — Landon, n° 302.
Un dessin de cette composition, à la plume et lavé au bistre, a été attribué à Raphaël, et se trouvait, en 1756, dans la collection du duc de Tallard, à Paris. Voy. le Catalogue de Remy et Glomy.