‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 36 sur 407 · Sainte Famille, avec saint Joseph sans barbe · texte numérisé non relu

Sainte Famille, avec saint Joseph sans barbe

Sur bois ; h., 25° 6°”; 1,, 20°, 6°’. — Figures à mi-corps.

La Vierge, tournée à gauche, est assise dans une chambre et tient l’enfant Jésus sur son genou droit. Celui-ci lève sa main droite vers le sein de sa mère et tourne la tête du côté gauche vers saint Joseph, qui s'appuie des déux mains sur un bâton. La tête de ce dernier, qui est sans barbe, semble un portrait, d'une expression assez maussade. On voit un paysage à travers une fenêtre cintrée , à droite. A en juger par 1& style du dessin, ce tableau doit avoir été peint en 1306, et il pourrait bien être un des deux tableaux de Madone que Raphaël, selon Vasari, exécuta dans sa manière florentine pour le duc d’Urbin. Cette supposition se transforme presque en certitude par la mention que nous lisons dans l’Inventaire du garde-meuble ducal de 1623, lequel indique sous le n° 39 un tableau de Raphaël, sur bois, représentant une Madone avec l'enfant Jésus et saint Joseph. Le manuscrit de cet inventaire se trouve à Pesaro, chez les Olivetains, sous le n° 386 de leur bibliothèque. Voy. Dennistoun, Memoirs of the Dukes of Urbino, vol. I, p. 441.

Ce tableau s’est trouvé plus tard en France, dans la maison d'Angoulême, et, comme il avait été fortement repeint, il fut vendu moyennant une faible somme à un certain M. Barroi. Le peintre Vandine sut le nettoyer et le

Balthazar Castiglione offrit au roi d'Angleterre Henri VIL, de la part du duc d’Urbin Guidubaldo, au mois de novembre 1506.

« Lorsque Cromwell fit vendre la galerie de Charles 1°", ce tableau passa dans la galerie .du comte de Pembroke, et fut gravé par Vorsterman , célèbre graveur de cette époque. Postérieurement, il figura dans les galeries du marquis de Sourdis et du fameux financier Crozat, et futencore grave par Larmessin. Voici comment s'exprime, à son égard, André Félibien, conservateur des antiquités du Cabinet du roi Louis XLV : « Pour les autres ouvrages de Raphaël, qui sont en divers cabinets de cette ville, vous avez vu sans doute celui de M. le marquis de Sourdis ; c’est un Saint George de la même grandeur et manière que celui du Roi; le nom de Raphaël est écrit en lettres d’or au poitrail du cheval; il vient du roi d'Angleterre. »

« L’Épicié, dans son Catalogue raisonné des tableaux du roi Louis XIV, s’exprime ainsi : « Il est vrai que Raphaël a peint pour Henri VII un Saint George de la même grandeur que celui du Roi, mais il l’a traité différemment. » C’est par l'effet d’une erreur, qui ne se propage que trop souvent dans certains catalogues, qu’on a imprimé que ce Saint George de Raphaël était possédé par la collection de l Ermitage à Saint-Pétershbourg. Le Saint George qui a prèté à cette méprise n’est point de Raphaël, et ne saurait être confronté avec les gravures de Vorsterman et de Larmessin. » — (Note de l'éditeur.)

DE SON ÉPOQUE FLORENTINE. 45 remettre en état. Il passa, ainsi réparé, dans le cabinet Crozat, et de là au palais de l'Ermitage, à Saint-Pétershourg.

Gravures : par Jacques Chereau, pour le Cabinet Crozat, in-fol., en contrepartie, n° 40; — par W. Ketterlenius, petit in-fol. pour la Galerie de l’Ermitage,

n° 1. — Lith. par Robillard, in-fol. pour un autre ouvrage sur l’Ermitage, publié à Saint-Pétersbourg en 1846. — Gravé par A. Pischtschalkin, 1839, in-fol.

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