‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 35 sur 407 · Saint George armé de la lance · texte numérisé non relu

Saint George armé de la lance

Sur Dos her A AIS ee

Le saint chevalier s’élance, du côté droit, vers la gauche, monté sur ug cheväl blanc, et enfonce sa lance dans la poitrine d’un dragon monstrueux, qui exhale, en mourant, son haleine empoisonnée. Derrière le monstre, à gauche, on aperçoit la caverne, et à droite, dans le paysage, la princesse à genoux, qui, les mains jointes, implore le secours du ciel. Entre les collines boisées du fond, on voit au loin les tours d’une ville, Sur le harnais qui entoure le poitrail du cheval, on ht : RAPHAELLO. V., et, sur la jarretière que saint George porte par-dessus son armure, est écrit ce mot: « Honi. » Ce qui s'explique par ce fait bien constaté, que Raphaël peignit ce tableau pour le duc d’Urbin, qui le destinait à être

DE SON ÉPOQUE FLORENTINE. 45 offert en présent au roi d'Angleterre Henri VII, qui l'avait nommé membre de l’ordre de la Jarretière, ou de Saint-George.

Le comte Castiglione partit d'Urbin pour Londres, le 10 juillet 1506, en qualité d’envoyé extraordinaire, afin de recevoir au nom de son maître les insignes de l’ordre et l’accolade du roi. Ce tableau ne peut donc avoir été peint que vers le milieu de l’année 1506, et cette date n’est pas seulement attestée par la manière dont le tableau est peint, mais elle se rapporte aussi au séjour que Raphaël fit à Urbin à cette même époque, ce qui est incontestablement prouvé. (Voy. la première partie de notre ouvrage pour de plus amples renseignements.)

Le comte de Pembroke possédait ce petit tableau en 1627, comme on le trouve indiqué sur la gravure de Vorsterman. Plus tard, nous voyons le tableau catalogué dans la collection des objets d’art de Charles Ie, sous le n° 14, et nous sayons aussi qu’il fut vendu ensuite 150 livres st.

Florent Le Comte, dans son Cabinet des singularités, Paris, 17092, t. IL, p. 77), nous apprend que ce petit tableau était alors dans la collection de M. de la Nouë. Voici le passage :

«Il y avoit un autre {que celui du Cabinet du roi) Saint George chez M. de la Nouë : il est de la seconde manière ; il avoit coûté 500 pistoles et il en fit faire une copie par M. Champagne pour mettre dans l'église du Port-Royal. » Ce tableau passa depuis, de la collection du marquis de Sourdis dans le cabinet de Crozat, et il fut acquis avec les autres tableaux de ce cabinet célèbre par l’impératrice Catherine II de Russie. Il est placé aujourd’hui en ex-voto, avec une lampe qui brûle perpétuellement, auprès du grand portrait de l’empereur Alexandre, dans la longue salle des portraits peints par Dawe au palais de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg !.

GRAVURES : par Luc Vorsterman, 1627; en contre-partie; on rencontre souvent des contre-épreuves de cette estampe, in-4 ; — par F. Ragot, d'après Vorsterman, mais du côté opposé, in-4; — des Granges delin., 1628, in-4; — par un anonyme, Cornel. Gälle excud , in-fol.; — par un anonyme néerlandais, sans la princesse agenouillée, petit in-fol. en largeur ; — par un anonyme, faible gravure avec des changements dans le paysage, in-4; — par Nic. de Larmessin, pour le Cabinet Crozat, n° 31, in-fol.; — par L. Gaultier, in-4; — Paul Furst exeud., petit in-fol. Deux gravures, l’une comme le tableau et l’autre du côté opposé. — Anonyme allemand; copie d'après la gravure de Luc Vorsterman, in-4, avec ces vers allemands :

Der Ritter Sanct Georg erloeste von dem Drachen Das zarte Koenigsblut, etc.

— Landon, n° 334.

1. M. le comte d’Espagnac, qui possède dans sa galerie, à Paris, une très-belle répétition de ce tableau, prétend avoir l'original. Nous transcrivons ici la note de son catalogue, en lui laissant la responsabilité de cette attribution :

« Le Saint George, peint par Raphaël, avec l’ordre de la Jarretière, est celui que le comte

Une belle esquisse à la plume pour ce tableau, piquée et ayant dà servir au calque, se trouve dans la collection de Florence. Gravée par Mulinari.

Une copie du tableau a été faite à l’aquarelle par Peter Oliver, en 1698. Voy. le Cat. des ouvrages d'art de Charles Ier, p. 33.

Lord Clifford, à Irnham, Lincolnshire, possède une tapisserie faite d’après le Saint George, probablement sous Charles Ier, dans la fabrique à Mortlake. Voy. Gunn. Cartonensia, p. 200.

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